Et pour quelques centimes de plus…

La vie nocturne alternative Allemande n’en finit plus d’être en émoi.

En cause ?

La GEMA, la société privée de perception des droits d’auteurs et de compositeurs équivalente à notre SACEM, qui n’en finit pas de vouloir faire passer des réformes afin de taxer au maximum les acteurs des clubs allemands.

Annoncée le 1er Avril 2013 – on aurait pu parler d’un poisson vu les polémiques récentes engendrées par les actions de la GEMA – cette réforme stipule que tout titre possédée par un DJ sera taxée à hauteur de 13 centimes par an (plus redevances supplémentaires par tranche de 500 titres). 13 centimes, vous me direz que ce n’est pas grand chose, pas cher payé pour le reversement des droits d’auteurs et bien vu dans un contexte où la rémunération équitable des artistes est pointée du doigt dans l’actualité économique de la musique. Cependant, peut-on parler d’équité lorsque c’est toute la dynamique artistique du DJing allemand qui risque d’en pâtir ?

Car ce n’est pas uniquement les tracks utilisées lors des DJ set qui seront taxées mais bien la totalité du disque dur des DJs, ce qui représente, à priori, un catalogue se comptant en milliers de tracks. Un coup dur pour, entre autres, la culture du Mash-Up (qui consiste à utiliser différents titres pour créer une track). Il est en effet difficile de faire preuve de créativité dans le domaine si on se trouve obligé de réduire au maximum son catalogue. Sachant qu’en se procurant les tracks (légalement, of course), le DJ s’acquitte des droits puis est taxé lorsqu’il joue le morceau en club, la note commence à s’allonger dangereusement. La répartition de ces nouvelles taxes sont par ailleurs remises en cause, et la crainte de voir uniquement les figures de proues de la GEMA tirer leur épingle du jeu est bien présente.

Depuis plusieurs semaines la polémique fait rage, des rassemblements de protestation ont été organisés devant le siège de la GEMA, notamment à Munich, où près de 500 DJs ont manifesté. Ce mouvement de protestation fait suite à ceux des clubs durant les derniers mois, contre une autre taxe de la GEMA, cette fois ponctionnée directement sur les établissements de la nuit. Cette réforme voyait à travers une « simplification » de la grille des taux de rémunération à la GEMA un envol des taxes (à hauteur par exemple, de +1300% pour le Watergate, selon Steffen Hack, cofondateur du célèbre club). Une réforme ayant pour répercussions la montée des prix d’entrée aux clubs risquant d’entrainer une baisse de fréquentations, une prise de risque moins grande en terme de programmation et dans le pire des cas, la fermeture pure et simple des clubs.

En marge de ces complications, la fermeture de lieux emblématiques tels que le squat « Tacheles » le 4 septembre 2013. Une formule revient systématiquement : la gentrification massive. Ainsi sonne le glas de la culture alternative de l’une des capitales les plus bouillonnante d’Europe ?…

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