Le Cuba Libre entre deux eaux

Nous voici désormais sur l’île cubaine en pleine mer des Caraïbes. Dans ce pays d’environ 11 millions d’habitants, la situation politique est à l’heure de la réorganisation. Toutefois, il n’est pas explicite que celle-ci soit synonyme d’ouverture. Récemment, l’état a pris la décision d’ouvrir 118 salles de navigation (un modèle de cybercafé) à travers le pays dont le gouvernement limitait l’usage d’internet à quelques professions et administrations telles les universités, les hôpitaux et « certains journalistes triés sur le volet » selon le site lefigaro.fr.

Dans ce pays qui compte 3% d’internautes (le taux le plus bas de l’Amérique latine), c’est le Venezuela qui vient technologiquement en aide à Cuba en mettant en place une ligne à haut débit entre les deux pays. Toutefois, l’ouverture au réseaux semble stratégique pour le gouvernement qui pratique depuis longtemps ce que l’on appelle le « rationnement d’internet ». Ainsi, vous pourrez vous rendre dans une salle de navigation pour un prix approchant les 4 dollars et correspondant à environ 20% du salaire mensuel moyen d’un cubain. Et ces salles vont rester sous contrôle de l’état ce qui permettra entre autre de filtrer les accès au contenu.

Ce qui est paradoxal, c’est que la culture cubaine s’exporte facilement au travers du monde depuis le milieu du 20e siècle. C’est notamment le cas de la salsa qui a su franchir les frontières depuis l’immigration des porto ricains vers New York au début des années 50 (cf. West Side Story). Comme nous le rappelle le site cubania.com, cette forme musicale s’est même « enrichie à l’extérieur de l’île » avant d’y revenir. Le phénomène Buena Vista Social Club est un de ces groupes qui a su percer les barrières des embargos et de la dictature pour se vendre à l’étranger et surtout y affirmer son identité.

A l’inverse d’autres pays, la culture cubaine s’exporte facilement et est connue dans le monde parfois même grâce à de nombreux artistes qui ont été « black listés ». Le site d’information de la BBC met en avant la disparition, en août dernier, de la liste noire de ces artistes cubains interdits de diffusion sur l’ile et dont Gloria Estefan faisait partie. Moins de six mois plus tard, le gouvernement cubain revient à la charge en souhaitant développer « une charte du bon goût » qui aurait pour objectif d’interdire les musiques qui s ‘éloignerait de « la légitimité de la culture populaire cubaine » selon le site d’information du Courrier International.

Ainsi donc, Cuba n’est pas encore tout à fait en ligne avec les nouveaux médias et la liberté d’expression même si le gouvernement consent à faire certains efforts dans le sens de la démocratisation. Malgré tout cela, il n’en reste pas moins que la musique cubaine n’a jamais eu besoin d’internet pour exister à travers le monde.

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Une réflexion sur “Le Cuba Libre entre deux eaux

  1. Mat dit :

    Quels efforts le gouvernement cubain consent-il à faire pour la démocratisation ? Car passer de « black list » à « charte du bon goût », il me semble qu’ils ne sont pas prêts à s’en approcher…

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