Neil Young et son nouveau service de téléchargement en très haute qualité : Pono

La musique « ultra-haute résolution » pour le grand public est arrivé : la PonoMusic et le PonoPlayer, mais à quel prix ?

PONOL’idée avait germé depuis un certain temps, elle prend désormais forme : Neil Young lance son service de téléchargement de musique et son lecteur sous le nom de Pono. Fervent défenseur de la qualité sonore, ennemi du CD et de la compression des données au format MP3, Neil Young avec Pono a pour vocation de se rapprocher de la qualité originelle du fichier numérique, comme en studio. Les formats de haute résolution proposés ont une qualité sonore quasiment irréprochable :  la moindre qualité disponible possède 6 fois plus d’informations qu’un mp3 moyen et en ultra-haute résolution, 30 fois plus de données.

Pono fait un carton (malgré son format triangulaire peu pratique) : sa campagne de crowdfunding est la troisième plus fructueuse de Kickstarter, avec 6,2 millions de dollars soit 4,5 millions d’euros. Neil Young avait déjà pu récolter en 2012 près de 500 000 dollars auprès d’investisseurs inconnus : la société Ivanhoe ainsi créée s’est associée à l’entreprise haut de gamme audio Ayre pour mettre au point le baladeur. L’idée de crowdfunding aura juste eu le mérite de faire connaître le concept à un relatif large public ainsi que d’étendre la cible des investisseurs potentiels. Reste à savoir si la qualité du son peut devenir un réel enjeu commercial.

Les dernières années ont été marquées par la course à l’accessibilité et de la transportabilité de la musique. Aujourd’hui, la question de la qualité sonore pourrait devenir le fer de lance pour l’industrie musicale, comme en témoigne le succès des casques fermés, des systèmes de sonorisation et du grand retour du vinyle. Pono et son service de téléchargement en ligne pourrait donc bien se faire une place dans cette jungle numérique. Il possède même ses facilités : le Galaxy SIII de Samsung peut lire les fichiers HD (mais pas l’iPhone Apple) pas aussi bien que le lecteur Pono lui-même, évidemment.

Appréciez par vous-même les louanges de Pono chantés sur la vidéo de présentation par la crème des musiciens Pop Rock : Arcade Fire, Jack White, Sting, Bruce Springsteen, Patti Smith…

L’ultime interrogation est de savoir si l’album téléchargé sur PonoMusic entre 15 et 25$ ainsi que le PonoPlayer à 400$ remporteront un tel succès dans le budget des amateurs, moins fortunés, de musique.

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Le succès des industries musicales françaises à l’étranger ?

Bilan 2013

La culture et plus précisément la musique, revêtent une dimension économique en faveur de la croissance et du développement.  La musique représente un nombre d’emplois importants sur les territoires français (240 874 en 2013), souvent non délocalisables, contrairement à de nombreux autres types d’emplois industriels. La création musicale elle-même est porteuse de croissance par le développement à l’export mais également le savoir faire français en matière de fabrication d’instruments de musique. Buffet Crampon, fabriquant d’instruments à vents réalise par exemple 94% de ses ventes hors de France.

Les succès des artistes français sont au rendez-vous, comme en témoigne le titre des Daft Punk, « Get Lucky » numéro un dans les charts dès l’été 2013, l’album Random Access Memories au 5ème rang mondial avec 3,2 millions de ventes mondiales. Nombre d’artistes français construisent une carrière à l’étranger, notamment David Guetta, Zaz, Justice, Air, Phoenix, Gotan Project, Bruno Coulais, Alexandre Desplat. Cette ouverture à l’international est également le fruit d’un investissement et d’un long travail de collaboration entre différents partenaires (cf l’Institut français, le Bureau Export, le CNV et bien d’autres structures) qui travaillent au placement et à la mise en réseau des artistes français à l’étranger.

Les chiffres

L’industrie musicale française compte dans ses rangs, la première entreprise de production et d’édition musicale au monde, Universal Music Group, et l’un des leaders mondiaux de l’écoute de musique en streaming, Deezer. Le répertoire français est le second répertoire musical le plus diffusé au monde après le répertoire anglo-américain.

2013 fut une très bonne année pour la chanson française. La production francophone a représenté 70% du chiffre d’affaire des ventes variétés des producteurs phonographiques.

En matière d’export, Zaz arrive en tête avec son deuxième album Recto Verso (Sony Music France), sorti en mai 2013. Cet album est certifié Triple platine à l’export, avec près de 350 000 exemplaires écoulés. En haut du classement, on trouve également C2C avec son single Down the road, multi diffusé et multi synchronisé certifié Diamant à l’export mais également Phoenix et Stromae.

Les autres succès français à l’international de 2013 : Lou Doillon, Carla Bruni, Alex Hepburn ou encore Woodkid, Kavinsky, Major Lazer, Sexion d’assaut, Ballaké Sissoko, Christine Salem et Ibrahim Maalouf, David Guetta avec 6 singles dans les meilleures ventes à l’export.

2012 et l’export ?

Selon une enquête du Midem, en 2012, le chiffre d’affaire des producteurs phonographiques français à l’export s’éleve à 55 millions d’euros contre 55,2 millions en 2011 : 53% du chiffre d’affaire se fait sur les vente physiques et provient à 60% d’Europe. On constate une continuation de la baisse des ventes physiques : 70% en 2010, 65% en 2011. En tout, 3 millions d’euros de revenus sont liés à la synchronisation.

Le chiffre d’affaire à l’export pour 2012 s’élève à 27 millions d’euros, à 70% localisé en Europe. Le nombre de déclarants de l’enquête du Midem a baissé de 84 à 80 entre 2011 et 2012 mais le chiffre d’affaire global poursuit sa progression (21 millions en 2011).

La Sacem a perçu à l’export 82 millions d’euros de droits d’auteur et les perceptions directes des éditeurs français sont estimées à 39 millions d’euros

Pour les producteurs de spectacles de musique, le chiffre d’affaires à l’export en 2011 atteignait les 21 millions d’euros dont 80% provenait d’Europe. Ce chiffre est surtout généré par les contrats de cession, à 96%. Entre 2010 et 2011, il y a eu 1477 dates à l’export de 221 artistes dans le cadre des projets soutenus. La répartition des dates est la suivante: 71% de tournées (78% des recettes producteur), 18% de festivals (22% des recettes producteur), 6% de premières parties et 5% de showcases.

Les droits d’auteur perçus par la Sacem à l’export en 2011 s’élèvent à 80,2 millions d’euros (soit une augmentation de 8,3% par rapport à 2010), et les perceptions directes des éditeurs français à l’export sont stables, à 13 millions d’euros.

Les esthétiques majoritairement représentées à l’export sont comparables à celles en France : la chanson et pop rock. En terme de nombre de dates, les terres d’accueil les plus favorables sont l’Allemagne, la Suisse, les États-Unis. Un tiers des dates en tournée se déroulent dans les capitales des pays visités.

Le contexte budgétaire difficile et la baisse de financement du ministère des Affaires étrangères complique mais ne semble pas remettre en cause l’export de l’industrie musicale française à l’étranger.

The Great Escape Festival

La ville de Brighton au Royaume-Uni accueille chaque année The Great Escape Festival, événement de référence en matière de musiques actuelles. L’édition 2014, du 8 au 10 mai, fut encore un succès.

Fondé en 2006 par MAMA & Company, une agence d’événementiel britannique, The Great Escape Festival a lieu chaque année dans la ville de Brighton and Hove. Pendant trois jours en mai, le festival propose des découvertes musiques actuelles qui recouvrent une diversité de styles musicaux : du rock, rock alternatif, punk rock, hard rock, de la dance, techno, électro, de l’acoustique et du Hip Hop. L’événement rassemble 300 groupes sur 30 scènes dispersées dans la ville.

Le festival est également l’occasion de réunir plus de 3000 professionnels de l’industrie musicale. De 2011 à 2014, des conférences ont été programmées par CMU, Complete Music Update, le plus grand informateur sur le marché de la musique britannique qui balaye tous les genres musicaux et les thèmes de l’industrie, des médias et des artistes qu’ils soient en développement ou professionnels. Cette année encore, de nombreuses personnalités ont été conviées pour animer les conférences, des intervenants tels que Michael Eavis (fondateur du Festival de Glastonbury), DJ Shadow (musicien, producteur, et DJ emblématique), Paul Epworth (producteur, musicien et auteur-compositeur) et des représentants d’entreprises comme Beggars Group, Ticketmaster, pRS for Music, Universal Music Group, Topspin. En marge du festival principal, se tient également le festival off « Alternative Escape ».

Grâce au partenariat Great Escape/ Bureau Export et au soutien de l’Institut français, une douzaine d’artistes français s’y sont produit. Entre autres : Cats on Trees, Cléo T, Le Vasco, Louis Aguilar and the Crocodile Tears, Orval Carlos Sibelius, Tristesse Contemporaine, As Animals mais également des artistes européens et du monde entier tels que Amatorski, BRNS (Belgique), Benjamin Clementine, Jon Hopkins (Royaume Uni), Soraia drummond (Brézil), Samaris (Islande), Thomas Azier (Pays-Bas).

Un aperçu de l’édition 2014