Culture et entreprises: La programmation de la future Cité Musicale sur l’Île Seguin sera confiée à TF1

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Depuis le commencement des travaux de rénovation, initiés dès 2004, et débutés réellement en 2010, l’Île Seguin semble être au cœur des préoccupations des collectivités, tant que des industries. Le projet de l’île Seguin, conçu par l’architecte Jean Nouvel, s’organise autour de deux pointes consacrées à l’art contemporain et à la musique alors que le centre de l’île abritera un cinéma et un pôle multimédia.  Plus de 20 ans après la fermeture des usines Renault, la réhabilitation d’une partie de l’île Seguin est donc enfin amorcée avec l’ouverture mi 2016 de la Cité musicale.

La conception de la Cité musicale a été confiée aux architectes Shigeru Ban et Jean de Gastines, déjà aux commandes du centre Pompidou à Metz. Deux salles seront construites : L’une de 4000 places assises ou 6000 debout dédiée aux musiques actuelles et une deuxième salle, un auditorium de 1 100 places, consacrée uniquement à la musique classique et contemporaine. Le lieu comprendra également des salles d’enregistrement et de répétition pour diverses formations.

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Jusque là, tout va bien…Mais une nouvelle fait grand bruit depuis quelques mois : la programmation de la Cité Musicale serait confiée au groupe TF1. Une première pour la chaine, qui y voit une « étape logique dans sa stratégie de diversification » selon Yann Geneste, directeur de TF1 Musique. La chaîne de Bouygues a remporté l’appel d’offres en association avec son actionnaire ainsi que le groupe de restauration et de services Sodexo.

TF1 a donc l’ambition de proposer une programmation culturelle digne des plus grandes salles mondiales. Selon Yann Gesneste, il serait tout à fait envisageable d’y écouter des formations telles que le Philharmonique de Berlin.

Plusieurs sujets à propos de ce projet suscitent pourtant bien le débat, voir la consternation chez certains professionnels :

La première saison devrait débuter à la fin de l’année 2016, soit un an après l’ouverture supposée de la Philharmonie de Paris. Par conséquent, ne va-t-il pas y avoir trop d’offre culturelle dans le même secteur?

TF1 compte aussi sur la situation géographique de la cité musicale, au sud ouest de Paris, c’est à dire à l’exact opposé de la future Philharmonie de Paris. Au total, quelque 400 manifestations doivent se tenir dans la grande salle et une centaine de levers de rideaux pour l’auditorium.

 

Egalement, que ce soit du coté de la musique classique, tant que des musiques actuelles, la nomination du groupe TF1 comme responsable de la programmation des deux salles ne fait pas l’unanimité.

Yann Gesnete est conscient que le nom du groupe peut dérouter les mélomanes et aficionados de concerts, tout comme le milieu professionnel de l’industrie du spectacle :

 

Cette nomination marquerait-elle un tournant dans la manière de diriger les établissements culturels en France ?

En effet, ce type de projet reste la plupart du temps piloté par les puissances publiques. Et parler d’exception culturelle française dans la manière de régir les lieux de culture dans ce pays, n’est pas une expression désuète ni démodée…Pourtant, confier la programmation de la Cité Musicale à un groupe privé, même si on a pu voir d’autres exemples dans ce cas là, est un acte significatif pour un projet d’envergure, qui prend son sens dans une conception « remodelé » de la manière d’administrer la musique et ses établissements en France.

Mais si l’on observe la réalité actuelle des salles de spectacle, et au regard des coupes budgétaires incessantes, notamment dans les dépenses culturelles, cette décision n’est pas forcément à condamner… En tout cas, elle est à analyser, et à réfléchir. Aussi, n’oublions pas que la réhabilitation de l’Île Seguin est une volonté forte de la politique menée par Patrick Devedjian, l’actuel président du conseil général des Hauts de Seine… Et que le siège du groupe TF1 se trouve justement à Boulogne-Billancourt, dans ce même département.

La gestion par des opérateurs privés de salles, ou de tâches liées à la production de spectacle, est un modèle qui fait ses preuves outre-manche, comme outre-Atlantique.

Mais il faut savoir que le monde de la culture lui-même est à la fois poésie et entreprise. Car il faut vendre les spectacles, rentabiliser les salles, faire vivre les créateurs. La communication entre les deux univers est, de ce fait, ambiguë. Et s’ils ne partagent pas la même culture ni les mêmes objectifs, ils sont désormais obligés de travailler ensemble. Pour des raisons différentes, l’un a besoin de l’autre pour sa survie économique et sociale.

 

Pour conclure, la grande peur réside dans le fait qu’en règle générale, la culture est pour l’entreprise une question d’affaires… Affaire à suivre !

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