LES FESTIVALS D’ETE

 

L’été est enfin là, on sort les tongs et le maillot de bain, on prend le sac à dos et la Quechua 2 secondes direction : les festivals.

Entre musique, cinéma, danse ou encore photographie ; tous les ans sur le territoire français, quelques 2000 festivals structurent le paysage culturel estival. Mais malgré les températures en hausse et une programmation une nouvelle fois riche, le début de saison reste mitigé pour les agents artistiques.

DIFFERENCE DANS LES VENTES DE BILLETS

Dans le secteur des festivals de musique pour certains programmateurs, les préventes de billets sont en baisse de 10 à 15%, par rapport à 2012. Le président du Prodiss – syndicat des producteurs de spectacles – Jules Frutos se veut plutôt rassurant car « l’achat de billets à la dernière minute demeure une tendance lourde du marché ».

 

Le nouveau directeur du festival des Vieilles Charrues, Jérôme Tréhorel, annonce que trois semaines avant le début des événements, les billets d’entrée se vendaient moins vite qu’en 2012 ; la communication a ainsi été renforcé pour remplir la jauge attendue de 53000 personnes quotidiennes.

 

A contrario et dans une autre mesure, au festival d’Avignon qui a débuté le 5 juillet 2013, l’achat des billets de spectacles se porte très bien. Depuis l’ouverture de la billetterie le 17 juin dernier, aucun signe de baisse des ventes n’est a souligné. Cependant, avec la crise économique actuelle si la vente des spectacles n’est pas affectée, cela pourrait être le type d’hébergement qui diffère. 

Bien évidemment, les festivals et autres manifestations d’été sont de rigueur pour redonner le moral à la population ; ils sont bons pour l’emploi et le commerce qui se développent considérablement pendant quelques jours d’animations. Lorsqu’un festival est annulé ou écourté pour une quelconque raison c’est tout un réseau économique qui est ébranlé : hôtels, restaurants, artistes ainsi que techniciens.  

TROIS RAISONS A L’ESSOUFLEMENT DE LA FREQUENTATION

L’économie des festivals, leurs financements sont aussi des facteurs qui peuvent influencer la fréquentation. Lorsque les partenariats ou subventions adressés aux festivals diminuent ; ces derniers les intègrent soit en augmentant leurs tarifs ou en renonçant à leur gratuité, soit en annulant tout ou partie des têtes d’affiches, soit encore en diminuant le nombre de concerts programmés.

Mais la saturation de l’offre en festivals, dans certaines régions françaises, tient également à l’essoufflement de la fréquentation. Le directeur de recherches au CNRS Emmanuel Négrier, auteur de nombreuses enquêtes sur les festivals affirme d’ailleurs que « les festivités s’empilent, sans aucune régulation de la part des collectivités locales ni des directeurs artistiques ». Pour exemple, la ville de Sète dans l’Hérault vit pendant 6 mois au rythme des festivals qui s’enchainent : World Wide Festival, Jazz à Sète, Fiest’A Sète, Voix Vives, etc.

La troisième raison est bien entendu liée aux conditions météorologiques ; facteur imprévisible pouvant faire sombrer un festival de plein air n’ayant pas prévu un retranchement vers des salles. Emmanuel Négrier se rappelle qu’en 2012, les Eurockéennes de Belfort avaient frôlé la catastrophe à cause d’orages de grêle.

L’ECONOMIE DES FESTIVALS

Les festivals d’été sont de vrais vecteurs de communication et des vitrines rayonnantes pour les collectivités locales, car elles en sont les principaux finançeurs.

Quelques chiffres pour le festival des Vieilles Charrues. Le budget total de la manifestation est à 13 millions d’euros ; 80% proviennent de la vente des billets ainsi que de la restauration et 20% reposent sur le mécénat. Le nouveau directeur du festival, Jérome Tréhorel insiste sur le fait que le mécénat permet aux organisateurs de maintenir le prix du pass-journée à 41€. Sans cette aide financière, le public paierait 50€ le pass (aïe)

De plus, les directeurs de festivals ne peuvent pas combattre la hausse des cachets artistiques. Pour M. Tréhorel, le budget de programmation il y a cinq ans était de 1,7 million d’euros ; il est aujourd’hui de 3,6 millions !!!!!!

 

 

Bel été au son des festivals !!

Opéra et pop corn

Les retransmissions en direct ou simples projections, le marché de l’opéra au cinéma s’est organisé et le succès est au rendez-vous.  Il faut dire que le public répond présent, dans le fauteuil de votre cinéma, vous pourrez assister à une création venue tout droit du MET (Metropolitan Opera de New- York), de l’Opéra de Paris et bien d’autres.

Un pari judicieux :

Déjà, le 3 décembre 2012, 15 000 spectateurs dans 116 salles en France avaient assisté à la représentation de « Rodelinda » de Haendel en direct du MET. Quant au ballet, 14 000 spectateurs sont venus assister le 20 novembre 2012, en direct de Moscou et du Théâtre du Bolchoï, au réveil de « La Belle au bois dormant » (chiffre du Met)

Pourtant, quand elle a commencé en France au printemps 2008, la retransmission des ouvrages lyriques au cinéma paraissait un idée farfelue. Il faut se souvenir de la réaction de Gérard Mortier, directeur à l’époque de l’Opéra de Paris déclarant qu’il n’était pas payé pour remplir les cinémas. Aujourd’hui, cette même maison a franchi le pas et diffuse certains de ses spectacles dans les salles obscures.

La diffusion :

Deux grands réseaux, Pathé-Gaumont et UGC avec respectivement Pathé Live et Viva Opera, sont partis à la conquête du public.Le premier à avoir tenté l’aventure en France est Marc Welinski avec sa société CielEcran, qui a lancé en 2008 « MET : live en HD. » Devenue Pathé Live, la société est aujourd’hui une filiale du réseau Pathé-Gaumont.

Pour la saison 2011-2012, l’Opéra de New-York aura diffusé onze opéras, dont sept nouvelles productions, en provenance du Met, six ballets du Bolchoï et deux ballets de l’Opéra National de Paris.

Quant à la  saison du Metropolitan Opera de New York au cinéma, les œuvres, sous-titrées en français, sont projetées en direct sur écran géant, en haute définition et son numérique, grâce à un système de vidéotransmission par satellite.

Le réseau UGC s’est engouffré dans la brèche avec « Viva l’Opéra » qui en est à sa deuxième saison. La plupart du temps, il s’agit de retransmissions de spectacles filmés sur des scènes comme la Scala de Milan, le Festival de Salzbourg ou le Liceu de Barcelone.Avec des exceptions comme ‘Jules César’ de Haendel (janvier 2011) et ‘La Force du destin’ de Verdi (décembre 2011) en direct de l’Opéra de Paris.

Pédagogie et avantages :

L’initiation à l’art lyrique et la pédagogie font partie du voyage : la programmation présente des œuvres-clés du répertoire, ‘ conçues comme des portes d’entrée dans un monde à découvrir ’, d’après le directeur artistique Alain Duault. Des commentaires aident le public ‘ à décrypter les œuvres ’.

Les qualité sonore et visuelle, le confort maximum, la régularité des rendez-vous… Mais cela ne suffit pas pour expliquer le succès au près du public : le prix des billets y est pour beaucoup. Moins de 30 euros (de 15 à 28 euros, tarifs réduits pour les abonnés et les moins de 26 ans), ce qui est plus onéreux qu’un ticket de cinéma mais beaucoup moins qu’une place correctement située à l’opéra.

Une autre explication : les salles de cinéma sont présentes dans des villes où il n’y a pas de maisons d’opéra, une véritable aubaine pour les passionnés d’art lyrique ou les simples curieux.

Et puis, au cinéma, on se présente au guichet, on paie sa place et on entre. Cette facilité-là n’existe pas à l’opéra où il faut réserver des mois à l’avance selon des procédures qui paraissent complexes aux non initiés malgré les efforts de simplification.

Donc si vous n’avez pas la chance d’avoir une  maisons d’opéra à proximité ou pas le portefeuille adéquat et bien : Tous au cinéma !

Les assocations musicales sur la toile

Aujourd’hui pour gérer son association musicale (harmonie, orchestre amateur, chœur ..) tout passe par internet.

La demande de subvention pour essayer d’avoir de quoi survivre( et oui en ce moment c’est de la survie) : le site de la DRAC.

La communication : il faut une page web à mettre à jour avec de belles photos prisent avec un bel appareil photo numérique , un Facebook, un Twitter. Quand le  journal local décide enfin de parler de vous il ne regarde que ça, pour vendre un concert ou louer une salle il faut un site avec des vidéos via Youtube évidemment. Le Facebook indispensable pour le contact avec les musiciens  et comme moyen de communication pour promouvoir les concerts.

La boite mail : devient votre meilleur ami pour organiser votre planning, pour les contacts  « professionnels »,  pour les salles, les journalistes,  envoyer les informations aux musiciens …

Skype pour gérer l’association avec les  autres membres qui ne sont pas forcément vos voisin , les journalistes qui veulent pas vous recevoir dans leur bureaux, …

Mappy pour organiser les feuilles de routes de musiciens et calculer les défraiements.

Dropbox pour envoyer les partitions et les enregistrements..

Une question : ils faisaient comment avant ?

Ceci n’est pas un sentiment de nostalgie mais juste une démonstration du besoin, de la nécessité d’internet pour nos associations et aussi un petit ras le bol contre le «  tout sur internet ».

Le contact humain doit rester un élément essentiel de notre métier, non ?

Le retour de la galette noire

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photo : planete-vinyle.com

Tout commence avec cette anecdote :

Le groupe anglais My bloody Valentine sort sont nouveau disque le 2 février 2013. Ils vendent 30 000 CD et 15 000 vinyles … Etonnant non ?

La fameuse galette noire fut portée disparue pour le grand public à la naissance du compact disque. Les seuls vinyles encore achetés étaient ceux d’électro ou de hip-hop.

En 2012, la vente de vinyle a progressé de 16,5% et cette hausse peut être constatée depuis 5 ans…. Tout ça me laisse songeuse. En France, nous n’avons pas de chiffres sur la vente de vinyle. Nous savons qu’il représente environ 1% du marché

. Le vinyle est une tendance mais pas un tsunami … je suis d’accord.
Toutefois, les rayons de vinyles s’agrandissent depuis un an.

Mais quelles genres de musique sont achetés ??

C’est assez hétéroclite : Rock indé, électro, réedition de Hendrix, Led Zep,…

Plus étonnant le palmarès des ventes de vinyles sur fnac.com :

C2C , Lana del Rey, Ben Harper …

Le groupe C2C a même lancé un concours, le meilleur remix de leur chanson « Happy » sera édité sur une version vinyle.

Mais pourquoi ce « renouveau » du vinyle ?

Pour les jeunes, le charme du vintage sans doute..

Pour les 40-50 ans, la nostalgie du son chaud des galettes noires peut-être …

L’air du temps nous incite t-il a revenir en arrière ?

Le seul frein réel du retour, que dis-je du raz-de-marée, vinyle reste … le prix. Eh oui, la fameuse galette coûte entre 20 et 30 euros, il  ne peut donc pas rivaliser avec le digital et le streaming. Toutefois, nous pouvons penser que les personnes qui achètent des vinyles préfèrent mettre ce prix dans « l’objet vinyle » que d’acheter un CD à 10 ou 20 euros qu’il trouverons en streaming avec un son similaire.

Pour finir cet article comme je l’ai commencé petite anecdote :

Aux Etats-Unis dans l’état de l’Orégon, un disquaire commande par mégarde des dizaines de vinyles au lieu de CD de l’album Accelerate de REM.. Tant pis, il les mets en rayon sans grand espoir. Pourtant quelques jours après tout le stock est écoulé …

Vive la galette Noire !