La culture en gondole

Venise, ses canaux, ses ponts, ses gondoles et sa centaine (au moins) d’institutions culturelles. Vous pensiez que Paris était saturée d’évènements culturels, imaginez la même chose mais dans un seul arrondissement. Une jungle culturelle. Et une jungle communicationnelle ! Une institution culturelle vénitienne doit donc prendre en compte deux choses : le « bruit » dans lequel elle doit faire entendre sa voix et le public auquel elle s’adresse. En effet, on distingue deux grands groupes cibles à Venise : les touristes et les vénitiens. Les premiers sont inévitables, Venise se vide de sa population permanente et compte aujourd’hui un peu moins de 60 000 habitants  tandis qu’en 2011 ce sont plus de 6 millions de touristes qui se sont bousculés dans les rues de la Sérénissime.

Le public touristique est donc une manne considérable et les organisateurs de concerts l’ont bien compris. Il suffit de voir les jeunes gens en habits de scène faisant la promotion du concert du soir devant les nombreuses Eglises de la ville. C’est qu’il faut redoubler d’inventivité pour attirer le tout-venant. Dans une ville ou chaque coin de mur est protégé par au moins deux instances (la commune et l’Etat italien), sinon trois (l’UNESCO) les possibilités d’affichage sont pour le moins réduites. D’autant que les conditions d’acquisition d’espaces relèvent de la foire d’empoigne. Les institutions culturelles ont, en principe le droit à un tarif réduit auprès de la commune. Pour en profiter il faut appeler l’ufficio degli affissioni (bureau des affichages) un mois avant le début de la période désirée d’affichage (pas un jour de plus, pas un jour de moins), espérer qu’ils répondent et réserver. Cela semble simple, mais dans les faits, à 10h, une demi-heure après l’ouverture, tout est pris. Il ne reste plus qu’à payer le prix fort. Bien qu’en période de forte demande (carnaval, biennale etc.) même les espaces commerciaux sont bien difficiles à obtenir.

Une jungle vous disais-je. Les grandes institutions culturelles fonctionnent donc au prestige, que ce soit pour attirer les touristes comme les Vénitiens. Pour ne parler que de la musique, on pense bien sûr à la Fenice, qui rien que par son histoire et son lieu, profite d’une aura considérable, mais aussi au théâtre La Malibran, le Palazzetto Bru Zane dans une moindre mesure, s’inspire de cette démarche. Pour ce faire il faut, un lieu historique et prestigieux (comme le sont tous les palais Vénitien ou presque), une programmation de qualité, le gratin de la population vénitienne et bien sûr, le verre de Prosecco servi à l’entracte ou à la fin du concert. En règle générale, une fois que la belle société vénitienne se presse à vos concerts, les journalistes puis les touristes ne tardent pas à venir…

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