Les Guetta et la Nature

Eh oui, comme vous et moi, les Guetta sont soucieux de l’environnement, et pour l’exprimer et sensibiliser leur public à cette problématique, ils ont dépassé le cap du tri sélectif et nous livrent (ou s’associent à ) des clips rendant un vibrant hommage à la puissance et la magnificence naturelles.

Pour ceux qui en douteraient encore, visionnez plutôt ceci :

She Wolf

Ou encore cela :

Rest of my Life

Ils ont même associé leur image à la Twizy, cette petite voiture électrique de Renault, que vous avez peut-être aperçue dans le clip précédent, et qu’on peut voir abondamment dans celui-là :

The Alphabeat

Quand on connaît la popularité du couple, on peut imaginer l’impact positif que peut avoir un tel engagement, et du message communiqué : on peut être fun et respecter l’environnement.

Je ne suis pas le public des Guetta, j’entends cette musique et ne voit leur image qu’au hasard d’un média, mais je vous le dis : enfant des années 90 qui découvrait, effarée, des clips pour les musiques qualifiées de « populaires » toujours plus trash et vulgaires, quand ils n’étaient pas simplement insignifiants, j’apprécie ces clips aux clichés sublimes, pleins d’énergie positive, et d’une notion qui semblait avoir pour toujours déserté cet espace : les valeurs.

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AU SUIVANT !

Faire de la chanson française après Jacques Brel, c’est un peu comme être compositeur allemand de symphonies au début du 19e siècle après Beethoven : il faut savoir sinon surpasser le maître, au moins renouveler rapidement le langage au risque d’être constamment ramené au Nom du Père.
Mais l’histoire a prouvé d’innombrables fois que les héritiers les plus audacieux avaient su tirer parti du meilleur de leurs illustres aînés en y ajoutant leur supplément d’âme, influencés qu’ils étaient par un contexte donné (historique, culturel, familial…). Et c’est ainsi que chaque époque, chaque endroit, connaît immanquablement son lot d’artistes géniaux, car ‘faut vous dire Monsieur que des gens pensent et créent.

Concernant le phénomène Brel, commençons par rendre à César ce qui appartient à César : notre représentant de la chanson française est bel et bien Belge. Il s’est illustré avec des interprétations chargées d’audace, de fougue, de conviction, sur des thématiques souvent reliées à la douleur, au manque : celle des « petites gens » impuissants, des amours désespérés – les deux sont souvent reliés -, des situations révoltantes et subies (Ces gens là, Les Bourgeois, La Fanette, le Moribond, Mathilde, Jef, Au suivant, Ne me quitte pas, Madeleine…). Les sujets peuvent aussi être plus généraux mais le plus souvent empreints d’une certaine nostalgie (Le plat pays, Amsterdam, Voir un ami pleurer, Les Vieux…). Généralement, les textes sont soit fondés sur un langage poétique élaboré, et/ou doivent leur intérêt à des chutes inattendues révélant l’intégralité de la chanson sous un autre jour.

La vidéo d’illustration suivante est absolument gratuite car je pense que vous connaissez bien le bougre, mais ça me fait plaisir, c’est cadeau.

Frères Jacques, dormez-vous ?

Pour ceux qui se demanderaient où sont les nouveaux Jacques Brel, il semblerait qu’il faille moins regarder du côté de la variété que du rap et du slam pour trouver ces textes chargés de sens et ces interprétations convaincues. On l’a compris, Brel est un révolté, insoumis, farouchement attaché à la liberté, et a subi l’exclusion de son milieu bourgeois policé d’origine dans lequel il ne trouvait pas sa place, et qui réprouvait notamment sa reconversion de fils à papa à musicien. Quel meilleur genre musical que celui conçu par des populations d’origines immigrées, descendantes d’esclaves et ghettoïsées, pour exprimer avec acuité des douleurs profondes, et en l’occurrence celles liées au déracinement, à l’exclusion sociale, aux drames humains liés à la pauvreté, aux désillusions et aux frustrations ?

Quelques précisions :
–       Nous ne parlons pas ici de « gangsta rap », cette branche commerciale qui a vidé le rap de toute essence, à savoir principalement sa dénonciation des inégalités sociales, et qui nous a infligé une série de méchants ventripotents proférant des obscénités et agitant sous notre nez tout ce que la mauvaise éducation a fait de pire : chaines et dents métalliques, contenu siliconé de hordes de bikinis, grosses bagnoles polluantes…

–       Pour les amateurs de belles mélodies : on change de culture, et donc de référents culturels, les priorités ne se situent plus à ce niveau, mais bien sur le rythme, la justesse du débit de parole qu’on nomme le flow, la qualité de la narration et du message à faire passer.

En ce moment, deux artistes sont constamment comparés à Jacques Brel :

Oxmo Puccino, surnommé le « Black Jacques Brel »

Pour ceux qui ne le connaitraient pas, je vous laisse regarder ce clip plus éloquent que mes paragraphes :

Et un clin d’oeil à Brel dans un anti « Ne me quitte pas », tournant en dérision les belles autour se trémoussant :

 

Stromae, surnommé le « Nouveau Jacques Brel »

Avec une sortie remarquée il y a quelques jours de Formidable, une chanson d’après rupture dans laquelle le Belge Stromae, « fort minable », harangue la foule. On y trouve des allusions directes aux interprétations de Brel :

Enfin, parmi l’étendue de drames qu’on peut vivre dans la cellule familiale, l’artiste nous parle aussi de l’absence paternelle, qu’il a lui-même vécue (son père Rwandais ne l’a pas élevé, puis est décédé au cours du génocide dans son pays d’origine).

Pour le coup, musicalement on est plus dans un mélange de styles, mais les influences restent éminemment urbaines et africaines. Notez un riche mélange de danses savantes et urbaines, et notamment de l’apparition au milieu de krump, danse récente profondément inscrite dans la révolte et dont les mouvements sont tellement rapides qu’on peut à peine les suivre. Son lieu de provenance est bien sûr similaire à celui du rap…

 

Voilà la relève telle qu’elle s’annonce, peut-être en connaissez-vous d’autres, à vous maintenant de décider si de ce point de vue Brel peut « partir aux fleurs la paix dans l’âme »…

Voici venu le temps des rires et des chants, des Vocaloïds (pour le printemps on repassera)

Pour ceux qui ne la connaitraient pas encore, je ne résiste pas plus longtemps au plaisir de vous faire faire connaissance avec la chanteuse Hatsune Miku, qui sévit sur les scènes internationales depuis 2009 :

Oui, vous l’avez compris, Hatsune Miku n’est pas comme vous et moi, et n’est pas plus comme une pop star normale : quand elle retourne dans sa loge elle ne déprime pas, elle n’arrive jamais en retard aux répétitions, et ne mourra pas d’overdose à 27 ans, Hatsune Miku est un hologramme en 3D.

En visionnant cette vidéo, plusieurs réflexions et interrogations me viennent (et peut-être vous viennent) d’emblée à l’esprit :
– Mais… pourquoi un tel engouement ?
– Les Japonais ont une bonne éducation rythmique : les agitations de leurs minis sabres lasers s’adaptent à toutes sortes de tempi et d’ambiances (vidéos témoins à l’appui).
– Heureusement, les musiciens qui l’accompagnent sont réels, la disparition des artistes sera donc progressive.
– …

Quoiqu’on pense de la qualité de ce show, lorsqu’on y regarde de près, l’histoire d’Hatsune Miku est bien plus intéressante qu’il n’y paraît.

Hatsune Miku ou Comment passer d’une boîte en carton à pop idol

Hatsune Miku, à la base, c’est juste un dessin sur une jaquette, une simple mascotte pour la 2e génération d’un logiciel de synthèse vocale dit « Vocaloid » créé par Crypton Future Media en 2007. L’entreprise a en effet pris le parti d’illustrer chaque volume par un personnage au style très ancré dans la culture japonaise: le manga, avec les caractéristiques que nous lui connaissons bien (d’immenses yeux clairs, des jambes interminables – c’est toujours mieux chez les autres- et d’intrigantes tenues d’écolière). Ce logiciel a une voix féminine préenregistrée, celle de la comédienne de doublage Saki Fujita (mais pour les plus imaginatifs, celle d’Hatsune Miku), permettant à ses utilisateurs de composer des chansons avec cette voix en entrant des paroles et des mélodies. Ainsi, hatsu signifie « premier », ne « son », miku « futur » = le premier son du futur. Jusque là rien d’extraordinaire, sauf que des Japonais vont se prendre de passion pour le logiciel…

Hatsune Miku

Ils se mettent à poster leurs créations notamment sur le site de partage vidéo Nico Nico Douga, un des sites les plus fréquentés au Japon. L’enthousiasme est tel que les ventes du logiciel explosent et que les reprises et créations des amateurs sont de plus en plus élaborées. La communauté de fans s’échange des conseils, des collaborations se font avec des dessinateurs, des animateurs flash pour créer des clips, des animations 3D…

Jusqu’à ce que pour son 2e anniversaire, la société de jeux vidéos et d’enregistrements pour jeux vidéos et musique animée 5PB s’empare du phénomène et organise le premier concert de la star virtuelle à Tokyo, s’en suivront des tournées en Asie et aux Etats-Unis.

Sur ce, je vous laisse trouver pourquoi Hatsune Miku est souvent représentée avec des poireaux dans les mains, et je répète à qui veut l’entendre :

À l’iMusic school, il y a presque Zac Efron

Une fois n’est pas coutume, je commence cet article par un avertissement : les propos qui suivent ont été élaborés à partir non pas d’une inscription à cette école, mais de ce que j’ai pu relever sur le site internet de présentation, il s’agit donc d’informations parcellaires qui gagneraient à être complétées notamment par des expériences vécues.

Image_iMusic_school

Car non, je ne me suis pas inscrite à l’iMusic school, je n’ai pas fait un versement à partir de 14,90€ par mois sans engagement, l’onglet « accès aux membres » reste pour moi une lourde porte close sombre et infranchissable (même si on nous en propose tout de même un aperçu ici), et je n’ai donc pas accès aux précieux contenus divulgués par les professeurs stars, prostars ou starfesseurs à votre convenance.

L’iMusic school est en effet une école de musique en ligne, enfin vous l’avez compris, pas une scolastique école et encore moins un conservateur conservatoire, mais bien une music school, qui plus est qui est « i » ce qui est, vous en conviendrez, so in.
Elle propose des cours d’instruments liés aux musiques actuelles (guitare, guitare basse, ukulélé, trompette, deejaying, MAO, batterie, piano, chant, harmonica) pour tous niveaux. L’abonnement se fait par forfait contenant des cours avec la star de votre choix (Keziah Jones, Sanseverino, Maxime Le Forestier, Mademoiselle K… par exemple pour la guitare, qui est tout de même de loin l’instrument le plus fourni), des cours de « solfège » et d’harmonie, ainsi que des playbacks interactifs.

Surfant notamment sur le succès des tutoriels musicaux sur Youtube, et certainement d’expériences du même acabit livrées aux Etats-Unis (en tout cas mon Mac me proposait déjà depuis quelques années mais dans une moindre mesure de tels cours payants avec des stars étatsuniennes), cette iMusic school a le mérite d’avoir structuré l’offre pédagogique en cours progressifs, et d’y avoir associé non plus Joe votre voisin texan, mais bien des artistes dont vous êtes éperdument épris depuis le 1er jour et que vous avez le plaisir de tutoyer mentalement derrière votre écran. Le succès de l’école ne s’est pas fait attendre puisque le site annonce 15 000 personnes lui ayant « déjà fait confiance » (sont-ce là des inscriptions ?), et se dit « la première école de musique en ligne » (reste à savoir s’il s’agit là d’une considération chronologique ou de taux d’inscription).

À défaut de proposer un cours avec une interaction directe avec le professeur comme il était question dans mon précédent article, le site propose néanmoins à ses inscrits de communiquer par email et d’envoyer de l’audio / vidéo afin d’avoir un retour de l’équipe ou de son professeur, ce qui est tout de même « mieux que rien ». Bien sûr, la formule n’est pas sans susciter des interrogations, et notamment celle-ci : est-ce que le plaisir d’être face à son idole pallie en motivation pour l’apprenti musicien le manque d’outils pédagogiques dont disposent les artistes stars qui pour leur grande majorité n’ont pas de formation d’enseignant ?

Quoi qu’on en pense, ce type d’enseignement à distance devrait continuer à se développer fortement, et même si on peut penser que certaines valeurs se perdent, cette structure prouve qu’une chose reste intemporelle : l’appétence pour le plaisir que procure la musique et son apprentissage…

Ici, on ne se MOOC pas de vous

Ces derniers temps, en feuilletant mes journaux virtuels préférés, j’ai été intéressée par plusieurs articles sur les MOOCs (massive online open courses), ces diffusions gratuites et ouvertes à tous sur internet de cours d’universités et écoles réputées. Leur système repose sur un business model simple : on ne paye pas les cours, mais si l’on veut que sa formation soit valorisée on peut la faire valider par un diplôme délivré par la structure, payant cette fois-ci.

Venue des États-Unis, la déferlante des MOOCs commence à gagner la France, annonce qui devrait réjouir les étudiants en quête de diplômes prestigieux et autres assoiffés de connaissance, susciter des interrogations légitimes, et crisper les réactionnaires qui hurleront à l’hérésie, comme en son temps lorsque le livre de poche commençait à se répandre de manière insidieuse dans les foyers français, divulguant de manière scandaleuse la culture, et distillant un nauséabond « droit de mépris » chez le tout-venant.

Vous pourrez ainsi, par exemple, dès la rentrée suivre une « Initiation à la théorie de la distribution » de l’École Polytechnique, tandis que vous auriez pu si vous l’aviez su et voulu vous inscrire en janvier pour valider un MOOC de Gestion de projet de l’École centrale de Lille diffusé à partir de ce mois-ci.

 

À l’heure où les tutoriels musicaux se trouvent à profusion sur des sites d’hébergement de vidéos comme Youtube ou Dailymotion, la question pour l’enseignement spécialisé de la musique d’un développement du cours d’instrument via internet semble éminemment d’actualité.

Dans le cadre de cours particuliers donnés au domicile des élèves, il pourrait se présenter sous la forme de cours à distance avec interaction entre le professeur et l’élève avec caméras interposées, par le biais d’un logiciel du type Skype. Loin d’être équivalent à un cours donné directement, ce système présente un certain nombre d’avantages et d’inconvénients par rapport à la formule traditionnellement proposée.

Les avantages :

–       pas de déplacements donc un gain de temps important pour le professeur, voire une annulation des coûts de transport si celui-ci était véhiculé ;

–       la possibilité pour les élèves résidant dans des zones où un professeur ne se serait pas déplacé de bénéficier de ces cours (éloignement géographique…) ;

–       si cela se développait, la possibilité pour un élève d’avoir accès à un professeur réputé de son choix et qui ne lui était pas accessible autrement (éloignement géographique, manque de disponibilité du professeur…).

Les inconvénients :

–       le plan statique de la caméra, car on ne peut par exemple pas passer derrière l’élève pour observer de près un doigt en particulier ;

–       l’impossibilité du contact physique, pourtant essentiel afin de faire comprendre certains mouvements, ou encore de faire ressentir quelle pression exercer sur une touche… ;

–       la qualité du son transmise forcément moindre qu’une acoustique naturelle, ne permettant pas au professeur de détecter et donc de signaler certaines nuances ou impuretés du son à améliorer ;

–       les coupures possibles, et autres décalages ne permettant pas au professeur de jouer de son instrument avec l’élève pour l’accompagner ;

–       sur la durée, l’empreinte carbone ;

–       la perte du « je-ne-sais-quoi dans l’air », du contact direct nécessaire pour établir avec une personne un contact privilégié (discuter avec un ami sur Skype n’est pas pareil que de le recevoir chez soi).

Et vous, voyez-vous d’autres avantages et inconvénients dans ce cadre de cours particuliers ?

On constate en tout cas que la qualité de l’échange et du cours est dégradée par cette formule, qui semble plutôt être une bonne solution en cas d’impossibilité exceptionnelle de déplacement du professeur afin de ne pas supprimer totalement un cours.

On peut aussi penser à un cours qui serait le même pour tous et serait accessible à toutes les personnes qui s’y inscriraient, sans interaction directe possible de l’élève avec le professeur. Je n’ai pas à chercher longtemps pour que l’imusic-school « La première école de musique en ligne » m’ouvre en quelques clics ses portes laquées.

Ce sera le sujet de mon prochain article.