« Just analog fun, with a digital device… »

De CD promos en communiqués de presse, il n’y a qu’un pas vers la poubelle dans les maisons des promoteurs. Consternés du faible retour médiatique des promos dites classiques, le label allemand Kontor Records a quelque peu bouleversé les conventions et fait de son opération promotion une expérience tactile et divertissante, pour le moins inédite.

La maison de disques a ainsi magistralement orchestré son opération promotion, qui s’est par la même transformée en opération marketing, puisque la vidéo qui suit s’est répandue sur la Toile à une vitesse fulgurante.

A l’origine de l’opération, un constat. Celui de la piètre indifférence des promoteurs musicaux face aux envois de CD promos. Puis la sensation qu’il fallait en faire davantage. Que quelque chose de différent et de surprenant devait être proposé.

Pour la promotion du nouvel EP de Boris Dlugosch, Kontor Records a alors envisagé l’inédit et tout misé sur la curiosité que suscite l’objet en question. Deux éléments. Un vinyle. Et une application pour smartphone. L’évocation de ces deux termes paraît en soit paradoxale. On voit mal comment la mécanique de la lecture du vinyle sur la platine pourrait s’accorder d’une application smartphone. Mais il n’en est rien. C’est un vinyle d’un nouveau genre. C’est bien l’application smartphone qui se charge de la lecture du vinyle. Mais assez parlé, la vidéo qui suit fera sans aucun doute ouvrir grand vos yeux.

Alors que penser de la tendance vinyle et de ses « dérives » technologiques ? Certains s’acharnent à réfuter sa possible pérennité dans le « tout numérisé », d’autres y voient une bouée de sauvetage au naufrage du support physique. D’aucuns n’argumenteront pourtant que ce n’est qu’un mirage. Et une révolution vinyle est peut-être en marche. Avec une hausse exponentielle des ventes et une majoration de 18% en 2012 aux Etats-Unis (source : Nielsen Soundscan), le vinyle fait mouche parmi les consommateurs. Du côté des professionnels, la majorité s’accordera pour dire qu’il ne répond pas aux attentes contemporaines des consommateurs, bien que ce soit un bel objet de collection. Et puis l’infrastructure sonore nécessaire pour l’apprécier revient à un prix relativement élevé. Autrement dit, être consommateur de vinyle, cela n’a rien de pratique.

Néanmoins ici, la lecture du vinyle est assurée par l’application pour smartphone « Back to Vinyl », édité par l’agence créative Ogilvy. Pas de platine, pas d’ampli, pas de sono. Pas le son du vinyle non plus, certes. Mais un taux d’écoute des promoteurs jamais atteint par le label, évalué à 71% des 900 promos envoyées, soit 64% de plus qu’auparavant.

Le colis est en fait simplement doté d’un code-barres. Le vinyle se place alors sur une platine en carton, comme pour de vrai. Sauf que c’est en carton. C’est le smartphone qui fait alors office de bras de lecture et de diamant. En scannant le code-barres à l’aide de l’application, le morceau est chargé sur le smartphone et l’auditeur peut alors tactilement déplacer le « bras de platine » numérique et le curseur pour écouter à sa guise le morceau en question. Ce nouveau format est ainsi baptisé « The Office Turntable », la platine de bureau. En carton.

office turntable

Et si la société Ogilvy Action Germany créatrice de l’application « Back to Vinyl » semble vouloir développer son activité commerciale et intéresser d’autres professionnels, il y a là matière à réflexion. On pourra d’abord se demander ce que cherchent les consommateurs de vinyle ? Une qualité de son ? Un bel objet ? Assurément les deux. Seule une des deux exigences semble ici remplie, puisque le son est celui du haut parleur du smartphone, en l’occurrence de l’iPhone, que l’on sait acceptable, mais loin d’être idéal pour l’écoute musicale.

office turntable 2

En tout cas, le label allemand Kontor Records aura su faire parler de lui. Et en-tête de l’ingéniosité, la vidéo Youtube, qui a grandement contribué à sa propagation parmi les divers publics cibles. Avec un quota largement atteint de professionnels « conquis » par l’opération, c’est aussi là façon de démontrer la possible compatibilité entre les technologies numériques et l’ancêtre du compact disc, perçu aujourd’hui comme un support archaïque et obsolète.

Un vinyle qui se lit au smartphone, du jamais vu ? Certainement. Et l’on applaudit sans hésiter l’inventivité de la création. Et pour cause. Le label Kontor Records a véritablement émerveillé tant les puristes du vinyle que les adeptes du format numérique, et là se situe sans aucun doute la réussite de l’opération.

Patachou.

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