Et si on changeait les codes ?

Je ne sais pas comment vous avez vécu cette 32ème fête de la musique, mais mon expérience cette année était tout à fait enthousiasmante. Habituellement j’ai tendance à fuir cette manifestation, pour éviter d’entendre les basses assourdissante et les sirènes hurlantes de police…

Qu’auriez vous pensé de cette soirée : l’Orchestre de Paris, un chef, de très nombreux spectateurs assis par terre, à même le sol, de tous horizons et tous âges, plutôt jeunes, certainement un peu différents des habitués de la salle Pleyel…(cela nous rappellera certains Lunch Konzert à Berlin), on enlève même ses chaussures pour se sentir plus à l’aise…et quelle surprise : les musiciens ne sont même pas arrivés à leurs sièges que la foule ce soir, sous la pyramide du Louvre se lève, applaudit et ovationne…c’est tout simplement électrique !

L’arrivée du premier violon suscite encore plus l’enthousiasme, et le public sans retenue, réserve encore plus de chaleur au chef Pavo Järvi qui fait son entrée.

Que rêver de mieux, pour tout musicien, quel qu’il soit, de n’importe quelle esthétique, qu’un tel contact s’établisse avant même le début du concert avec son public ?

La première symphonie de Malher ne peut que résonner merveilleusement, surtout quand on saisit la joie de certains musiciens sur leurs visages…

Hier soir en me promenant sur les nouvelles Berges de Seine aménagées aux promeneurs, voici ce que j’ai vu :

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Excellente initiative ! Au bord de l’eau grand écran et chaises, par une belle soirée d’été  pour profiter de cette retransmission en direct de l’Opéra de Lyon. Les spectateurs promeneurs attendaient déjà  45 mn avant le début de la manifestation.

C’est une question d’actualité : élargir les publics, en conquérir de nouveaux, pour cette musique classique savante à qui on reproche trop souvent de n’être réservée qu’à un nombre restreint de personnes…et si simplement il suffisait de changer les codes, avec de nouvelles façons d’écouter et de regarder, les barrières ne s’ouvriraient elles pas d’elles mêmes ?

Comment les orchestres vivent-ils l’ère numérique ?

Comment ne pas être tenté, en tant que spectateurs par une  offre de plus en plus importante de vidéos disponibles sur Internet ? Sur Youtube circule un grand nombre de concerts intégraux de grands orchestres. Ces vidéos, totalement gratuites permettent au public de revoir ou découvrir certaines œuvres, très facilement, c’est certain. Mais, en termes de restitution ce ne sont pas des conditions optimales de son et d’images…. Medici TV, offre quant à elle un service de vidéo à la demande : le spectateur achète, ou bien moyennement abonnement, a accès à un grand nombre de concerts et documentaires, bref un service de streaming de la vidéo classique…Il est vrai qu’aujourd’hui on écoute beaucoup avec ses yeux, et qu’une version filmée donne un meilleur accès visuel, mais tout de même, cela est-il vraiment l’essence même du concert ?

La question est de savoir si le public va finir par préférer écouter – enfin regarder un concert à domicile, sur son écran d’ordinateur, de télévision, ou bien de téléphone.

Toujours est-il qu’au hasard de mes recherches,  j’ai parcouru un certain nombre de sites web d’orchestres, et ceux-ci, bien loin de craindre l’outil numérique n’hésitent  pas à s’en servir. Il ne s’agit pas d’un service de mise à disposition gratuite d’intégrales de concerts,  mais d’extraits bien sélectionnés, de petits documentaires : ici le concert d’ouverture d’un nouvel auditorium, là le concert jeune public, la répétition générale, le reportage de la télévision régionale…mettant tous en valeur le travail de l’orchestre, le directeur artistique, la qualité des concerts…Bref le numérique et la vidéo sont un outil de communication, de promotion. Ces documents vidéos sont présents, soit sur les sites des orchestres, soit directement sur leur chaîne Youtube qui devient alors un véritable outil de communication et de promotion, une vitrine numérique en quelque sorte.

Les Berliner Philarmoniker ont eu l’idée la plus originale : ils proposent en ligne un service de vidéos de leurs concerts à la demande, en live ou bien en archives. C’est le «Digital Concert Hall ».

Quand on sait que 64 % de la musique du net passe par Youtube, certains peuvent croire à un danger potentiel pour le spectacle vivant, je pense que rien ne remplacera l’expérience sonore et émotionnelle du concert.

Voici pour conclure une petite citation de Charles Munch qui illustre l’atmosphère qui précède le début du concert quand le chef s’apprête à donner l’attaque « …l’air est survolté. On sent qu’il va se produire un phénomène exceptionnel… »

La grue musicale à la Philharmonie de Paris

Le chantier de la Philharmonie de Paris avance !

Chantier de la Philharmonie de Paris, mars 2013

(source : http://www.philharmoniedeparis.com/fr/carnet-de-photos)

Peut-être n’êtes vous pas encore un fidèle fan de la philharmonie, mais régulièrement des photos et nouvelles sont postées sur le site dédié  http://www.philharmoniedeparis.com et sur sa page Facebook   https://www.facebook.com/PhilharmoniedeParis

Vous pourrez même trouver sur le site un intéressant « carnet de sons ». Ceux-ci collectés sur le chantier, ont permis à des étudiants du CNSMDP, du CRR de Paris et à des compagnons participant au chantier, d’écrire des compositions musicales originales.

Le chantier lui-même est musicalement actif. Récemment, vient d’avoir lieu une expérience unique : la grue musicale, inspirée du sound painting….et des mouvements de commande du grutier :

Photo : http://www.philharmoniedeparis.com/fr/grue-musicale<br /><br /><br /><br /><br />
Les compagnons du chantier exécutent des gestes précis dans leurs différentes tâches. Mais ces gestes propres à leurs métiers ne sont pas les seuls. Ils en ont aussi d’autres à leur disposition, destinés à la communication avec les grutiers. Certes aujourd’hui les consignes sont souvent données vocalement par un système de communication de type walki-talki. Mais encore maintenant et quotidiennement, ils utilisent un langage de communication non verbal, permettant d’indiquer si la charge doit être déplacée de haut en bas, à gauche, à droite, latéralement, etc. Ces gestes ressemblent à ceux du soundpainting.<br /><br /><br /><br /><br />
L’idée de faire travailler le groupe de musiciens amateur du conservatoire de Noisy le Sec est donc venue très naturellement. Dans le soundpainting, il existe une grande variété de gestes de direction, qui permettent de donner des indications précises aux musiciens improvisateurs, tout en leur laissant une grande part de liberté. Ils permettent de déterminer qui, quoi, comment et quand à un groupe de musiciens.<br /><br /><br /><br /><br />
Ils ont cherché quels étaient les principaux déplacements de la grue, associés aux gestes de commandement. Puis, après avoir dégagé les possibles, ils ont préparé des motifs musicaux adaptés à ces mouvements au conservatoire : montée, descente, déplacement horizontal, latéral, arrêt, rotation, pour l’essentiel.<br /><br /><br /><br /><br />
Enfin, sur le chantier, ils ont joué, dirigés par leur professeur, Véronique Haudebourg. Le grutier pouvait donc suivre les gestes de direction et déplacer la charge de la grue en fonction des consignes. Et ces mêmes gestes ont été interprétés par le groupe de saxophonistes et trompettistes.<br /><br /><br /><br /><br />
La réalité sonore du chantier se mélange à la musique et la complète.

http://www.philharmoniedeparis.com/fr/grue-musicale

Alors, si vous n’êtes pas encore fans de la philharmonie, n’hésitez plus !

Vidéo

Papier, mon beau papier – suite

Je vous parlais dans mon dernier article des bienfaits des tablettes numériques, notamment en matière de lecture de partitions. J’avais toutefois émis quelques réserves en évoquant les limites potentielles de l’objet…
J’ai hésité à vous faire partager cette amusante publicité qui rejoint tout à fait la question, puis finalement je me suis dit que cela restait une bonne illustration. Même si nous sortons du cadre de la musique, le sujet reste le même. Jusqu’où la tablette peut aller dans le remplacement du papier ?
Alors je vous laisse regarder ce spot publicitaire, qui j’espère vous fera rire et réfléchir sur le sujet avec humour…
Car finalement, nous aurons toujours besoin de papier à un moment ou à un autre !

Vidéo

Papier, mon beau papier !

Je m’interroge tous les jours sur la façon dont je vais bien pouvoir gérer tous ces livres et ces partitions qui envahissent mon appartement et qui débordent maintenant des étagères… je ne parle même pas de la poussière !
Enfin j’y tiens tout de même à tous ces mots et ces notes sagement rangés qui n’attendent que de s’animer à nouveau dans les mains, les yeux et l’esprit de ceux qui voudront bien s’y intéresser…
Bien loin cependant de vouloir me séparer de mes chers papiers je viens tout de même de franchir un grand cap. Et oui, moi aussi comme mon ami Falparsi j’ai compris depuis peu que notre avenir allait se jouer sur les réseaux et autres youtube…mais aussi que le numérique était en train de me rattraper plus vite que je ne pensais…
Alors voilà, oui, j’ai cédé, oui j’ai cédé ! Fini l’encombrement, fini la poussière, et vive LA TABLETTE !
Elle peut tout faire, ou presque. J’ai acquis récemment une « liseuse ». C’est presque de la magie; je peux partir en vacances avec un nombre inouï de livres, je n’ai plus besoin de lampe de chevet pour lire, et bien évidemment pas de problème de stockage. Je ne vous parle même pas de tous les ouvrages du domaine public que j’ai pu télécharger, y compris des ouvrages rares et difficiles à trouver en édition papier.
Je peux même du bout du doigt avoir accès à la définition d’un mot, car bien sur il y a un dictionnaire en ligne. Bien pratique pour lire en anglais par exemple.
J’en ai tellement de ces livres virtuels que je ne sais plus par où commencer…
Bref grisée par ma découverte, je me suis penchée sur LA PARTITION SUR TABLETTE !

Une application existe, je vous laisse la découvrir le site http://www.muzibook.fr/ . Elle permet d’acheter des partitions au bon format et de transférer les siennes sur la tablette, et la tourne se fait par une commande au pied. La tourne des pages se fait à l’aide d’une pédale sans fil.

Fini la partition mal éclairée
Fini la feuille envolée
Et la pince à linge sous le soleil d’été
Fini la tourne ratée
Fini la valise ou l’étui bourrés
Fini le gaspillage de papier…

Le Brussels Philarmonic en a fait l’essai et se lance dans l’expérience. Je vous laisse découvrir :

Mais que faire contre la panne de batterie?La fabrication d’une tablette est-elle écologique  ?

Elle tombe, elle casse…c’est un peu « La laitière et le pot au lait »….

Alors que va-t-il se passer ? La partition va-t-elle s’engouffrer dans ce nouveau monde ?