Christine : le nouveau phénomène pop ?

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Impossible de passer à côté du phénomène Christine And The Queens. Depuis plusieurs semaines les médias s’émoustillent autour de cette jeune artiste d’origine nantaise, pendant que son nouveau single « Saint Claude » envahit les ondes.

Derrière un personnage très travaillé se cache en réalité Heloïse Letissier, une jeune normalienne de 26 ans. À la fin de ses études elle vient vivre à Paris et, après s’être fait remarquée par Remarck Record elle sort ses deux premiers EP Misericorde et Mac Abbey qui lui ouvriront les premières parties d’artistes tels que Lykke Li, The Do ou encore Woodkid.

Cependant, c’est en 2013 que le projet Christine and the Queens va enfin prendre le large. Sa signature chez le label Because Music, lui permet de sortir un 3ème EP Nuit 17 à 52. Elle est alors nominée aux victoires de la musique 2014 où elle interprète l’un de ces titres. Ce soir là, elle apparaît très androgyne (sa marque de fabrique), esquissant vaguement quelques pas de danse volontairement emprunté au roi de la pop (qu’elle peine à égaler). Cette soirée lui permettra de faire quelques premières parties de Stromae et marquera le véritable point de lancement de sa carrière. Dans la foulée sortira son premier album Chaleur humaine décrit comme « tubesque » par la plupart des critiques.

Derrière un album bien ficelé, il est fort de constater la fragilité de ses prestations scéniques aussi bien sur le plan vocal que dans la teneur des parties instrumentales essentiellement jouées à partir de son MacBook. Toujours est-il que Christine peut être considéré comme un bon exemple de développement artistique puisque sa notoriété sur le web comme dans les médias traditionnels ne fait que grimper : avant Chaleur Humaine, la jeune nantaise comptais près de 9.000 fans sur Facebook ; aujourd’hui ils sont près de 40.000 à la suivre sur ce réseau communautaire, tandis que le clip du titre « Saint-Claude » a dépassé le million de vues sur Youtube.

Celio Tardio

Musique et pub’

La dépendance de la musique et de l’image : la publicité

Pierre Berville, l’une des figures de la publicité française vient de monter Bridge Music, une structure spécialisée dans les relations marque/musique. À cette occasion, il s’exclame : « ne sous-estimez pas le capital musique de vos marques ! ».

En effet, depuis de nombreuses années, des études de plus en plus précises ont pu confirmer que la musique permet la valorisation du produit. En attirant l’attention du spectateur, une composition efficace et percutante permettra parfois d’associer le nom de l’entreprise à un son et de l’identifier par ce moyen.

Le consommateur du 21 ème siècle est surexposé à l’image. En moyenne, par jour, sur 2000 ou 3000 messages vus, seuls 10 retiennent son attention. On imagine alors rapidement le potentiel d’un ajout musical à un spot publicitaire qui va agir directement sur les sens et compléter l’information textuelle et visuelle.

compléter l’information textuelle et visuelle.

Les différents rôles de la musique publicitaire 

Obtenir une bonne synchronisation est une opération particulièrement délicate pour les publicitaires. En effet, toutes les sonorités musicales n’auront pas le même rôle, le même effet sur la cible. Ainsi, nous pouvons distinguer trois visions majeures de l’impact de la musique dans une publicité sur le consommateur :

  • Une vision affective : le rôle que la musique publicitaire aura sur les émotions du récepteur. Ce rôle pourra être direct : une répercussion automatique sur les consommateur qui auront immédiatement une attitude envers la marque et l’annonce. Ou indirect : les émotions procurées par la musique auront d’abord une répercussion cognitive (croyance, mémorisation…) qui agiront dans un second temps sur les attitudes du consommateur envers la marque.
  • Une vision symbolique : la musique est ici un vecteur d’imagerie mentale. Le stimulus musical crée des images dans l’esprit des consommateurs en référence à leur propre expérience. Le spot télévisé de 2011 imaginé par l’agence BETC Euro RSCG en est un bon exemple : ici l’image ne suggère pas d’avion et laisse, grâce à l’envol de la musique classique une large place à l’émotion et l’imaginaire du spectateur.
  • Une vision purement cognitive : la musique est assimilée à un langage et communique des informations qui favorise la mémorisation. De cette façon, elle accompagne et renforce les informations du message publicitaire. C’est notamment le cas des jingles publicitaires (« Action Man, le plus grand de tous les héros ! »). La publicité 118 218 est l’un des exemple les plus réussi pour illustrer ce propos : à cette époque, le 12 n’existera bientôt plus et plusieurs opérateurs se partageront le marché du numéro de renseignement. C’est alors que 118 218 sort un spot TV avant ses concurrents en parodiant une émission télévisée de « gym tonique » avec un air simple et entrainant qui rentre rapidement en tête. Ajoutons à cela un slogan qui reprend la musique « tou-tou-you-tou » et une action commerciale qui permet au consommateur de demander à son interlocuteur téléphonique de chanter l’air de la publicité. Cela a été un franc succès puisque des études ont démontré que plus de 50% des personnes répondaient spontanément 118 218 lorsqu’on les questionnait sur le numéro remplaçant le 12 (en réalité ce numéro à une dizaine de concurrent).


Musique et comportement d’achat

Il faut également garder à l’esprit que la musique impacte considérablement le comportement d’achat. En effet, la musique diffusée dans les lieux de vente est devenu un véritable outil marketing depuis l’amorce des travaux de Milliman (1982) dans son étude intitulée « Using background music to affect the behaviour of supermarket shoppers ». Celle-ci démontre qu’une musique lente provoque un déplacement plus lent à l’inverse un tempo plus rapide apportera une vitesse de mouvement plus rapide.

S’agissant des achats, on remarque étonnamment qu’un tempo lent, comparativement à une situation d’environnement musical rapide provoque une augmentation des ventes. Partant de ce constat, il est important de souligner la fonction humanisante de la musique qui influence positivement le comportement du consommateur.

La publicité au secours de l’industrie musicale ?

Face à la crise, les maisons de disques développent de plus en plus des « revenus dérivés » parmi lesquels la vente de licences pour l’utilisation de certains titres dans des publicités s’avère être plutôt fructueux.

Les liens entre publicité moderne et musique sont nés du développement de la radio. Ainsi, la synchronisation publicitaire est devenu un revenu dérivé du secteur musical. Pour obtenir le droit de synchroniser un titre du catalogue d’une maison de disque sur des images publicitaires, l’annonceur doit s’acquitter de deux types de droits :

  • Droits éditoriaux, à destination des auteurs, compositeurs et éditeurs originaux qui donnent le droit à utiliser la partition
  • Droits phonographiques à destination des producteurs de l’enregistrement, le droit d’utiliser tel ou telle version.

Les maisons de disques se situent régulièrement dans ces deux droits qui leurs octroient un revenu non négligeable en fonction de la popularité du titre, de son artiste et de son ancrage dans « l’air du temps ».

Celio Tardio

Les festivals se mettent au vert

Face à la problématique écologique qui ne cesse de s’amplifier, une vague de « green » envahit les festivals français qui tendent considérablement à se responsabiliser et à proposer des solutions environnementales à leur public.

L’écologie, un enjeu artistique                                                                                                                              Voilà plusieurs années que la question de l’écologie nous entoure et devient l’une des problématiques les plus importante de notre ère. Entreprises, collectivités et autres entités se responsabilisent afin de répondre aux enjeux  qui s’imposent à elles sur ce sujet.

Cette tendance, non moins essentielle, rejoint de plus en plus le milieu artistique. La sphère musicale s’applique régulièrement à sensibiliser le public de manières diverses et variées.

NY

A titre d’exemple, Neil Young a tenu à distribuer gratuitement lors de sa dernière tournée européenne des T-shirts en coton organique avec les inscriptions « Protect » et « Earth ». Il explique ce geste sur son site Internet «  j’espère que le fait de porter vos t-shirt Protect&Earth vous permettra de vous impliquer pour la planète de toutes les manières qui sont à votre disposition ». De cette façon, il appelle ses fans à agir individuellement pour la planète.

L’engagement des festivals en France

On parle aujourd’hui d’ « éco festival ». Une démarche selon laquelle l’évènement est organisé selon des règles strictes permettant de réduire l’empreinte écologique de celui-ci sur la planète. Permettant ainsi de sensibiliser le grand public aux gestes respectueux de l’environnement et de diffuser les bonnes pratiques impliquant l’ensemble des acteurs.

On recense actuellement un nombre croissant de festivals et d’événements revendiquant l’appellation Eco festival, bien que celui-ci soit encore parfois utiliser de façon abusive par certaines structures qui ne pratique que certaines actions. En France, la plupart des gros évènements tendent vers ces nouveaux réflexes.

Solidays qui, comme nous le savons, lutte déjà contre sida en reversant la majeure partie des recettes du festival tend désormais à soutenir la cause écologique. Grâce au soutien de ses partenaires (Mairie de paris, Young environnement) il s’engage dans le développement durable. Parmi les actions majeures nous retiendrons : un service de co-voiturage gratuit pour les festivaliers et des navettes RATP, la mise en place d’éco-emballages et un vif encouragement à pratiquer une collecte sélective des déchets sur les trois jours de fête. Au sein de l’hippodrome de Longchamp, le public pourra bénéficier de plusieurs points d’Eau de Paris afin de sensibiliser à la consommation de l’eau du robinet.

Il en est de même pour Rock en Seine, qui se tiendra ce weekend au domaine national de Saint Cloud. Avec une problématique supplémentaire : étant un site naturel protégé depuis 1923, Rock en Seine se doit de respecter certaines conditions pour profiter des lieux (pas de trou, préservation des plantes…). En conséquence, il est indispensable pour le festival de maximiser les déplacements écologiques : 85% des festivaliers viennent en transports en commun et le personnel utilise des vélos et des voitures électriques pour se déplacer à l’intérieur du site. Un système de tri sélectif est mis en place pour permettre à tous de participer à une meilleure élimination des déchets. Pour les fumeurs, des cendriers de poche sont offerts gratuitement. Le système de gobelets consignés permet également de mieux préserver le site. De plus, à l’issue du festival, les invendus alimentaires seront distribués à des associations caritatives. Grâce à des sponsors engagés tel que Coca Cola, plusieurs activités de sensibilisation sont mises en place chaque année.  Pour éviter une sur consommation d’eau, les festivaliers devront se contenter de toilettes sèches pour se soulager.

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Le festival We Love Green, pensé et conçu pour l’environnement

Le We Love Green Festival, qui a vu une nouvelle édition se dérouler avec succès cette année, a quand à lui pour particularité de faire de l’éco-conception la direction artistique du festival. Des actions sont menées dans les moindres détails : en plus de tous les éléments cités plus haut, la majeure partie du mobilier et de la signalétique est réalisée avec des matériaux de récupération. L’énergie nécessaire au festival est fournie par un générateur solaire. La restauration sur place se veut bio et locale. Les aliments proposés sont frais, bios et composés de produits locaux. Enfin, l’intégralité des déchets de la production et des festivaliers est triée. Par exemple, tous les rebuts culinaires seront transformés en chaleur et en énergie alors que les emballages, de l’assiette aux couverts, 100% composables, seront transformés en engrais.

De nombreuses actions inventives peuvent aujourd’hui être mises en place pour préserver l’environnement dans de telles manifestations. Cela est aussi l’occasion de sensibiliser un large public, majoritairement jeune qui, s’il entend le message, pourra caler son quotidien sur la problématique environnementale et agir à son niveau pour la planète.

We love greenCelio Tardio