Le succès des industries musicales françaises à l’étranger ?

Bilan 2013

La culture et plus précisément la musique, revêtent une dimension économique en faveur de la croissance et du développement.  La musique représente un nombre d’emplois importants sur les territoires français (240 874 en 2013), souvent non délocalisables, contrairement à de nombreux autres types d’emplois industriels. La création musicale elle-même est porteuse de croissance par le développement à l’export mais également le savoir faire français en matière de fabrication d’instruments de musique. Buffet Crampon, fabriquant d’instruments à vents réalise par exemple 94% de ses ventes hors de France.

Les succès des artistes français sont au rendez-vous, comme en témoigne le titre des Daft Punk, « Get Lucky » numéro un dans les charts dès l’été 2013, l’album Random Access Memories au 5ème rang mondial avec 3,2 millions de ventes mondiales. Nombre d’artistes français construisent une carrière à l’étranger, notamment David Guetta, Zaz, Justice, Air, Phoenix, Gotan Project, Bruno Coulais, Alexandre Desplat. Cette ouverture à l’international est également le fruit d’un investissement et d’un long travail de collaboration entre différents partenaires (cf l’Institut français, le Bureau Export, le CNV et bien d’autres structures) qui travaillent au placement et à la mise en réseau des artistes français à l’étranger.

Les chiffres

L’industrie musicale française compte dans ses rangs, la première entreprise de production et d’édition musicale au monde, Universal Music Group, et l’un des leaders mondiaux de l’écoute de musique en streaming, Deezer. Le répertoire français est le second répertoire musical le plus diffusé au monde après le répertoire anglo-américain.

2013 fut une très bonne année pour la chanson française. La production francophone a représenté 70% du chiffre d’affaire des ventes variétés des producteurs phonographiques.

En matière d’export, Zaz arrive en tête avec son deuxième album Recto Verso (Sony Music France), sorti en mai 2013. Cet album est certifié Triple platine à l’export, avec près de 350 000 exemplaires écoulés. En haut du classement, on trouve également C2C avec son single Down the road, multi diffusé et multi synchronisé certifié Diamant à l’export mais également Phoenix et Stromae.

Les autres succès français à l’international de 2013 : Lou Doillon, Carla Bruni, Alex Hepburn ou encore Woodkid, Kavinsky, Major Lazer, Sexion d’assaut, Ballaké Sissoko, Christine Salem et Ibrahim Maalouf, David Guetta avec 6 singles dans les meilleures ventes à l’export.

2012 et l’export ?

Selon une enquête du Midem, en 2012, le chiffre d’affaire des producteurs phonographiques français à l’export s’éleve à 55 millions d’euros contre 55,2 millions en 2011 : 53% du chiffre d’affaire se fait sur les vente physiques et provient à 60% d’Europe. On constate une continuation de la baisse des ventes physiques : 70% en 2010, 65% en 2011. En tout, 3 millions d’euros de revenus sont liés à la synchronisation.

Le chiffre d’affaire à l’export pour 2012 s’élève à 27 millions d’euros, à 70% localisé en Europe. Le nombre de déclarants de l’enquête du Midem a baissé de 84 à 80 entre 2011 et 2012 mais le chiffre d’affaire global poursuit sa progression (21 millions en 2011).

La Sacem a perçu à l’export 82 millions d’euros de droits d’auteur et les perceptions directes des éditeurs français sont estimées à 39 millions d’euros

Pour les producteurs de spectacles de musique, le chiffre d’affaires à l’export en 2011 atteignait les 21 millions d’euros dont 80% provenait d’Europe. Ce chiffre est surtout généré par les contrats de cession, à 96%. Entre 2010 et 2011, il y a eu 1477 dates à l’export de 221 artistes dans le cadre des projets soutenus. La répartition des dates est la suivante: 71% de tournées (78% des recettes producteur), 18% de festivals (22% des recettes producteur), 6% de premières parties et 5% de showcases.

Les droits d’auteur perçus par la Sacem à l’export en 2011 s’élèvent à 80,2 millions d’euros (soit une augmentation de 8,3% par rapport à 2010), et les perceptions directes des éditeurs français à l’export sont stables, à 13 millions d’euros.

Les esthétiques majoritairement représentées à l’export sont comparables à celles en France : la chanson et pop rock. En terme de nombre de dates, les terres d’accueil les plus favorables sont l’Allemagne, la Suisse, les États-Unis. Un tiers des dates en tournée se déroulent dans les capitales des pays visités.

Le contexte budgétaire difficile et la baisse de financement du ministère des Affaires étrangères complique mais ne semble pas remettre en cause l’export de l’industrie musicale française à l’étranger.

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s