Musique et cinéma heureuse rencontre ou mariage forcé ?

Un peu d’histoire pour comprendre …

Tout commence par un silence. Le cinéma, muet à sa naissance, est très vite accompagné de sons : bruitages réalisés en direct, musiciens d’accompagnement. Pour la première fois en 1900 des projections publiques de films muets, sont présentées sonorisées à l’occasion de l’exposition universelle à Paris. Plus tard dans les années 1930 le public assistera aux grandes heures du cinéma parlant à Hollywood.

Mais attardons nous sur la question du cinéma « sonore » et de son rapport intime à la musique. L’une des premières partitions fut celle écrite par Camille Saint-Saëns en 1908 pour le film « L’assassinat du duc de Guise ».

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A cette époque de nombreux compositeurs  s’essayèrent  à ce nouveau genre : Prokofiev, Honneger, Milhaud, Chostakovitch … et en parallèle à la musique écrite pour orchestre c’est en petite formation sur des musiques improvisées que la majorité des films sont accompagnés.

Pour l’anecdote, en 1930, Fédor Chaliapine chanteur et acteur commanda simultanément sans qu’ils n’en savent rien, à Maurice Ravel  et Jacques Ibert un cycle de trois mélodies, destinées au film Don Quichotte de l’autrichien Georg Wilhelm Pabst. Finalement ce sont les mélodies composées par Jacques Ibert qui furent retenues  (ce qui mit ce dernier dans un grand embarras). Il nous reste, de cette drôle d’histoire, deux très beaux cycles de mélodies.

Les cinémas se dotent d’orchestres, et on installe même un écran à l’Opéra de Paris ! On raconte que Maurice Ravel lui-même assurait que le cinéma finirait par prendre la place de l’Opéra. Un siècle plus tard, la réalité ne dément pas la vision de l’artiste.

Et Aujourd’hui ?

Le  cinéma, art mineur à sa naissance, a cherché ses lettres de noblesse auprès des musiciens.

Un siècle plus tard nous assistons à un véritable retournement. C’est la musique « classique » qui cherche secours auprès de l’aura du grand écran.

Dans un premier temps original, le répertoire de musique de film au concert vire aujourd’hui à la systématisation et à la véritable recette. Plus aucune prestation amateur ou professionnelle sans entendre un grand thème du 7ème art. Quand il n’est pas question du trop fameux « Star Wars » de John Williams ou du « seigneur des anneaux » d’Howard Shore – accompagné, au mieux d’un vague diaporama désincarné-.

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Et c’est de là que vient l’incompréhension. Le lien entre musique et image répond à une mécanique et une logique particulière. Le ciné-concert ou la musique écrite pour le cinéma demande la plus grande attention.

On ne cherche pas ici à égratigner  le « populaire ». Si les grands thèmes du cinéma amènent un public renouvelé au concert on ne pourra que s’en féliciter.

Mais prenons garde à ne pas trop user des bonnes recettes jusqu’à l’écœurement.

« Qui trop embrasse mal étreint » il est donc temps pour les musiciens de prendre la distance et la considération que l’on doit au grand écran. Inventons, renouvelons cette belle histoire d’amour entre musique et image mais n’en abusons pas pour de mauvais prétextes.

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