Ici, on ne se MOOC pas de vous

Ces derniers temps, en feuilletant mes journaux virtuels préférés, j’ai été intéressée par plusieurs articles sur les MOOCs (massive online open courses), ces diffusions gratuites et ouvertes à tous sur internet de cours d’universités et écoles réputées. Leur système repose sur un business model simple : on ne paye pas les cours, mais si l’on veut que sa formation soit valorisée on peut la faire valider par un diplôme délivré par la structure, payant cette fois-ci.

Venue des États-Unis, la déferlante des MOOCs commence à gagner la France, annonce qui devrait réjouir les étudiants en quête de diplômes prestigieux et autres assoiffés de connaissance, susciter des interrogations légitimes, et crisper les réactionnaires qui hurleront à l’hérésie, comme en son temps lorsque le livre de poche commençait à se répandre de manière insidieuse dans les foyers français, divulguant de manière scandaleuse la culture, et distillant un nauséabond « droit de mépris » chez le tout-venant.

Vous pourrez ainsi, par exemple, dès la rentrée suivre une « Initiation à la théorie de la distribution » de l’École Polytechnique, tandis que vous auriez pu si vous l’aviez su et voulu vous inscrire en janvier pour valider un MOOC de Gestion de projet de l’École centrale de Lille diffusé à partir de ce mois-ci.

 

À l’heure où les tutoriels musicaux se trouvent à profusion sur des sites d’hébergement de vidéos comme Youtube ou Dailymotion, la question pour l’enseignement spécialisé de la musique d’un développement du cours d’instrument via internet semble éminemment d’actualité.

Dans le cadre de cours particuliers donnés au domicile des élèves, il pourrait se présenter sous la forme de cours à distance avec interaction entre le professeur et l’élève avec caméras interposées, par le biais d’un logiciel du type Skype. Loin d’être équivalent à un cours donné directement, ce système présente un certain nombre d’avantages et d’inconvénients par rapport à la formule traditionnellement proposée.

Les avantages :

–       pas de déplacements donc un gain de temps important pour le professeur, voire une annulation des coûts de transport si celui-ci était véhiculé ;

–       la possibilité pour les élèves résidant dans des zones où un professeur ne se serait pas déplacé de bénéficier de ces cours (éloignement géographique…) ;

–       si cela se développait, la possibilité pour un élève d’avoir accès à un professeur réputé de son choix et qui ne lui était pas accessible autrement (éloignement géographique, manque de disponibilité du professeur…).

Les inconvénients :

–       le plan statique de la caméra, car on ne peut par exemple pas passer derrière l’élève pour observer de près un doigt en particulier ;

–       l’impossibilité du contact physique, pourtant essentiel afin de faire comprendre certains mouvements, ou encore de faire ressentir quelle pression exercer sur une touche… ;

–       la qualité du son transmise forcément moindre qu’une acoustique naturelle, ne permettant pas au professeur de détecter et donc de signaler certaines nuances ou impuretés du son à améliorer ;

–       les coupures possibles, et autres décalages ne permettant pas au professeur de jouer de son instrument avec l’élève pour l’accompagner ;

–       sur la durée, l’empreinte carbone ;

–       la perte du « je-ne-sais-quoi dans l’air », du contact direct nécessaire pour établir avec une personne un contact privilégié (discuter avec un ami sur Skype n’est pas pareil que de le recevoir chez soi).

Et vous, voyez-vous d’autres avantages et inconvénients dans ce cadre de cours particuliers ?

On constate en tout cas que la qualité de l’échange et du cours est dégradée par cette formule, qui semble plutôt être une bonne solution en cas d’impossibilité exceptionnelle de déplacement du professeur afin de ne pas supprimer totalement un cours.

On peut aussi penser à un cours qui serait le même pour tous et serait accessible à toutes les personnes qui s’y inscriraient, sans interaction directe possible de l’élève avec le professeur. Je n’ai pas à chercher longtemps pour que l’imusic-school « La première école de musique en ligne » m’ouvre en quelques clics ses portes laquées.

Ce sera le sujet de mon prochain article.

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2 réflexions sur “Ici, on ne se MOOC pas de vous

  1. Solje dit :

    Mooc… à ne pas confondre avec les « Mooks » ! 🙂 (cet hybride entre magazine et books… !) comme la revue XXI, le Believer…

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