Voici venu le temps des rires et des chants, des Vocaloïds (pour le printemps on repassera)

Pour ceux qui ne la connaitraient pas encore, je ne résiste pas plus longtemps au plaisir de vous faire faire connaissance avec la chanteuse Hatsune Miku, qui sévit sur les scènes internationales depuis 2009 :

Oui, vous l’avez compris, Hatsune Miku n’est pas comme vous et moi, et n’est pas plus comme une pop star normale : quand elle retourne dans sa loge elle ne déprime pas, elle n’arrive jamais en retard aux répétitions, et ne mourra pas d’overdose à 27 ans, Hatsune Miku est un hologramme en 3D.

En visionnant cette vidéo, plusieurs réflexions et interrogations me viennent (et peut-être vous viennent) d’emblée à l’esprit :
– Mais… pourquoi un tel engouement ?
– Les Japonais ont une bonne éducation rythmique : les agitations de leurs minis sabres lasers s’adaptent à toutes sortes de tempi et d’ambiances (vidéos témoins à l’appui).
– Heureusement, les musiciens qui l’accompagnent sont réels, la disparition des artistes sera donc progressive.
– …

Quoiqu’on pense de la qualité de ce show, lorsqu’on y regarde de près, l’histoire d’Hatsune Miku est bien plus intéressante qu’il n’y paraît.

Hatsune Miku ou Comment passer d’une boîte en carton à pop idol

Hatsune Miku, à la base, c’est juste un dessin sur une jaquette, une simple mascotte pour la 2e génération d’un logiciel de synthèse vocale dit « Vocaloid » créé par Crypton Future Media en 2007. L’entreprise a en effet pris le parti d’illustrer chaque volume par un personnage au style très ancré dans la culture japonaise: le manga, avec les caractéristiques que nous lui connaissons bien (d’immenses yeux clairs, des jambes interminables – c’est toujours mieux chez les autres- et d’intrigantes tenues d’écolière). Ce logiciel a une voix féminine préenregistrée, celle de la comédienne de doublage Saki Fujita (mais pour les plus imaginatifs, celle d’Hatsune Miku), permettant à ses utilisateurs de composer des chansons avec cette voix en entrant des paroles et des mélodies. Ainsi, hatsu signifie « premier », ne « son », miku « futur » = le premier son du futur. Jusque là rien d’extraordinaire, sauf que des Japonais vont se prendre de passion pour le logiciel…

Hatsune Miku

Ils se mettent à poster leurs créations notamment sur le site de partage vidéo Nico Nico Douga, un des sites les plus fréquentés au Japon. L’enthousiasme est tel que les ventes du logiciel explosent et que les reprises et créations des amateurs sont de plus en plus élaborées. La communauté de fans s’échange des conseils, des collaborations se font avec des dessinateurs, des animateurs flash pour créer des clips, des animations 3D…

Jusqu’à ce que pour son 2e anniversaire, la société de jeux vidéos et d’enregistrements pour jeux vidéos et musique animée 5PB s’empare du phénomène et organise le premier concert de la star virtuelle à Tokyo, s’en suivront des tournées en Asie et aux Etats-Unis.

Sur ce, je vous laisse trouver pourquoi Hatsune Miku est souvent représentée avec des poireaux dans les mains, et je répète à qui veut l’entendre :

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Le Coup d’Eclair des Disquaires

Record Store Day US 2013

Record Store Day US 2013

A la question « le numérique a-t-il tué le support physique ? », vous obtiendrez probablement l’affligeant acquiescement unanime des majors et des professionnels du disque, tantôt résignés et tantôt fatalistes. Le téléchargement illégal dénoncé coupable, le futur du compact disc ne se dessine, au 21e siècle, que trop abstraitement dans le viseur des majors.

Et pourtant, dans le petit monde des indés, la défaite est de courte durée. A coup d’associations, de réunions, d’intellectualisation et de concrétisation, les stratégies de sauvetage du support physique sortent enfin la tête de l’eau. Et à l’origine du sauvetage, Michael Kurtz et ses compères biberonnés à l’American Dream. Président du Music Monitor Network, il fonde en 2007 aux Etats-Unis le Record Store Day, en s’inspirant du Free Comic Book Day, qui a pour ambition de rassembler les consommateurs dans leurs commerces de proximité. Appliqué aux vinyles, le concept a modifié les variables. L’objectif ? Inciter les consommateurs à se rendre dans les disquaires indépendants en proposant l’inédit. Rééditions sold out et avant-premières, titres inédits et duos improbables, la première édition est une réussite tangible. Et c’est avec pour leitmotiv « First come first serve » que les consommateurs se sont rendus en masse dans leurs disquaires de proximité. Avec un soutien affirmé des artistes et labels, mais aussi et surtout grâce à une promo hyperactive sur la Toile, le Record Store Day prend de l’ampleur année après année, pour se répandre comme un mouvement révolutionnaire dans la planète indé, la résurrection du disque vinyle à l’honneur.

Depuis 2008 aux Etats-Unis et 2011 en France, lors du troisième samedi du mois d’avril, les disquaires de par le monde célèbrent le printemps du vinyle, merchandising et disques vinyles « nulle-par-ailleurs » fleurissant de parts et d’autres. Le concept est alors d’éditer un nombre limité de vinyles labellisés Record Store Day, soigneusement choisis par l’association nationale regroupant les disquaires indés (en France, le CALIF – Club Action des Labels Indépendants de France) et en étroite collaboration avec les artistes. Les vinyles seront alors délivré aux disquaires participant à l’opération. Mais la cause a gagné d’autres passionnés : Agnès B. a hébergé dans ses locaux parisiens le célèbre disquaire rock indé d’outre-Manche ROUGH TRADE le temps d’un week-end, tandis que PIAS France a exceptionnellement ouvert ses locaux aux curieux et ressorti son fonds de catalogue. Concerts acoustiques, showcases, lives et djsets, ce samedi 20 avril 2013 a réjouit amateurs et professionnels, délivrant comme un avant-goût de la fête de la musique et surtout prêchant l’authenticité du support physique. Pochettes artistiquement travaillées et disques colorés, le rapport du consommateur au medium musical qu’est le vinyle s’est trouvé, le temps d’une journée du moins, fortement consolidé. Mais si l’opération doit notamment son succès à l’effet « vintage » du disque vinyle parmi le flot de numérisation du 21e siècle, c’est avant tout une préparation adéquate du terrain sur le web qui a permis une telle réussite. De l’app pour smartphones permettant de localiser les disquaires, les copies dispo et les titres inédits dans votre région, aux pochettes teasers annonçant chaque jour du mois précédant l’opération les releases à découvrir, en passant par la soirée sur invitation à gagner sur le site du Disquaire Day regroupant des artistes y ayant collaboré, il semble que les stratégies de web marketing ont su côtoyer à merveille le disque vinyle. Chaînes Youtube et Vimeo ultra-fournies, twitters up-to-date… et si l’on rentabilisait les réseaux sociaux ? En France, ce sont 150 artistes qui ont apporté leur soutien au Disquaire Day dans 176 disquaires indépendants à travers la France. 

Alors, à la question « le numérique peut-il sauver la galette noire ? », vous obtiendrez probablement l’enthousiaste acquiescement des disquaires et artistes indépendants.

Record Store Day 2013 aux USA – Le pressing des vinyles par Jack White, Ambassadeur

JACK WHITE: RECORD STORE DAY 2013 AMBASSADOR from Record Store Day on Vimeo.

Le « rituel du disquaire » par la scène parisienne indé :

Disquaire Day, Paris 2013 from Rose Saumon on Vimeo.

Patachou. 

Qui gèrera les droits de Salamandre ?

SCPP ou SPPF ?

 

Mois après mois Salamandre (le nouveau label qui monte) est confronté à des choix cornéliens pour se professionnaliser.

J’ai pensé que la petite étude que j’ai conduite pour faire le dernier serait d’utilité collective.

Vous savez ­— maintenant que vous êtes incollables sur les sigles — que pour percevoir leurs droits, les producteurs de phonogrammes ont le choix entre 2 sociétés civiles :

 

–                La Société Civile des Producteurs de Phonogrammes

 

http://www.scpp.fr/SCPP/

 

–                La Société des Producteurs de Phonogrammes Français

 

http://www.sppf.com/

 

(Qui est français d’ailleurs ? Les phonogrammes ou les producteurs ?)

L’une rassemble les majors, la SCPP, l’autre les producteurs indépendants, la SPPF. Sur le terrain les rôles ne sont pas aussi tranchés car de nombreux petits labels indépendants sont aussi membres de la SCPP et une major Wagram Music membre de la SPPF.

Après la production du 1er cd, la question de l’appartenance à l’une ou l’autre s’est naturellement posée. Le choix n’est pas simple, car la gestion des droits est similaire et les règles d’obtention d’aides sensiblement équivalentes.

Dans un premier temps, la question a été de savoir quel était le volume d’aides sélectives attribuées à la création phonographique.

Une étude chiffrée s’est donc imposée à la lecture des rapports annuels 2011 et 2010 des deux sociétés.

Pour l’année 2011, le montant total des perceptions de rémunération pour copie privée sonore de COPIE FRANCE s’élève à 96 342 000 €.

Les deux sociétés de producteur se partagent la part qui leur revient au prorata des droits générés par leurs membres. Ce qui donne une enveloppe de 18 184 175 € répartie ainsi :

 

SCPP : 75.5% = 13 638 131 €

SPPF : 24.5% = 4 546 044 €

 

Il serait tentant de conclure que les porteurs de projets ont davantage de chances d’obtenir une aide à la SCPP. Avant de faire cette conclusion, il convient de considérer que 75% de la somme affectée à la SCPP est préemptée par les majors (droit de tirage). Cette petite précision permet de rétablir les sommes réellement affectées aux aides sélectives comme suit :

 

SCPP = 3 409 533 €

SPPF = 4 546 044 €

 

Vous pensez sans doute que Salamandre s’est précipité à la SPPF ? Pas encore ; j’ai voulu mener l’enquête plus loin et savoir comment ces sommes étaient réparties.

C’est là que la question devient intéressante.

 

Pour des raisons de cohésion, je me suis limité aux aides allouées au répertoire classique (pourcentage d’environ 2.5% des aides totales !) j’ai constaté que le budget entier de la SPPF était partagé entre 3 labels :

 

Harmonia Mundi

Naïve

Outhere…

 

Seul un tout petit label a réussi à obtenir 1 800 € !

Cela ne s’appelle pas un droit de tirage mais je trouve que ça y ressemble fortement non ?

 

Du côté de la SCPP, après déduction du droit de tirage, il reste une somme à peu près équivalente à celle que la SPPF consacre aux aides au cd classique mais elle est répartie entre 13 petits labels…

On voit donc que malgré une politique de droit de tirage tout à fait illégale (dixit Silvy Castel) les petits labels classiques ont (en tout cas à la lecture des rapports annuels 2010 et 2011) selon moi davantage de chances à la SCPP.

Le rapport annuel 2012 ne devrait pas tarder à être en ligne et il est public ; si d’aventure les calculs et les statistiques vous tentent !

 

Voilà, vous l’avez compris, j’ai rempli mon dossier pour la SCPP. Peut-être qu’un jour Salamandre aura un droit de tirage ? !

 

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Nécrologies

Cette semaine, deux compositeurs et musiciens sont morts: Henri Dutilleux et George Moustaki. Puisque j’ai développé une aversion certaine pour les chansons du second à cause d’un parent, fan absolu, qui écoutait ses CD en boucle (je suis sûre que tout le monde connaît ça!), je me contenterai de parler du premier.

Vous me direz que parler d’un compositeur à sa mort est loin d’être original.C’est vrai! aussi original que de jouer les œuvres de compositeurs dont on fête les multiples centenaires. (Cette année, Verdi et Wagner, l’année prochaine, Rameau à n’en pas douter!)

Pourtant, c’est peut-être l’une des rares occasions où la presse et la télévision parlent d’un compositeur contemporain de musique « classique » (à défaut de trouver un meilleur terme).

Lors de la mort de Bério, seule arte avait évoqué la nouvelle. Cette fois, l’information est passée aussi sur BFM tv et France tv. Dutilleux est un des compositeurs de musique contemporaine les plus joués et ce n’est pas peu dire!

Dutilleux est né à Angers en 1916 dans une famille d’imprimeur où peinture et musique étaient présentes. Il rentre au conservatoire de Paris où il a pour professeurs les frères Gallons pour l’harmonie et la fugue ainsi qu’Henri Busser pour la composition.

En 1938, à 22 ans, Dutilleux remporte le premier grand Prix de Rome. Mais le séjour à la Villa de Médicis est de courte durée. Mobilisé en septembre 1939, il devient sous-officier de la musique de l’air et il ne reste que quatre mois en Italie.

Pendant l’occupation, il compose des morceaux de concours pour le conservatoire puis est nommé à la Radio dans le service des illustrations musicales. Il compose pour le théâtre, le cinéma (en 1953, pour l’Amour d’une femme de Jean Grémillon) et surtout une musique de ballet qui va le rendre célèbre: Le loup. Cette pièce, commande de la compagnie Roland Petit, est composée sur un livret de Jean Anouilh et Georges Neveux. C’est l’histoire revisitée de la Belle et la Bête: une jeune fiancée délaissée tombe amoureuse d’un loup. Elle finira par mourir en le défendant. Néanmoins, cette partition prévue pour 25 musiciens est peu donnée puisque Dutilleux a toujours refusé son exécution en concert.

C’est en effet son concerto pour violoncelle et orchestre dédié à Mstislav Rostropovitch Tout un monde lointain qui est le plus souvent joué. Dutilleux s’est inspiré des Fleurs du Mal. Chacun des cinq mouvements est lié à une citation. Mais, comme à son habitude, Dutilleux n’illustre pas les vers, (il ne fait pas de musique d’illustration!) il veut créer une osmose entre musique et poésie. Le violoncelle solo sert alors « de relais, de medium entre l’univers de Baudelaire et le monde sonore » [Dutilleux].

Sa dernière œuvre Correspondances s’inspire également de deux textes, deux lettres: l’une de Van Gogh à son frère, l’autre d’Alexandre Soljenitsyne pour le couple Rostropovitch qui a permis à l’écrivain de sortir du goulag. Créée en 2003 à Berlin, par la soprano Dawn Upshaw et le Philarmoniker sous la direction de Simon Rattle, cette pièce a également marqué les esprits. En 2008, elle figurait au répertoire de 16 orchestres, un succès assez unique pour une pièce aussi récente. Elle a d’ailleurs été donnée en février dernier à la Salle Pleyel.

http://www.sallepleyel.fr/francais/evenement.aspx?id=12541

Si vous êtes intéressés, Les Métaboles, autre œuvre du compositeur, seront données en juin à la Salle Pleyel et vous pouvez écoutez des extraits de son concerto pour violoncelle par Xavier Phillips et l’Orchestre de la Suisse Romande. http://www.sallepleyel.fr/francais/concert/12420-orchestre-philharmonique-de-radio-france-jukka-pekka-saraste-barbara-hannigan

http://www.youtube.com/watch?list=HL1369576110&v=kIS5tpVM6Sc&feature=player_detailpage#t=26s

L’exception culturelle à l’européenne, de l’idéal à la réalité

A l’heure du vote de la programmation pluriannuelle du budget européen et des négociations européennes de libre-échange avec les Etats-Unis,  le soutien et la conception économique de la culture dans la zone Europe est en question.

Une série de prises de position politiques depuis novembre 2012 au parlement européen semblaient porter vers la valorisation d’une exception culturelle à la française. Le vote du programme Europe créative 2014-2020 le 23 novembre 2012 a posé les fondations de la politique européenne en matière culturelle pour les six années à venir. La commission européenne annonçait un budget de 1.8 milliards d’euros pour le soutien au secteur audiovisuel et de la culture et affirmait alors : « L’Europe se doit d’investir davantage dans la culture et la création, car celles-ci contribuent de façon significative à la croissance économique, à l’emploi, à l’innovation et à la cohésion sociale. »

Seulement la crise est là et alors que viennent les négociations sur le budget européen 2014-2020 les sirènes de l’austérité se font entendre. En effet, le conseil européen qui réunit les ministres des Etats membres prévoit des coupes considérables dans l’ensemble des secteurs dont bien évidemment, la culture. Pour la première fois de son histoire le budget européen connait une baisse de 3%, entre la période 2006-2013 et la période 2014-2020. La culture ne représentant que 0.1% de ce budget, devra elle aussi se serrer la ceinture.

En Avril dernier la députée européenne italienne Silvia Costa est montée au créneau pour défendre le budget de la culture affirmant dans un communiqué : « Suite aux réductions de budget pratiquées par le conseil des ministres dans le nouvelle programmation pluriannuelle, la proposition de la commission de réduire le budget d’Europe créative, notre nouveau programme européen 2014-2020, de presque un tiers – passant ainsi de 1.8 à 1.3 milliards d’euros- serait inacceptable. »

Entre idéal politique et politique pragmatique ce sont également deux conceptions différentes de la culture et de son marché qui se font entendre à Bruxelles. En parallèle de ces négociations budgétaires où exécutif et législatif européens s’affrontent, le parlement a fait pencher la balance en faveur de l’exception culturelle dans les négociations de libre-échange entre la zone Europe et les Etats-Unis. En effet les députés européens ont voté le 23 mai dernier, une résolution exprimant la volonté du parlement d’exclure les biens culturels et audiovisuels ainsi que leurs plateformes numériques, des négociations de libre-échange avec les Etats Unis.

Une résolution défendue notamment par la France et l’Allemagne et qui renforce le bras de fer entre le parlement et la commission, cette dernière ayant annoncé en mars dernier que l’audiovisuel ne serait pas exclu des négociations. Par ailleurs si la Grande Bretagne s’est réjoui de l’ouverture des négociations avec l’Europe elle n’en maintient pas moins son combat pour inclure les biens culturels dans les négociations. Un représentant du gouvernement britannique soulignant :

“We want to realize all the potential benefits of this deal for businesses and consumers, That’s why we believe that we should put all sectors on the table at the start of negotiations.” (source : New York Times)

Deux visions donc, traditionnellement opposées, du bien culturel continuent de se faire face en Europe tandis que les idéaux parlementaires d’une assemblé européenne à majorité socialiste se heurte au pragmatisme des chefs de gouvernements. Il reste encore à déterminer quel sera l’impact des négociations de libre échange sur le marché numérique et l’implantation d’acteurs comme google et facebook sur le marché culturel européen, affaire à suivre donc lors du prochain G8 en Irlande les 17 et 18 juin prochains.

Google lance son service de streaming musical

« Ceci est la nouvelle génération du service de musique », vante Chris Yerga, directeur de la division Android.

Après son lancement aux Etats-Unis le 15 mai dernier, Google a annoncé lors de sa conférence Google I/O, le lancement dans d’autres pays de son service de musique en streaming « Google Play Music All Access« , concurrent direct de Spotify, Deezer et autres Pandora. Beaucoup pensaient que Google avait dans l’idée de racheter un acteur du secteur du streaming musical (pus particulièrement Spotify) mais l’entreprise a, apparemment, préféré créer son propre service grâce à toutes les atouts qu’elle possède: sa puissance technologique, ses nombreux contacts avec les ayants-droits de la musique grâce à Google Play et son site de vidéo YouTube.

L’offre présentée se compose d’un accès illimité à « plusieurs millions de titres » pour un abonnement mensuel de 9,99 dollars par mois disponible sur l’ensemble des plateformes (smartphone, tablette et web) sous le système d’exploitation Androïd. Il offrira un accès à l’équivalent d’une radio musicale en combinant le catalogue de musique de Google avec la collection personnelle de l’abonné (stockage en ligne jusqu’à 20 000 morceaux). En effet en plus d’accéder à sa bibliothèque l’utilisateur pourra accéder à des « millions de chansons », créer des playlists, profiter de la puissance de Google pour découvrir de nouveaux titres et artistes. Music All Access permet également se voir recommander des morceaux en fonction de ses écoutes, mais aussi des nouveautés, de nouvelles musiques comme le propose Spotify et Deezer.

Le modèle du streaming représenterait aujourd’hui environ 20% du marché de la musique numérique. Cela reste nettement moins populaire et moins intéressant financièrement que le téléchargement légal mais le streaming enregistre des croissances nettement plus fortes. En 2012, ce sont bien les services de streaming qui ont connu la meilleure croissance du marché de la musique en ligne : selon le rapport IFPI, ce marché à conquis l’an dernier plus de 20 millions d’abonnés payants dans le monde et une croissance de 44% par rapport à l’année précédente alors que téléchargement direct a engendré, lui, une croissance de 12%.

La concurrence est indéniable, après les sites de streaming comme Spotify, numéro un mondial, Pandora ou Deezer, d’autres acteurs sont en train de se lancer. Parmi eux, Twitter, Apple qui aurait déjà signé avec plusieurs maison de disques comme Universal Music pour le lancement de son iRadio ainsi que le célèbre site de vidéo de Google, Youtube.

Cependant la synergie des différents services proposés par Google représente un réel atout. Google Play et YouTube seront ainsi intégrés à la nouvelle plateforme Music All Access permettant de « récupérer » les utilisateurs des différentes plateformes. Selon une étude de Nielsen aux USA, 64% des jeunes américains écoutent de la musique sur Youtube…

Google Play Music All Acess pourrait participer à une meilleure répartition des revenus entre diffuseurs et producteurs/artistes. Google pourrait donc se démarquer d’Apple en offrant des royalties supérieures aux ayants-droits. Les revenus sur internet sont en effet particulièrement déséquilibrés en faveur des sites de diffusion comme l’exprime Sophian Fanen dans Libération « l’ultraconcentration de l’économie du téléchargement (iTunes), du streaming musical (Deezer et Spotify) ou vidéo (YouTube) a imposé des tarifs qui négligent la rémunération des œuvres au profit des propriétaires de la technologie.”

Les négociations portant sur les droits des nouvelles offres de streaming semblent aller vers une augmentation de la part de revenus reversée aux ayants-droits. Apple aurait lui-aussi négocié une augmentation des royalties pour son service iRadio, les revenus seraient de 12 centimes pour 100 morceaux écoutés en streaming (contre 6 centimes précédemment.)

http://trends.levif.be/economie/actualite/entreprises/le-spotify-made-by-google-bientot-devoile/article-4000303150576.htm

Affaire à suivre…

La musique numérique d’occasion

La revente de fichiers numériques par ReDigi interdite aux Etats-Unis, un projet réalisable pour apple ?
Le 30 Mars la décision d’un tribunal américain rendait la revente de fichiers numériques illégale suite à l’affaire opposant le site de vente de MP3 d’occasion ReDigi au label Capitol, propriété d’Universal Music.
La société ReDigi offrait la possibilité de revendre les fichiers MP3 achetés légalement en ligne seulement lorsqu’un consommateur achète un fichier numérique, il achète une licence d’utilisation de celle-ci et non l’œuvre en elle-même. La vente d’occasion de fichiers numériques est donc considérée comme de la reproduction illégale. La licence d’utilisation permet  donc d’écouter ou de lire les biens digitaux dont l’utilisateur dispose. On appelle cela une licence accordée par les ayants-droits. « On achète un droit d’utilisation, une licence, c’est comme une location », prévient Laure Marino, professeur de droit de l’économie numérique à l’université de Strasbourg.
Le site ReDigi assure vérifier l’authenticité de l’origine des fichiers d’occasion et prétend vouloir reverser un pourcentage aux artistes plus importants que celui proposé par les sites comme Deezer et Spotify.
Dans les faits, les livres électroniques, les morceaux de musique au format MP3 et les vidéos achetés sur iTunes ou Amazon.com sont considérés dans les faits comme de la location. Cela signifie qu’ils ne peuvent être revendus une fois lus, écoutés ou vus. Amazon a cependant obtenu cette année un brevet qui permet à ses clients de revendre ou transférer en ligne leurs achats numériques. Ce brevet attribué en janvier prévoit qu’un utilisateur qui a acquis un contenu numérique et ne souhaite plus le conserver puisse en céder les droits d’accès, soit virtuellement le revendre sur le marché de l’occasion. Apple a également déposé son brevet pour le procédé technique permettant de céder de la musique ou des livres numériques tout en s’assurant que le vendeur n’en conserve pas d’exemplaire. Du point de vue du consommateur, il s’agit d’un bien comme un autre qui devrait pouvoir être revendu, mais les ayants-droits sont opposés à la création d’un tel marché. En effet dans le monde physique les objets se détériorent avec le temps, ce qui n’est pas le cas des fichiers numérique. Le marché de l’occasion pourrait donc pénaliser grandement le marché du neuf.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/04/22/vendre-des-objets-numeriques-d-occasion-un-business-model-en-construction_3163890_3234.html

 

Il est dit dans le jugement rendu qu’ « Il est impossible que le même ‘produit matériel’ soit transféré par Internet », « Comme les droits de reproduction s’appliquent quand une œuvre est reproduite dans un nouvel objet matériel, et comme les chargements de musique numérique doivent être reproduits dans un nouvel objet matériel après leur transfert par internet, la cour estime donc que le chargement de musique numérique sur un nouveau disque dur est une reproduction telle que déterminée par la loi sur ldroit d’auteur« .

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2013/04/02/la-justice-americaine-statue-contre-la-revente-de-musique-d-occasion-en-numerique_3151661_651865.html

Il serait envisageable de limiter le nombre de revente des fichiers et/ou de les vieillir artificiellement pour qu’après une certaine durée de vie ils ne soient plus utilisables.
La société, en pleine ascension, projetait de lancer prochainement son service en Europe et étendre son activité de revente de fichiers d’occasion au marché de l’eBook, du jeu vidéo et du logiciel. Le projet, légitime sur le fond, sera plus compliqué à réaliser sur la forme. Si la législation en Europe accorde la possibilité de revendre des logiciels d’occasion, la musique, elle, n’est pas soumise à la même législation. ReDigi va devoir affronter toutes les difficultés d’une offre commerciale naissante, en se conformant à la législation des différents pays  amenant peut être à une décision qui pourrait faire jurisprudence. La création de Redigi représente un réel bouleversement du business model de la musique numérique et de son encadrement juridique…

http://www.franceinfo.fr/high-tech/nouveau-monde/pas-possible-de-revendre-sa-musique-numerique-938567-2013-04-03