Réapprendre à écouter ?

 

 La notion d’éveil musical comme une porte ouverte sur le monde « du sonore au musical » est-elle encore d’actualité de nos jours ?   

 Depuis 10 ans, les avancées techniques ont transformé l’expérience du divertissement.

Les nouvelles manières d’écouter représentées par la dématérialisation et le nomadisme a finalement permis la généralisation de l’écoute au casque.

Les médias ont bénéficié d’améliorations qualitatives à l’exception de la musique.  Effectivement les iPods et les fichiers numériques compressés, le format audio le plus populaire aujourd’hui, désincarnent la musique. Les traitements appliqués à la musique et ses nouveaux modes de diffusion en façonnent notre écoute, influencent aussi notre capacité à « communiquer ».

Avec ces nouveaux outils de diffusion et de restitution, qu’entendons-nous ? Qu’il s’agisse de musique, de voix parlées ou des sons de la nature, comment chacun de nous construit-il son référentiel sonore ?

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À bien des égards, la qualité de ce que le public écoute a régressé. Pour de nombreuses oreilles averties, les fichiers audio compressés produisent un son métallique, grêle et crépitant, à la différence d’un CD et assurément d’un vinyle.  La musique enregistrée n’est jamais le reflet exact du son d’origine.

Aussi perfectionnées que puissent être les techniques utilisées pour l’enregistrement, pour la diffusion et pour la restitution, les choix esthétiques, techniques ou économiques modifient toujours ce qui nous sera donné à entendre. Dès lors, comment distinguer un son de qualité d’un son médiocre ?

 

Dans une certaine mesure, le secteur de la musique est victime de son propre succès technologique : la facilité avec laquelle on transfère des chansons sur un ordinateur ou sur un iPod a signifié l’abandon, pour toute une génération de fans, de la pureté du son au profit d’une écoute nomade et pratique. Voilà l’obstacle auquel se heurtent les majors qui s’efforcent de développer une meilleure qualité d’écoute, à un prix plus élevé.  Dans la majorité des cas si les gens veulent un meilleur son, les solutions sont nombreuses, mais ils n’en voient même pas l’intérêt : Pour apprécier la qualité d’un son, il faut disposer, quelque part dans sa mémoire, d’un ensemble d’expériences sonores, d’écoutes de sons naturels, avec lequel s’élabore progressivement ce qui devient notre référence, notre étalon sonore – auquel nous pouvons comparer ce que nous entendons. Cela commence par les berceuses qu’un parent attentionné chante à son enfant et se poursuit dans l’apprentissage du langage, dans la pratique d’un instrument ou du chant, par l’écoute d’instruments de musique.

Malheureusement, la musique jouée dans un lieu approprié et écoutée sans recours à des moyens technologique à totalement disparue pour le grand public

On se balade souvent avec sa musique. Elle constitue un fond sonore pour la pratique d’autres activités — pendant le sport, dans les transports ou en cuisinant.  D’ailleurs, les plus jeunes préféreraient presque un son de moindre qualité. Des études auprès d’étudiants montrent leur intérêt pour le son de fichiers contenant moins de données aux enregistrements hauts fidélité.  Ce changement est tout aussi culturel que technologique. Depuis les années 1950 et pendant de nombreuses décennies, une chaîne hi-fi coûteuse représentait un objet de fierté. Aujourd’hui c’est les nouveaux téléviseurs à écran plat. 
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L’avenir tient à la façon dont nous allons continuer à éduquer notre oreille, et à notre capacité à (ré)apprendre à écouter.

 

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