Remastérisation et droits voisins.

Salamandre se pose beaucoup de questions en ce moment et les dernières tournent autour des droits voisins.

Pour mes projets « Jeune public », j’ai besoin d’utiliser de la musique orchestrale. N’ayant pas les moyens de m’offrir un orchestre symphonique, il convient donc que je travaille sur des enregistrements déjà existants. Pour le Le Bûcher d’hiver de Prokofiev, l’enregistrement datant de 1995 j’ai signé un contrat de licence avec la société propriétaire, Chant du Monde, mais pour les suivants, il serait naturellement plus confortable de trouver des bandes qui soient dans le domaine public.

Actuellement, les droits voisins (producteur et interprètes) sont de 50 ans mais ils vont prochainement être prolongés de 20 ans ce qui les portera à 70 ans. Pour cela il faut que la directive européenne qui ordonne cette prorogation soit transposée en droit français ce qui ne saurait tarder.

En fait, j’ai eu besoin de prévenir tout souci juridique avec la bande son que je vais utiliser prochainement. Après une enquête de trois mois, je suis enfin rassuré, mais à son terme j’ai découvert des pratiques quelques peu étranges et qui montrent la rapacité des majors.

La loi est formelle : le droit voisin de producteur appartient à « la personne physique ou morale, qui a l’initiative et la responsabilité de la première fixation d’une séquence de sons » ; c’est donc la date de mise à disposition au public qui ouvre les droits pour actuellement 50 ans et bientôt 70 ans.

Un disque produit en 1957 est donc tombé dans le domaine public au 1er janvier 2008. La loi n’étant pas rétroactive, il ne reviendra pas sous droits.

Les majors ont trouvé une parade en intimidant les éventuels utilisateurs par une remastérisation des bandes originales. Elles indiquent alors une nouvelle date de production par le sigle  ℗, espérant ainsi proroger leurs droits.

C’est ainsi qu’on voit fleurir ce genre de formules sur les disques

produits dans les années cinquante :

« Reissue produced by Jon Samuels

Digitally remastered in BMG/RCA Studios, New York City

Marian Conaty, Francis X. Pierce, engineers »

agrémentées d’un ostensible ℗1998  sur le recto de la jaquette et la galette du CD.

Pourtant, selon la juriste Anne-laure Stérin — Guide pratique du droit d’auteur que je vous recommande chaudement — « la remastérisation ne prolonge pas la durée de protection et n’ouvre aucun droit nouveau au producteur ».

Le champ semble libre mais la volonté délibérée des producteurs d’indiquer un droit hypothétique montre qu’ils feront tout pour s’en prévaloir le moment venu : de quoi dissuader effectivement les tentatives, en tout cas les miennes pour l’instant…

Certains sont moins frileux et proposent des rééditions physiques à des prix défiant toute concurrence. D’autres ont tout simplement construit des sites où selon leur propos « ce qui est dans le domaine public doit être gratuit »  :

http://www.discmuseum.com/index.htm

Enfin presque car… pour écouter, il faut s’abonner !

PS.  Les ingénieurs qui ont fait la remastérisation prétendront-ils bientôt à des droits voisins ? On en a vu d’autres : le photographe qui a fait clic-clac devant le Picasso a bien obtenu, lui, des droits d’AUTEUR !…

Idée de sujet : « comment sucer les créateurs jusqu’à la moelle ».

Qui gèrera les droits de Salamandre ?

SCPP ou SPPF ?

 

Mois après mois Salamandre (le nouveau label qui monte) est confronté à des choix cornéliens pour se professionnaliser.

J’ai pensé que la petite étude que j’ai conduite pour faire le dernier serait d’utilité collective.

Vous savez ­— maintenant que vous êtes incollables sur les sigles — que pour percevoir leurs droits, les producteurs de phonogrammes ont le choix entre 2 sociétés civiles :

 

–                La Société Civile des Producteurs de Phonogrammes

 

http://www.scpp.fr/SCPP/

 

–                La Société des Producteurs de Phonogrammes Français

 

http://www.sppf.com/

 

(Qui est français d’ailleurs ? Les phonogrammes ou les producteurs ?)

L’une rassemble les majors, la SCPP, l’autre les producteurs indépendants, la SPPF. Sur le terrain les rôles ne sont pas aussi tranchés car de nombreux petits labels indépendants sont aussi membres de la SCPP et une major Wagram Music membre de la SPPF.

Après la production du 1er cd, la question de l’appartenance à l’une ou l’autre s’est naturellement posée. Le choix n’est pas simple, car la gestion des droits est similaire et les règles d’obtention d’aides sensiblement équivalentes.

Dans un premier temps, la question a été de savoir quel était le volume d’aides sélectives attribuées à la création phonographique.

Une étude chiffrée s’est donc imposée à la lecture des rapports annuels 2011 et 2010 des deux sociétés.

Pour l’année 2011, le montant total des perceptions de rémunération pour copie privée sonore de COPIE FRANCE s’élève à 96 342 000 €.

Les deux sociétés de producteur se partagent la part qui leur revient au prorata des droits générés par leurs membres. Ce qui donne une enveloppe de 18 184 175 € répartie ainsi :

 

SCPP : 75.5% = 13 638 131 €

SPPF : 24.5% = 4 546 044 €

 

Il serait tentant de conclure que les porteurs de projets ont davantage de chances d’obtenir une aide à la SCPP. Avant de faire cette conclusion, il convient de considérer que 75% de la somme affectée à la SCPP est préemptée par les majors (droit de tirage). Cette petite précision permet de rétablir les sommes réellement affectées aux aides sélectives comme suit :

 

SCPP = 3 409 533 €

SPPF = 4 546 044 €

 

Vous pensez sans doute que Salamandre s’est précipité à la SPPF ? Pas encore ; j’ai voulu mener l’enquête plus loin et savoir comment ces sommes étaient réparties.

C’est là que la question devient intéressante.

 

Pour des raisons de cohésion, je me suis limité aux aides allouées au répertoire classique (pourcentage d’environ 2.5% des aides totales !) j’ai constaté que le budget entier de la SPPF était partagé entre 3 labels :

 

Harmonia Mundi

Naïve

Outhere…

 

Seul un tout petit label a réussi à obtenir 1 800 € !

Cela ne s’appelle pas un droit de tirage mais je trouve que ça y ressemble fortement non ?

 

Du côté de la SCPP, après déduction du droit de tirage, il reste une somme à peu près équivalente à celle que la SPPF consacre aux aides au cd classique mais elle est répartie entre 13 petits labels…

On voit donc que malgré une politique de droit de tirage tout à fait illégale (dixit Silvy Castel) les petits labels classiques ont (en tout cas à la lecture des rapports annuels 2010 et 2011) selon moi davantage de chances à la SCPP.

Le rapport annuel 2012 ne devrait pas tarder à être en ligne et il est public ; si d’aventure les calculs et les statistiques vous tentent !

 

Voilà, vous l’avez compris, j’ai rempli mon dossier pour la SCPP. Peut-être qu’un jour Salamandre aura un droit de tirage ? !

 

Image

papier mon vieux papier : réponse à Mobydick

Moi j’aime toujours le papier : papier bible, papier ivoire, papier japon, papier buvard, papier de soie, papier peint, il ne cesse de m’enchanter et je ne suis pas prêt du tout à passer à la tablette…
Oui comme toi Moby Dick, j’ai connu une période d’envahissement par les livres, les partitions surtout et quand je rentrais un nouveau livre dans mon studio, il fallait que j’en sorte un autre ! L’alternative a été trouvée il y a quelques années par l’achat d’une maison de campagne : c’est un peu plus onéreux que la tablette mais elle n’existait pas encore à l’époque.
Aujourd’hui la maison de campagne affiche complet avec les nouveaux livres que j’ai pu m’offrir depuis… mais j’ai affiné ma méthode d’approche pour le papier et je m’en vais te l’expliquer.
Pendant des années, j’ai acheté des tonnes de partitions ; par goût mais aussi par obligation. Je ne supportais pas l’idée de devoir courir tout Paris pour trouver une feuille de musique. Donc j’en ai accumulé quelques mètres, dont une partie commence à être piquée par l’humidité dans ma verte campagne.
Maintenant, je n’en achète que très exceptionnellement car j’ai découvert IMSLP : International Music Score Library Project. Je suppose que tu connais ce site de téléchargement de partitions qui sont dans le domaine public ? Il est basé au Canada où les droits sont de 50 ans seulement (monde en gros 70 ans et France, exception culturelle oblige, 70 plus les années de guerre = 84 ans). Donc grâce au canadiens, des milliers de musiciens peuvent accéder à des millions de partitions toutes plus introuvables les unes que les autres :

http://imslp.org/wiki/Main_Page

Pourtant, même si je ne joue plus guère de musique, je n’aime pas beaucoup lire des photocopies ; je préfère ce qui est broché, relié, imprimé… et j’aime tourner les pages sur un piano plutôt que les glisser !

Mais j’ai adoré la vidéo de l’Orchestre Philarmonique de Bruxelles ; c’est à n’en pas douter l’avenir et la disparition d’un métier ; reste à savoir si les musiciens trouveront commode de jouer pendant des années en lisant une tablette… Je ne doute pas que les fabricants trouveront les bonnes solutions…

Quant aux livres, il y a belle lurette que je fréquente les bibliothèques ! Je sais, beaucoup de lecteurs préfèrent posséder leurs livres ; moi pas : je suis un consommateur assidu des bibliothèques de la ville de Paris où l’on trouve des tonnes de choses, particulièrement avec le système de la réserve centrale qui t’apporte tes livres dans ton arrondissement de résidence :

http://b14-sigbermes.apps.paris.fr/medias/medias.aspx?INSTANCE=EXPLOITATION

Cependant, je ne résiste pas au plaisir d’en acheter encore de temps à autres. Mais je n’ai pas le désir d’auteurs que j’aime, plutôt de beaux livres, souvent illustrés. Donc j’ai mis au point une petite règle : je n’achète que les livres rares qui me plaisent et dont je ne trouve aucun exemplaire dans les bibliothèques d’arrondissement, voire à la BN…
Comme tu le vois, j’ai réglé drastiquement la question et j’ai été un grand consommateur d’achats en ligne sur ebay, puis Price minister et récemment j’ai trouvé un site qui rassemble tout ce beau monde :

http://www.maxichoice.com/

Rien de tel que de taper la perle rare sur ce moteur pour voir si elle sort ; s’il n’y rien dans le chapeau, il y a fort à parier que le bouquin soit cher lorsque tu le trouveras !

Donc la tablette pour lire : non, non, non ! Que veux-tu, j’ai tourné tellement de pages dans ma vie que je ne m’en lasse pas !

April 8, 2013 at 5:46 pm

alex beaupain : la star du jour…

Jeudi 18 avril. Huit heures du matin, je me réveille comme depuis des années avec les informations de France Musique. Elles sont brèves et vont à l’essentiel.

À 8h10 arrive le héros du jour : Alex Beaupain. Depuis des années, France Musique cherche à élargir son auditoire ; l’antenne flirte donc de plus en plus avec les musiques actuelles mais sans réels résultats.

Le bonhomme a sorti un nouvel album : « Après moi le déluge ».

Après quelques échanges que je ne capte pas dans mon demi sommeil, on envoie un titre intitulé « Je suis un souvenir ». Elle me donne envie d’éteindre la radio et la tranche matinale fait donc son travail : elle me réveille !

La composition commence par un accord de 7e sur mi et les 2 accords suivants glissent sur cette unique couleur harmonique usée jusqu’à la corde.

Une rythmique de base s’installe dès le 2e accord : petit ronron bien carré de cymbale avec ajout d’une formule simple sur 1er et 3e temps (sans doute avec un synthétiseur) pour conduire au bout de 45’ à l’ajout d’un contretemps grossier à la caisse claire (un bon coup de syncope à chaque temps : de quoi faire mourir des oreilles saines en 10 secondes) et cela va durer 2 minutes pleines.

Après ce traitement de choc, on s’aventure vers une autre couleur harmonique (la mineur) dans laquelle on ne reste pas : on l’effleure donc pour retrouver la couleur de départ comme si ce bref voyage risquait de déboussoler les oreilles adolescentes pour qui la chanson semble faite (ou tout simplement dépasse les moyens du « chanteur »…).

La rythmique n’a pas évolué d’un iota et à 1’50’’, le début de la chanson fait un retour en gloire au piano seul. Bis repetita : un nouveau départ pour le vieux moteur, jusqu’à ce qu’à 2’20’’ un contrechant sans originalité joué au synthétiseur vienne ponctuer le discours : il ne présente aucun intérêt car il ne fait que passer de la tonique à la dominante (mi, ré, do, si) créant un retard harmonique à chaque carrure (ça date du XVIIe siècle avec l’invention instrumental en sus). À partir de la troisième minute, la composition s’envole vers des sommets d’originalité avec un contrepoint un peu plus élaboré (qui fait couler des torrents de larmes à la petite fille de la vidéo : non je n’ai pas fait l’analyse dans mon lit) :

À 4’, la chanson est enfin terminée.

Mais non, ça recommence avec des relents de synthétiseurs qui se dégonfle, puis la même batterie s’ajoute (on en peut plus), agrémentée de quelques sons électroniques. Les paroles répètent inlassablement le titre : « Je suis un souvenir », puis tout s’évapore dans un accord d’orgue et des violons qui couinent.

Le tout a duré la bagatelle de 6’29’’…

Alors peut-être que la richesse se trouve dans les paroles ?

Voyons :

Je suis ma mère qui dit

Et mon père qui se tait

Je suis ce qui grandit

Trop vite et puis après

Je suis celui d’avant

Qu’on regrette je ne suis

Déjà plus un enfant

Un berceau puis un lit

Passé le temps des couches

Ces heures que rien n’arrête

Un pouce dans la bouche

Bientôt une cigarette

Je suis ma sœur qui pleure

Parce qu’à douze ans je dis

Que je voudrais qu’elle meure

Je suis mes saloperies

Je suis des autoroutes

Qui sillonnent la France

En octobre et an août

En automne en vacances

Je suis la mer immense

Les forces de l’esprit

Je suis des gens qui dansent

Aux 20 ans d’un ami

Je suis tous ceux que j’aime

Longtemps et plus du tout

Je  suis resté le même

Pourquoi pas eux du coup

Je suis combien de croix

Je suis combien de tombes

Avant que je ne ploie

Je suis la neige qui tombe

Le bruit de mes chaussures

Dans le blanc de décembre

Et mes éclaboussures

Dans le noir de mes jambes

Je suis un corps qui tremble

Sous tes caresses je suis

Pas grand chose il me semble

Que je suis aujourd’hui

Hier et puis demain

Je suis la vie qui passe

Déjà je suis un train

Et des photos de classe

Je suis un dernier souffle

Je suis un premier cri

Un vieil homme aux pantoufles

Un bébé en body

Je suis tout résumé

Le meilleur et le pire

Quand tout est consumé

Je suis un souvenir

À moins que vous ne trouviez là le Verlaine du XXIe siècle, pour moi, cela se passe de commentaires. D’autant plus que j’ai passé un bon quart d’heure à recopier ce texte bidon alors qu’il suffit d’aller sur :

http://www.paroles2chansons.com/paroles-alex-beaupain/paroles-je-suis-un-souvenir.html

C’est bien fait pour moi : je n’ai pas encore tous les réflexes…

Alors l’originalité se trouve sans doute dans la ligne mélodique ? Las, elle est formée de 4 notes qui pour ajouter à l’originalité suivent l’harmonie à  la lettre et sont —  à la mode d’aujourd’hui — susurrées dans le micro par un chanteur sans voix qui parle plus qu’il ne chante : l’Artiste.

J’apprends avec consternation qu’il est le chanteur préféré de notre actuel président de la république. Plus rien ne m’étonne, et certainement pas les goûts musicaux des hommes politiques : depuis De Gaulle, ils sont tous sourds. Le public est sourd aussi, et les critiques, et les journalistes : la nouvelle star fait la couverture de Télérama…

Pour moi, j’en ai un peu ras le bol qu’on encense du vide, ou pour utiliser une formule plus crue d’un de nos grands hommes : « il faudrait qu’on arrête d’encenser de la merde » (Gérard Depardieu). Pourtant il ne s’est pas privé d’en faire…

Alors je retourne à mes valeurs sûres. Il y a plus de musique dans 5’ secondes de Chopin que dans cette logorrhée incolore et inepte. Lorsqu’on demande aux musiciens de s’exprimer sur ces productions, ils sont de plus en plus effrayés par le politiquement correct. On ne peut pas dire que ça ne vaut rien : on va être ringardisés ; ils sont donc souvent insincères.

Oui, je sais c’est le grand divorce entre la musique classique et les musiques populaires. Les musiciens de conservatoire regardent de haut les musiciens de rock, de variété, de tout le reste… Eh bien oui ! J’entends divorcer de ce genre d’âneries et la mondialisation du goût dictée par les radios ou le ministère de la culture me donne la nausée ou plutôt m’indiffère.

Avant tout, j’aime la musique d’art et les musiques du monde authentiques. Le jazz et la chanson peuvent m’interpeller mais certainement pas toute cette bauge plus proche de la lessive que de l’art. Je ne vais tout de même pas m’obliger à me nourrir au Mc Donald pour être dans le vent !…  S’il m’arrive d’y mettre les pieds, à la différence de ceux qui ne connaissent que ça, je sais à quel prix j’y consommerai ce dont j’ai besoin : une omelette sans les œufs mais bien baveuse et en matière d’art, je n’ai nul besoin de ce genre d’articles !

 

9 mai 2013

Fessebouc

Non, je n’étais pas familier de facebook et quelques préventions m’empêchaient de m’y rendre, de surfer sur le site, de regarder si certaines de mes connaissances s’y trouvaient, bref de m’y intéresser. Je crois d’ailleurs que les quelques notifications que je recevais de temps à autres, épisodiquement, au fil du temps, m’agaçaient davantage qu’elles ne me donnaient envie de faire connaissance. Que me voulaient ces gens qui me demandaient ma date d’anniversaire ou qui cherchaient à me joindre alors que je ne les connaissais pas ? J’avais répondu « accepter » aux quelques noms familiers et j’en restai là jusqu’à ce que je m’inscrive en master…

Au début, rien de particulier n’advint. Je remarquai simplement un flux légèrement plus soutenu de notifications jusqu’à une accélération spectaculaire qui survint subitement aux alentours du mois de novembre. En une semaine j’étais envahi de demandes, de suggestions, de propositions émanant de mes chères camarades de master. Je dis chères, car les garçons n’étaient pas encore au complet à ce moment et c’est donc ces dames qui s’agitaient sur les réseaux sociaux ! Je finis pas leur dire que ça ne pouvait pas durer que j’allais mettre tout ce monde en indésirable et en rester là ; bref je fis le prof !

C’était sans compter sur la bonne humeur de l’équipe… En quelques mots d’explication, mes chères camarades me dessillèrent les paupières : je n’avais qu’à rentrer dans le système et ôter les envois de notification. Pour être honnête, je ne cherchai pas longtemps, comptant sur l’efficacité de la petite équipe. Ce fut Ada qui de son ordinateur et en deux tours de clics me soulagea de cette rivière de bonnes nouvelles !

J’en fus réjoui instantanément, à un point tel d’ailleurs que j’oubliai complètement l’existence de l’engin.

Il se rappela à mon bon souvenir par une conférence de Virginie Berger. En une soirée brumeuse et pluvieuse d’un mercredi de décembre, je compris que l’avenir — le mien ? le vôtre ? le nôtre ? — ou plus certainement notre avenir professionnel se jouait sur youtube, twitter, facebook… Las, les vacances me délivraient momentanément de toutes ces corvées.

C’est en février que sur un coup de tête que je ne m’explique pas j’entrais subitement en communication avec l’engin. Je décidais de me mesurer à lui pour voir ce qu’il avait dans le ventre.
Timidement, je me lançais dans les demandes d’amitié. En quelques jours, je réunissais une brochette de musiciens autour de ma boîte. Comment aussi vite ? Aussi facilement ? Aussi simplement ? J’étais subjugué par l’amitié que Placido Domingo voulait bien m’accorder et je ne voyais guère du reste ce qu’il faisait là au milieu de grands absents et de présences singulières…

Je m’interrogeais d’ailleurs — et je n’ai pas obtenu de réponse à ce jour : pourquoi une star de cette envergure répond à d’obscures inconnus pour faire le buzzzzz en 10 jours, obtenant

5 000 amitiés, bloquant ainsi le système à son maximum ? Usurpation d’identité ? Secrétariat zélé ? Un de ses enfants expliquant à papa à quoi ressemble sa popularité ?

Je n’ai pas eu d’explication à ce jour. Je me suis d’ailleurs très vite à mon tour lassé du jeu : après être grimpé à 350 « amitiés », je me suis interrogé sur le rapport qualité-temps que je pouvais trouver à la chose. Et… récemment, sur le moyen de contourner ce qui ressemble à une impossibilité du système : comment inviter en même temps tous mes contacts à un évènement ?

Je ne me vois pas cocher un à un les 370 contacts et rien apparemment n’offre cette possibilité.

Je ne suis pas le seul à désirer cette option : une interrogation sur google montre la possibilité d’entrer des adresses url… toutes plus inopérantes les unes que les autres :

http://www.commentcamarche.net/forum/affich-16108135-facebook-inviter-tous-ses-amis-en-meme-temps

L’absence de cette option n’est sans doute pas un hasard : facebook veut sans doute épargner aux participants d’être noyés quotidiennement sous le flot d’évènements qui ne manqueraient pas de se multiplier.

Et vous, avez-vous une solution ?