Les métadonnées et l’économie de la recommandation.

Nous, en tant que consommateur de culture, sommes tous atteints par de nombreux conseils sur ce que nous devons avoir comme culture. D’abord sur Amazon, qui, le premier a mis ce système en place en nous disant que si on avait acheté un Marc Levy, on pouvait précommander son livre qui sort demain, ou bien un Musso, ça nous plairait, pour sur ! En tout cas, c’est ce qu’on fait les autres acheteurs, c’est marqué en bas de la page. Et tout est recommandable, et on le voit, de plus en plus de site nous recommande une musique, un artiste, une appli, une page, un disque, un DVD… On peut citer le plus connu, toujours pas disponible chez nous, le site Pandora, qui nous recommande que de la musique que l’on est susceptible d’aimer, et au bout d’un moment, on aime tout ce que Pandora nous propose !
Spotify s’y mets Deezer aussi et YouTube à toujours fonctionner de cette façon. Mais ceux qui sont également responsables de cette économie de la recommandation ce sont aussi vos amis. Enfin, vos amis, bien sur ceux qui vous envoient les liens vers une vidéo, mais surtout vos amis facebook, qui postent des liens vers des produits et likent des pages qu’on vous conseille ensuite de liker. Mélanger ça a vos propres likes et c’est du
crowdsourcing.
Ce phénomène, de conseils, parfois vrais quand ce sont vos amis, ou parfois faux sur Amazon, s’appelle l’économie de la recommandation. Ce modèle économique s’insère dans ce qu’on nomme l’économie de l’attention : l’attention du consommateur devient une ressource. Il renforce cette idéeet également la théorie de la longue traine (une grosse économie, la musique aves des «majors» qui prennent la plupart du marché et des « indés » qui font tout autant de revenus mais en étant chacun distinct.)
Et tout ça, grâce à nos amis les Metadatas! Et oui! Devenues essentielles dans notre univers, elle contrôlent ce genre d’application, comme elles contrôlent Shazam par exemple ou même Midomi! Une toute petite information est comparée à des centaines de milliers d’autres et on trouve la chanson qui correspond à ce que vous siffloter ou à ce que vous aimer. Les chansons sont comparées (le rythme, le timbre, les instruments, le genre ou toutes autres données musicales) et puis ensuite trouvées pour qu’elles correspondent parfaitement à vos goûts musicaux ! Ce domaine de la musique qu’on connait très peu, car très technique, apporte de nombreuses nouvelles manières de consommer la musique.
Alors, oui, c’est très pratique, on découvre plein de choses qu’on aime, et on peut trouver de plus facilement une musique qu’on à juste entendu. Mais cela formalise nos gouts et accentue le fait que l’on consomme uniquement ce qui est visible.
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Une réflexion sur “Les métadonnées et l’économie de la recommandation.

  1. Oui, ce système catégorise nos goûs mais pas seulement malheureusement.

    Derrière l’existence de services de recommandation, il y a la mise en place de stratégies d’entreprise qui reposent sur l’identification des goûts et des habitudes. Le consommateur est identifié, ciblé. Les grands conglomérats de l’économie numérique dont Amazon proposent ainsi un service de recommandation. Cela semble formidable instinctivement, parfaitement anodin.

    Or, on nous offre un service tout en nous retirant une part de nos libertés fondamentales. Celle d’être un consommateur anonyme.

    Globalement, les citoyens ont authentifié le numérique comme un espace synonyme de liberté, d’interactivité et d’accessibilité. C’est partiellement vrai. Seulement, il s’agit aussi d’un espace de renseignement et de rétention de l’information.

    Adresses IP, systèmes de paiement en ligne centralisés connectés au datacenters américains (Vive Mastercard, Visa et Paypal!) : tous nos achats, nos inclinaisons, nos idées sont enregistrées. Le droit à l’oubli n’existe pas.

    Tout ça pour dire que le développement de l’économie de la recommandation (qui passe par l’élaboration d’algorithmes) est à surveiller de près. N’oublions pas que nous vivons dans un monde d’accumulation. Les données personnelles n’échappent pas à la marchandisation malheureusement et elles deviennent stratégiques pour les entreprises et les Etats.

    Vous ne risquez nullement de vous faire embêter si vous lisez Marc Levy, Guillaume Musso ou Anna Gavalda. Peut-être davantage si vous lisez les Versets Sataniques de Rushdie, le dernier bouquin d’Oman Pamuk ou le dernier essai politique de Julian Assange dénonçant les menaces fondamentales sur nos libertés si vous vivez dans une démocratie en perdition ou dans un régime autoritaire peu familier des notions de liberté d’opinion et d’information.

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