“POLIFONIA” – RÉSEAU ERASMUS POUR LA MUSIQUE

Depuis son lancement en 2004, ‘Polifonia’, le réseau ERASMUS pour la musique, a abordé de manière proactive les questions politiques européennes liées à l’enseignement supérieur dans la perspective de l’en­seignement supérieur de la musique (ESM).

À l’automne 2011, l’AEC, – l’Association européenne des académies de musique et des conservatoires -, qui coordonne le projet, a entamé le troisième cycle d’un autre projet triennal. Pearle* sera impliqué dans le lot 4 de ce projet: “Education et formation tout au long de la vie: Education à l’esprit d’entreprise”

Le but de ce lot (dont les membres constituent en quelque sorte l’‘Université –le forum commercial’ du secteur) consistera à promouvoir l’innovation dans l’enseignement supérieur de la musique en Europe en s’intéressant aux problèmes liés à l’employabilité des étudiants et des professionnels du secteur de la musique, par une coopération étroite avec les établis­sements supérieurs d’enseignement de la musique et avec les organisations de la profession musicale.

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Une vision du monde numérique

Nous vivons une véritable révolution sociétale grâce au numérique et ce serait un raccourci de penser qu’il ne s’agit que d’une révolution technico-industrielle. En quelques années le numérique est entré dans nos vies, peut-être même un peu trop, et n’est plus seulement l’apanage d’un environnement professionnel.

Face à ces nouvelles technologies, il faudrait néanmoins être capable de réagir en premier lieu à la fois sur la plan des formations et du droit dans des délais très courts, mais visiblement nous n’y sommes pas préparés car littéralement englués dans des schémas qui ont fait leur preuve mais à une autre époque. Les annonces faites fin 2013 concernant le développement du Big Data prévoyaient un potentiel mondial de 4,4 millions d’emplois créés d’ici 2015, mais quelles actions concrètes à court terme ont été entreprises ?

Voyons la réalité en face, acceptons cette notion de révolution douce et sachons en profiter, mais pour cela, encore faut-il accepter de remettre en cause beaucoup de schémas anciens, à remplacer pas d’autres qu’il est encore difficile de définir avec certitude. Soyons donc raisonnables, travaillons par étape, et restons modestes sur certains projets, mais sachons exploiter de cette formidable opportunité qui nous est offerte avec le numérique pour transformer notre société.

Qu’en est-il de l’héritage de Caius Maecenas aujourd’hui ?

Depuis Caius Maecenas, le mécénat est entré dans la sphère marchande à travers le soutien à la sphère culturelle et s’est trouvé soumis aux lois de l’économie. Alors que l’on parle d’évolution quantitative des entreprises mécènes, on constate qu’il y a aussi eu une évolution qualitative dans la gestion d’un partenariat. Les entreprises ont davantage d’attentes et n’oublient pas que le mécénat est apparu à un moment d’essoufflement des outils traditionnels de communication. Grâce au mécénat, on peut désormais communiquer de manière désintéressée sur l’image de son entreprise, et non plus seulement sur ses produits : la motivation première d’une entreprise n’est pas liée à la fiscalité, mais bien à une image à renouveler et à dynamiser. Ensuite seulement, les déductions fiscales, le recrutement et la motivation de la force salariale viennent renforcer le propos pour ces entreprises qui attendent également un retour sur investissement, un retour commercial et quantifiable de l’action.

Le mécénat est devenu un mélange de relations business to business et de rencontres humaines fortes entre personnes issues des ressources humaines, du marketing, du développement et de la communication. Face à la multitude des projets à soutenir, tous domaines confondus, l’entreprise a le choix : en échange réciproques et sur-mesure. La logique d’un chèque en blanc est remplacée par une implication en amont, parfois au détriment du projet artistique et scientifique de départ. Face à cette réalité, le mot « sponsoring » prend son sens.

Malgré le cadeau fiscal de la loi de 2003, la plupart des mécènes sont restés les mêmes, mais ils ont perçu la portée commerciale du flou juridique encadrant la loi. Dans les années à venir, une évolution progressive se fera peut-être sentir, mais un lourd travail de pédagogie sera nécessaire du côté des institutions culturelles. Quand l’on dit que le mécénat est devenu une pratique courante, il s’agit du cas de grandes entreprises et la limite s’impose d’elle-même en cas de mauvaise conjoncture économique. Quel visage aura le mécénat après la crise ?

A l’heure actuelle, le modèle français ne semble pas s’être trouvé. Le mécénat est un métier jeune, encore en voie de professionnalisation. Chaque établissement a mis en place sa propre méthodologie, mais qui reste en constante évolution et en nécessaire perfectionnement. La philanthropie pour la philanthropie du modèle anglo-saxon demeure rare.

La crise économique a déjà mis en avant le mécénat croisé ; la notion de RSE et de cohésion sociale prend tout son sens. Quelle forme aura donc le mécénat dans les années à venir ? Le micro-mécénat, le technologique, l’international, les entreprises et les pays en voie de développement, parmi les PME et les particuliers si des moyens humains sont mis en place. L’avenir du mécénat sera de plus en plus lié aux affaires économiques.