Le format Blu-ray Pure Audio

Suite à l’article de Julie, j’ai pensé qu’il serait intéressant de publier un article centré sur ce nouveau format qu’est le Blu-ray Pure Audio avec plus d’explications techniques et les résultats d’un test !

Le 14 mai Universal lançait officiellement sa collection de Blu-ray audio. Sous le nom de Blu-ray Pure Audio, ce « nouveau » format mise sur la qualité audio pour convaincre les passionnés de musique. En 2012, Universal Music France avait tenté l’expérience avec un album de Mylène Farmer (70 000/ 80 000 exemplaires vendus.) puis avait réitéré l’expérience avec Zazie en mars et Carla Bruni en avril 2013 dont ils avaient vendus 20 000 exemplaires pour chacune de ces deux sorties (chiffres divulgués par Universal.). La société souhaite donner un vrai départ à ce nouveau format dit de Haute Qualité. Pour le moment ce format est réservé à la France mais devrait être rapidement vendu à travers le monde.
Le Blu-ray Pure Audio nous offre donc une meilleure qualité de son que le CD. Pour cela, Universal utilise les bandes studio master qui sont alors numérisées en 24 bits avec une fréquence d’échantillonnage de 96 kHz (contre 16 bits / 44,1 kHz pour le CD). Le résultat est alors pressé sur un disque Blu-ray en trois formats : PCM, DTS HD Master Audio et Dolby True HD pour être compatible avec un maximum de lecteurs. Le Blu-ray audio se veut donc fidèle au mixage d’origine et cela reste de la stéréo (2.0) dans la plupart des cas.
Ces Blu-ray audio ne contiennent aucun autre type de contenu : pas de vidéos, pas de photos. Pour assurer sa protection chaque Blu-ray Pure Audio possède un code afin de pouvoir récupérer des versions dématérialisées : une en MP3 et une en FLAC (Free LossLess Audio Codec).
Le prix de vente est assez élevé : 19.99€ surtout dans l’état actuel du marché de la musique où les ventes de supports physiques s’effondrent. Ce prix s’explique facilement par différents éléments : l’innovation technique et technologique, la faible diffusion de ces Blu-ray pour le moment, la taille très limitée du catalogue et les nouveaux procédés techniques à mettre en place. Pascal Nègre explique que le Blu-ray Pure Audio compte s’appuyer sur l’engouement audiophile du moment comme le montre le bilan 2012 de GfK (http://www.cnetfrance.fr/news/achats-2012-l-annee-de-la-raison-39786972.htm)et le sursaut du vinyle (19% d’augmentation des vente de vinyles entre 2011 et 2012). La maison de disque compte aussi sur un parc de lecteurs Blu-ray déjà installé. Contrairement à des technologies passées (le SACD par exemple), le Blu-ray Pure Audio ne nécessite pas d’investissement supplémentaire si l’on possède déjà un lecteur adapté : lecteurs Blu-ray de salon, box de fournisseurs d’accès Internet (Freebox notamment), console de jeu (Sony PS3) et lecteurs Blu-ray d’ordinateur sont compatibles avec ces Blu-ray audio. En 2012, le taux d’équipement en lecteur Blu-ray était de 32% en France et devrait atteindre les 50% en 2014. (source SEVN – Syndicat de l’Edition Vidéo Numérique).
Les Blu-ray Pur Audio sont, jusqu’en septembre, vendus en exclusivité à la FNAC…

Je vous citerais pour conclure la conclusion du test du Blu-ray l’Histoire de Melody Nelson, par Serge Gainsbourg. Le seul Blu-ray Pure Audio de l’offre actuelle qui contienne un mixage en 5.1.
« La qualité de cet enregistrement de l’Histoire de Melody Nelson par Serge Gainsbourg nous a séduits, c’est indiscutable. Par rapport aux versions remastérisées des CD, la différence est nette, et en faveur du mixage d’origine. Le fait qu’Universal Music France permette le téléchargement de versions dématérialisées d’aussi bonne facture est un atout certain. Maintenant, plusieurs problèmes se posent sur le choix du support. D’abord, considérer la compatibilité avec n’importe quel lecteur Blu-ray comme une force est certes vrai, mais surtout très réducteur. Ce n’est que le premier maillon d’une chaîne, qui demandera beaucoup de soin (et pas mal d’argent) pour exploiter pleinement le potentiel des contenus audio proposés. Enceintes, amplificateur et câblage devront se montrer à la hauteur, points sur lesquels Universal Music France n’est pas très loquace. On ne parle même pas du fait que seulement un tiers des foyers français sont équipés en lecteur de Blu-ray (32 % pour être précis d’après le SEVN, Syndicat de l’Edition Vidéo Numérique, et confirmé par GfK).

Ensuite, le Blu-ray Pure Audio déçoit sur certains aspects, peut-être plus importants qu’il n’y paraît. L’expérience utilisateur, en termes d’ergonomie, est pauvre. Du moins, sur l’oeuvre de Serge Gainsbourg prise en exemple. Pourtant avec seulement 9,2 Go d’occupés sur les 25 Go d’un Blu-ray simple couche, il y avait de la marge pour faire mieux. Au passage, cet espace vacant aurait pu être utilisé pour stocker les MP3 et FLAC proposés au téléchargement, et/ou pour compiler différents albums du même artiste à prix attractif. Par ailleurs, le packaging est une boîte de Blu-ray tout ce qu’il y a de plus quelconque. En termes d’image et de « sex-appeal », non seulement le Blu-ray Pure Audio ne tient pas la comparaison avec le vinyle, mais il risque en plus de se fondre dans la masse des films Blu-ray en rayon, brouillant la communication auprès du grand public.

Enfin, en l’état, le catalogue nous laisse sur notre faim. Certes, Universal Music France se trouve en phase d’expérimentation, et la sobriété reste généralement de mise au lancement d’un nouveau support. Cependant 36 albums, d’artistes pour la plupart plus de ce monde (Alain Bashung, Nina Simone, Serge Gainsbourg, Bob Marley, Jacques Brel, Miles Davis, Ella Fitzgerald, John Coltrane…), ça insuffle une fraîcheur toute relative dans le paysage musical actuel. Après les avoir découverts en vinyles, aimés en cassettes, adorés en CD, transportés en MP3, on peut maintenant les re-re-re-découvrir en Blu-ray Pure Audio ! Derrière cette pointe d’ironie de notre part, nous voulons souligner que cette incitation à l’achat répété d’œuvres déjà acquises est lassante. Même si les artistes cités sont des pointures. Face au catalogue de près de 2700 albums en qualité Studio Master chez Qobuz, à tarifs généralement moindres, comment appâter l’audiophile ? Le fantôme du SACD doit en hanter quelques-uns chez Universal Music… »

Pour lire intégralement le test du Blu-Ray Pure Audio :
http://www.clubic.com/audio-hifi/article-561176-1-blu-ray-pure-audio.html

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