L’Iran veut ouvrir une nouvelle fenêtre

Nous terminons ce panorama là où les élections présidentielles ont marquées les actualités du mois de juin. Il s’agit de l’Iran. Ce pays qui a abrité les plus grandes civilisations de ce monde ne compte pas moins de 77 millions d’habitants. Le système politique axé sur la censure fait de l’Iran un pays dont les médias sont les plus contrôlés au monde. Si des chaînes de télévision ou des radios existent, c’est qu’elles appartiennent à l’état et que leurs contenus sont filtrés. Par exemple, voici le site de Persian Music Channel, une chaîne satellitaire iranienne spécialisée exclusivement dans la diffusion musique iranienne. Autre exemple vu sur les chaînes de télévision iraniennes, il s’agit du cinéma américain dont les femmes trop dénudées ont été repeintes. En ce qui concerne la presse, les journaux peuvent être critiques envers le gouvernement mais ils doivent le faire dans les limites imposées par le régime théocratique.

Toutefois, la république islamique qui compte environ 16 millions d’internautes (soit 21% de sa population), a une sérieuse affaire à régler avec le web. Le gouvernement n’a cessé de déployer des moyens de brouillage et de filtrage lors des dernières années et beaucoup ont dénoncé le contrôle excessif de l’internet durant les dernières élections présidentielles. Mais pourtant, tous ces filets n’auront pas empêché la vaillante Zahra, candidate fictive au scrutin, de se faire une notoriété à travers le pays via Facebook et Twitter. C’est pourquoi il y a quelques jours, le nouveau président d’Iran Hassan Rohani, a prononcé un discours en faveurs des libertés et notamment celles appliquées à internet, d’autant plus que selon lui, les moyens de censure et de contrôle ne sont pas assez efficaces.

Dans le paysage musical iranien, O-hum et 127 sont deux groupes de rock qui utilisent comme moyen de promotion prioritaire leurs sites internet ou leurs pages Facebook. En effet, le rock autant que le rap, la pop ou la musique électronique, ne sont pas des styles appréciés par la république islamiste. En revanche, il y a de nombreux artistes qui se sont expatriés et c’est notamment le cas de Arash Khalatbari, un percussionniste « électroacoustique » qui est basé à Paris et qui produit sa musique en dehors de l’Iran. Intervenu dans une émission radio de juin dernier sur France Culture, celui-ci parle d’une scène vivante existante à Téhéran et pour laquelle il trouve des accès par des contacts internes via internet. Dans tous les cas, les occasions sont restreintes et il n’envisage pas de produire en Iran d’autant plus que les conditions artistiques y sont de plus en plus restreintes selon le site du conseil national de la résistance iranienne.

Même si certains pouvoirs politiques en place ne portent pas les nouveaux médias dans leur cœur, il va de soit qu’ils ont l’obligation de s’en préoccuper. C’est bien la preuve qu’internet a un pouvoir qui peut non seulement dépasser les frontières physiques mais aussi atteindre les esprits.

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3 réflexions sur “L’Iran veut ouvrir une nouvelle fenêtre

  1. zygs dit :

    Beau résumé de la situation…
    La question est de savoir si le « président » nouvellement élu va pousser à la répression de tout les internautes, ou si il va profiter de cet outils et permettre une certaine liberté dans ce pays coupé du monde.
    Il pourrai ainsi gagner une certaine confiance de la part d’une population, qui depuis quelques temps a tendance a se rebeller. Dès lors nous pourrions enfin dans nos pays occidentaux, entendre et apprécier les différents arts, gâcher par la dictature en place…

    Petites questions a vous:

    De quel manière le pouvoir en place filtre-t-il le net?
    Mise en place d’un filtre de site dit convenable?
    Éradication des internaute (Non pas physiquement, mais technologiquement)?
    Repérage des internautes posant problème, assortis d’une sanction pour ceux ci ?

    Dès lors, ces internautes sont ils soutenus au niveau international, par des groupe de hackers?

    • berthezaiprofit dit :

      Le printemps arabe a changé l’approche politique de nombreux pays vis à vis d’internet. Même si l’Iran souhaite son propre « internet Hallal », avec son « youtube » et ses sites institutionnels de propagande, il n’en reste pas moins que le gouvernement doit rentrer dans le jeu de sa population afin d’éviter que la situation ne lui échappe.
      Toutefois, jusqu’à présent, il y eu des cas d’emprisonnement pour des faits liés à une utilisation interdite d’internet. C’est donc que les dispositifs de surveillance sont en fonctionnement. Quand au filtrage, il correspond à une sorte de contrôle parental à l’échelle d’un pays entier.
      Mais il existe des façons de contourner ces filtres, via VPN ou TOR qui utilisent des serveurs proxys généralement situés en Europe occidentale. C’est ainsi que Facebook et Twitter, entre autre, sont rendus accessibles. Les communautés de hackers étant aussi de la partie, l’Iran doit se défendre technologiquement contre d’éventuelles cyber-attaques. Et, couper internet comme en Égypte ou bien le courant comme en Syrie pourrait être une manœuvre provocant un soulèvement dans le pays.
      Il y a donc une forme d’aveu de faiblesse de la part des autorités iraniennes qui se retrouvent débordées face au problème « internet ». Mais il ne faut pas sous-estimer pour autant les capacités techniques iraniennes ; le pays dispose d’un bon nombre d’ingénieurs et de techniciens très qualifiés qui travaillent ou qui peuvent travailler sur ce sujet.

      Pour répondre à vos questions, je conseille de se rendre sur le site de Reporters Sans Frontières dédié aux ennemis d’internet et plus particulièrement sur sa page consacrée à l’Iran.

  2. Fabien Douvier dit :

    On assiste au phénomène classique ou la technologie et ses avancées permettent de contourner les censures. il n y a pas si longtemps c était Radio Londres, puis les radios pirates (devenues libres) sous la IVe république. dans les années 70, un personnage devenu célèbre depuis (pdg d une maison de disques, d une compagnie aérienne, d une marque de cola,…) lançait sa maison de prod en vendant des disques (nevermind the bollocks) sur une péniche a Londres après que EMI ait lâché les sex pistols sous la pression de la monarchie britannique…
    Quand on me demandait a l école ce que je voulais être, je répondais Libre!
    On me rétorquait que je n avais pas compris la question.
    Eux n avaient pas compris la vie!

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