Des éléments d’enquête sur le fonctionnement de My Major Compagny.

 

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A l’ère de la consommation collaborative naît la finance participative qui permet à chacun d’entre nous de devenir « producteur ». Concrètement, des labels comme My Major Compagny (MCC) dont nous allons parler dans l’article qui suit, proposent aux internautes de soutenir financièrement de jeunes artistes. En contrepartie, ces « investisseurs » touchent une rémunération sur les ventes physiques et digitales de l’album.

Beaucoup parlent aujourd’hui des bénéfices liés à la naissance de ces labels qui permettent de donner une chance à de jeunes talents et qui revendiquent des méthodes de financements entre l’artiste et les « actionnaires » avec pas ou peu d’intermédiations par les acteurs traditionnels que sont les maisons de disques par exemple.

Qu’en est-il réellement ? Dans un article publié par Le Point, le 9 janvier 2013 (http://www.lepoint.fr/culture/my-major-company-le-revers-peu-reluisant-de-la-medaille-09-01-2013-1611394_3.php) nous comprenons les limites de ce fonctionnement. Je vous propose un résumé des grandes idées développées dans cet article. Je vous laisse le loisir d’aller le consulter et de lire la réponse de My Major Compagny aux critiques qui lui sont adressées.

MCC : le tremplin pour découvrir de nouveaux talents ? Pas vraiment…

MCC propose de « financer et de donner vie à des projets culturels innovants ». Mais en réalité, la majorité des internautes qui souhaitent investir pour aider un jeune artiste sont bien souvent des « amateurs »  et ils n’ont donc aucunes connaissances artistiques. Ils choisissent bien souvent des musiques qui ressemblent aux tubes du moment. Vous avez par exemple pu remarquer qu’un des « grands » artistes à succès révélé par MMC est le talentueux ( :s ) Baptiste Giabiconi. La deuxième difficulté dans cette découverte de « nouveaux talents » réside dans le délai de production chez MCC qui peut prendre jusqu’à 2 ans. Donc au moment où l’artiste arrive sur le marché il est bien souvent « passé de mode ».

Où va l’argent des internautes ?

Les internautes (sorte de producteurs) qui investissent pour un artiste n’ont pas accès aux comptes et aux bilans de l’album qu’ils soutiennent. En effet, la MMC ne justifie aucune dépense et aucun budget. Voici les propos de Victor Lugger, directeur financier de la société :

« Le label décide seul des dépenses et de façon unilatérale de la production d’un album ».

L’argent sert-il bien à financer la carrière d‘un jeune artiste ou rémunère t-il des personnes « intermédiaires » au projet ?

Des artistes maltraités ?

Si vous êtes auteur-compositeur, la  MCC vous demande d’abandonner 100% de vos droits d’édition. Donc si la chanson est diffusée en radio, télé ou en boîte de nuit, aucun droit ne vous sera reversé. Comme les producteurs, les artistes n’ont pas de visibilité sur les comptes, donc aucun retour sur les dépenses de promo. On ne sait donc pas clairement si leur budget de promotion n’est pas utilisé à d’autres fins. Pour finir et pour donner quelques chiffres, il faut savoir que 20% des recettes nettes hors taxes encaissées par MMC sont reversées aux interprètes, ce qui donne une rémunération inférieure à 2,5% du chiffre  d’affaires engendré par l’artiste !!

MCC : une prison dorée ?

Une fois engager, il est difficile pour un artiste de partir de MCC. Certains artistes ont du faire appel à la justice pour se libérer des contrats et racheter les pistes enregistrée. Voici les propos Nathalie Beaton (chanteuse) qui a elle aussi connu des déboires avec la société :

« Je dirais que les gérants du site n’ont peur de rien par inconscience totale. Un jour cela cessera, car ils tomberont face à des gens qui n’accepteront pas leur comportement incohérent et qui les mettront face à leur inconscience ! Ce n’est pas parce qu’on s’appelle Michael Goldman qu’on a le droit à tout, encore moins de mentir à des milliers de gens ! Je pense qu’un juge voit les choses de la même manière, n’est-ce pas ? »

Vous avez ici un aperçu des critiques qui sont adressées à ce label participatif dont l’un des créateurs est le fils du chanteur J.J. Goldmann. Je vous invite encore une fois à aller consulter cet article et ceux qui suivront afin d’avoir un aperçu du fonctionnement de ces labels et de la « vraie » répartition des sommes provenant des investissements et des ventes de ces disques.

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