Le watermarking digital, un précieux tatouage

WATERMARKING ? WATER-WHAT ?

Le « watermarking » : derrière ce nom barbare se cache en réalité un procédé révolutionnaire quant à la musique enregistrée. Le watermarking digital, ou tatouage numérique, c’est l’association d’un fichier musical à des métadonnées. Il consiste en l’encodage dans le fichier digital d’un certain nombre de données sur l’œuvre, des plus essentielles, telles que le copyright (titre, interprète, auteur-compositeur, arrangeur, éditeur phonographique et musical, année de production), mais aussi date de sortie, format, pochette ; aux plus étendues, car les possibilités sont infinies (paroles de chansons, etc.).

Exemple de tatouage numérique appliqué à iTunes :

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Le watermarking permet d’identifier le fichier musical, et est utilisé dans de nombreuses applications telles que Shazam, logiciel de reconnaissance musicale, qui repère, même à partir d’un court extrait et quasi instantanément, le titre joué sur tous médias :

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S’il offre ici aux utilisateurs / auditeurs la possibilité de découvrir de nouveaux artistes et de les rediriger vers les plateformes de téléchargement ou de les informer des prochaines dates de concerts, le tatouage numérique permet par extension de « tracker » la musique et ses utilisations, en offrant un suivi beaucoup plus précis de l’utilisation de la musique. Il simplifie en ce sens grandement le travail des acteurs de la filière musicale tels que les éditeurs, sociétés de tracking et music supervisors, en les soulageant de la tâche compliquée et fastidieuse de l’établissement des cue-sheets.

 

CUE-SHEET ? CUE-QUOI ?

Une cue-sheet, ou feuille de montage, est une liste des musiques utilisées où apparaissent le titre, les compositeurs, éditeurs, producteurs et la durée de la musique utilisée. Elle permet aux ayants-droit (auteur-compositeur, éditeur) de percevoir les droits sur la diffusion de leurs œuvres. Il est important de renseigner la feuille de montage avec soin car dans le cas contraire, les droits perçus par les organismes de gestion collective comme la SACEM ne reviennent pas aux ayants-droit. Au lieu de cela, la taxe récoltée va dans un « pot commun » qui est ensuite largement reversé aux artistes les plus accomplis tels que les Beatles, Sting, etc. La cue-sheet est en fait une obligation légale et doit donc être remplie à partir du moment où une production est utilisée en télévision, au cinéma ou à la radio.

Fastidieux disions-nous, car le remplissage des cue-sheets consiste à repérer dans les programmes / films, la moindre seconde de musique utilisée. Autant dire que cela revient, le plus souvent, à chercher une aiguille dans une botte de foin, surtout quand le nombre d’intervenants (ayants-droit) sur la musique se multiplie et qu’une même musique est déclinée à plusieurs endroits, parfois dans des styles différents, pour servir les besoins du film ou de la série (on parle alors d’ « occurrences ou de récurrences »)…

Exemple de cue-sheet :

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Les sociétés de perception et de répartition des droits se montraient jusque là frileuses quant à l’utilisation du watermarking, sur la base que ces mesures technologiques se révèlent

« parfois délicates à adapter aux spécificités du droit local, telles que par exemple la copie privée, le dépôt légal, le droit de courte citation, etc. En associant de façon obligatoire, tel éditeur de produit avec tel éditeur de contenus, elles sont aussi accusées d’engendrer des situations de monopoles et de non concurrence ».

L’industrie musicale, quant à elle, vit dans un premier temps d’un très bon oeil l’utilisation du tatouage numérique qu’elle utilisa comme moyen de contrôler les DRM (Droits de Reproduction Mécanique) sous forme de verrou, mais celui-ci fut si restrictif vis à vis de la synchronisation des musiques achetées sur les appareils qu’il fut grandement récrié par les utilisateurs et décupla même le téléchargement illégal, occasionnant son abandon. A la place, l’industrie musicale (il en est de même pour les livres numériques) y préfère l’apposition d’une simple signature électronique tatouée sur le fichier, faisant foi de l’achat du produit par tel ou tel utilisateur.

Malgré ces controverses, ce moyen de simplification dans la gestion des droits de propriété intellectuelle apparaît tout bonnement comme incontournable et tout à fait bénéfique si bien utilisé.

Quelques sociétés développant la technologie du watermarking :

Digimarc.com

WatermarkingWorld.org

Verance.com

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2 réflexions sur “Le watermarking digital, un précieux tatouage

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