Le retour de la pomme : iTunes Radio

Les informations se précisent quant à la mise en place aux États-Unis à l’automne de l’iTunes Radio par Apple dans le cadre de la mise à jour d’iOS.

Proposant un service de radio personnalisée, iTunes Radio s’apparenterait à la plateforme US inédite en France, Pandora.

Itunes radio

 

(Source : Apple)

Gratuit et financé par la publicité, iTunes Radio sera accessible dans une version « Premium » pour les personnes abonnées au service iTunes Match qui propose pour la modique somme de 24,99$ un service de stockage de musique en ligne.

La mise en place de ce chainon manquant dans la suprématie d’Apple dans le domaine de la musique numérique montre à quel point le modèle d’une écoute gratuite, financée par la publicité, par le biais d’une plateforme se développe de plus en plus et fait de l’ombre au téléchargement à l’acte. (Pour exemple, nous avons vu précédemment que 64% des jeunes au États-Unis privilégient l’écoute musicale via YouTube et les revenus du streaming ont augmenté de 44% en 2012).

Il y a quelques jours, l’analyste Richard Greenfield du BTIGResearch a posté sur YouTube une démo de l’utilisation d’iTunes Radio (notamment grâce à la commande vocale SIRI).

(Source : My Band Market)

Toujours à l’affût des nouveautés dans la consommation des auditeurs, iTunes rattrape son retard par rapport à la mise en place, le 15 mai dernier, du service de streaming pour les smartphones et tablettes par Google : Google Play All Music Access.

Les deux géants d’internet se donnent donc du coude pour savoir lequel de leurs deux modèles sera le plus attractif et novateur pour rameuter un maximum de public (et potentiels acheteurs), cependant, est-ce que cette bataille autour du prétexte musical va servir, à terme, l’industrie de la musique ?

Galette (&)co

Quid des nouveautés de ces derniers mois en matière de Vinyle et écho aux articles de mes camarades sur le sujet.

Ou comment mettre à peu près tout le monde d’accord entre les avancées technologiques numériques et la tradition de la célèbre galette noire : L’imprimante 3D.

Depuis le retour en force de la platine vinyle, nous nous étions déjà familiarisés avec la conversion des vinyles vers les fichiers MP3 à la maison, cependant le contraire n’était jusqu’alors qu’une rêverie de plus pour les fans. Ceci est maintenant chose faite.

C’est une ingénieure californienne, Amanda Ghassaei, qui a fait le buzz au tout début de l’année 2013 en créant, grâce à de multiples impressions 3D sur l’imprimante à séchage UV résine Object Connex500 – une des plus précises du marché actuel-, un vinyle home-made. Afin d’optimiser au maximum la lecture, elle a crée un programme permettant de transférer les données audio et de les appliquer automatiquement à un format de fichier 3D.

vinyle

 Le résultat est bien inférieur à la qualité d’un fichier MP3 (11 kHz – soit ¼ d’une qualité MP3 standard) mais l’expérience n’en est qu’à ses balbutiements et on peut être curieux des avancées possible grâce aux imprimantes 3D qui vont sans nul doute permettre aux petits génies qui sommeillent en nous les créations les plus inventives.

Amanda explique le procédé à Wired Magazine.

Le résultat de cette opération, avec une playlist plutôt plaisante →

Amanda a de nouveau fait parler d’elle quelques mois plus tard grâce à la reproduction de MP3 sur un autre support : le bois !

Pour ce faire, elle a développé une méthode de fabrication grâce à un cutter laser. Même si le son est toujours approximatif (et avec une qualité encore plus faible que la précédente, 4,5 kHz) mais la musique est tout à fait reconnaissable. (En tout cas avec du Radiohead c’est plutôt intéressant, non?)

 

 Un objet de curiosité en somme, pas franchement adéquat pour les mélomanes en quête d’aventures sensorielles nouvelles mais on peut tout de même saluer l’ingéniosité de cette jeune diplômée spécialisée en physique et en chimie. Et pour du Do It Yourself, la prouesse est à applaudir.

Curieuse des possibilités infinies offertes par les divers matériaux, Amanda a fait savoir qu’elle ne s’arrêterait pas là, on peut donc s’attendre à de nouvelles curiosités de sa part. Alors, quelle sera sa prochaine invention ?

Pour en savoir plus sur les travaux d’Amanda Ghassaei ->

http://www.amandaghassaei.com/index.html

Seine-Saint-Denis Style

N’en déplaise à certains qui veulent encore et toujours alimenter les clichés les plus tenaces, le 9-3 n’est pas uniquement le lieu de rencontre des dealers et des délinquants, il s’agit aussi de l’un des départements les plus florissants en terme de structures culturelles notamment des friches.

La friche culturelle, c’est-à-dire ?

La friche culturelle consiste en le réaménagement d’un espace industriel laissé vide et transformé en un lieu culturel, souvent associatif, pluridisciplinaire. Françoise Lucchini, géographe à l’université de Rouen et membre de l’équipe de chercheurs  La Friche  parle d’un paradoxe, « la friche industrielle évoque un espace vide et abandonné, tandis que la friche culturelle évoque une sorte d’entre-deux, qui porte encore les traces du passé mais mise sur un renouveau par de nouvelles activités. ». La friche a pour objectif de re-territorialiser l’espace mais aussi de mettre en avant de nouvelles formes artistiques dans un cadre atypique et libre. Cette ouverture est d’autant plus significative qu’elle met un point d’honneur à intégrer la population locale et à la faire interagir avec les artistes.

Le 93, est sans contexte l’un des lieux des plus propices à l’émergence de ce genre de structures. Territoire aux abords de la capitale et au patrimoine industriel chargé, le département est depuis 10 ans au cœur d’une opération visant à redorer son image en augmentant son attractivité. Un 9-3 plus sexy en somme.

6B

(Source : La petite couronne)

Les collectivités l’ont bien compris et à l’instar des aménagements du Grand Paris, les initiatives pour favoriser l’ouverture de structures culturelles alternatives se multiplient. Les Mains d’Oeuvres (Saint-Ouen), La Villa Mais D’ici (Aubervilliers), La Brèche (Aubervilliers), le 6B (Saint-Denis), autant de structures qui ont pour point commun d’avoir été crées dans des zones urbaines jugées difficiles, et de mettre en avant la création artistique à travers des expositions, concerts, résidences d’artistes et installations éphémères. L’atout principal de ces espaces par rapport aux structures parisiennes, et qui leur permet une plus grande liberté de manœuvre, c’est leur taille ! 4000m2 pour le 6B et Mains d’Oeuvres, 1200m2 pour La Brèche.

Originalité et convivialité sont les maitres mots de ces espaces, qui deviennent de plus en plus incontournables ou quand richesse patrimoniale et culturelle se mêlent.

Alors profitons au maximum de la plage du 6B cet été dans le cadre de la FAR (Fabrique à Rêves). Évènement dans un premier temps éphémère (tout comme les locaux qui l’abrite), la FAR propose en 2013 pour sa 4° édition des ateliers, installations et pléthores de concerts alors n’hésitez plus et courrez siroter un petit verre de rosé sur les bords de la seine (saint-d’nis of course).

Plus d’infos .

Pour en savoir plus sur les partenariats entre collectivités et friches ->

http://s220407447.onlinehome.fr/forms/images/Weka_Boutique_WO-TAF0101/MAC3_864_monter_partenariat_collectivite_friche_culturelle_WO-TAF0101.pdf

Et encore plus de friches et de lieux atypiques ->

tableau-friches

(Source : Université de Rouen)

De la musique pour les yeux

L’art visuel au service de la musique n’est pas franchement une nouveauté. On a pu en retrouver dans les spectacles monumentaux de Jean-Michel Jarre (Ahh oui les pyramides!) ou des Pink Floyd, pour ne citer que les plus célèbres. Des installations, comme on dit dans le jargon, dans lesquelles couleurs, lumières et effets graphiques se meuvent parmi la musique. Avec les avancées technologiques, c’est un art qui se développe de plus en plus, trouve de nombreux adeptes et s’intègre même dans des spécialités d’apprentissage (On ne compte plus les Masters spécialisés dans l’art visuel adapté à la musique… et vice versa).

Les créations visuelles pour l’évènementiel sont de plus en plus en vogue et les entreprises ou collectifs proposant leur services se multiplient. Ces collectifs s’associent souvent avec des artistes Electro, dont le jeu de scène, particulièrement minimaliste, est agrémenté par ces effets visuels ce qui donnent une dimension artistique grandiose, une fusion complète entre les arts, un envoutement pour le public.

J’aimerais ainsi faire un focus sur le collectif Scale. Le collectif Scale, c’est d’abord deux hommes, Vincent et Joachim, respectivement Motion Designer et Ingénieur du Son/ Graphiste qui ont décidé de développer l’intérêt qu’ils portaient à la création d’images et de rassembler leurs compétences pour des concerts, en majorité, mais qui peuvent aussi s’étendre au théâtre ou dans le cadre d’expositions.

Un art visuel regroupant des compilations d’images, jouant sur la 3D qui porte le nom poétique de VJing (Vidéo Jocking, en référence au DJing pour la musique).

Le collectif s’est notamment illustré en accompagnant le pianiste « 2.0 » Francesco Tristano en Mars 2013 à Potsdam, ou encore le DJ Agoria, pour un projet de grande envergure depuis 2012 : la tournée européenne Forms (et acclamée de toute part dans les nombreux festivals). Un projet particulièrement ambitieux composé de 600 visuels « mixés » directement sur scène, en fonction du set d’Agoria. Basé sur un concept original du DJ, à savoir revenir sur les bases de l’histoire de la musique électronique. Un show spectaculaire où la musique live est en adéquation avec le visuel, une sorte d’improvisation conjointe.

Scale a prouvé qu’ils étaient passés maitres dans le VJing grandiose lors de shows monumentaux mais ils ne sont pas en reste en ce qui concerne le graphisme plus minimaliste. C’est lors du concert du pianiste jazz Edouard Ferlet à l’occasion du festival de Jazz à Saint-Germain des Près (Poke Julie) que j’ai pu assister à l’une des performances du collectif, et pas des moindres.

ferlet

(source image : Pascal Bouclier // Jazz à Saint-Germain des Près)

Le lieu du concert, à savoir le célèbre amphithéâtre Richelieu dans la prestigieuse université de la Sorbonne, était mis à contribution et faisait parti intégrante du show. Alors qu’Édouard Ferlet se déchainait avec panache sur son piano en réinterprétant Bach version jazz (Think Bach Different), le travail visuel du collectif était concentré sur l’oeuvre pictural surplombant la scène de l’amphithéâtre, peinte en 1894 par P.A.J. Dagnan-Bouveret. Un jeu visuel de « déconstruction », mêlant un graphisme minutieux, des lasers épousant les contours de l’oeuvre et un travail sur la lumière et l’obscurité. Un travail de précision qui, complétant sans étouffer le jeu du pianiste, a laissé le public (et moi-même) conquis.

À titre de comparaison, un extrait du projet Forms d’Agoria

Et pour le plaisir, un extrait de l’un des shows les plus impressionnants en matière d’art visuel de ces dernières années par le groupe de Trip-Hop Massive Attack

(Et la musique est plutôt sympa aussi.)

Et pour quelques centimes de plus…

La vie nocturne alternative Allemande n’en finit plus d’être en émoi.

En cause ?

La GEMA, la société privée de perception des droits d’auteurs et de compositeurs équivalente à notre SACEM, qui n’en finit pas de vouloir faire passer des réformes afin de taxer au maximum les acteurs des clubs allemands.

Annoncée le 1er Avril 2013 – on aurait pu parler d’un poisson vu les polémiques récentes engendrées par les actions de la GEMA – cette réforme stipule que tout titre possédée par un DJ sera taxée à hauteur de 13 centimes par an (plus redevances supplémentaires par tranche de 500 titres). 13 centimes, vous me direz que ce n’est pas grand chose, pas cher payé pour le reversement des droits d’auteurs et bien vu dans un contexte où la rémunération équitable des artistes est pointée du doigt dans l’actualité économique de la musique. Cependant, peut-on parler d’équité lorsque c’est toute la dynamique artistique du DJing allemand qui risque d’en pâtir ?

Car ce n’est pas uniquement les tracks utilisées lors des DJ set qui seront taxées mais bien la totalité du disque dur des DJs, ce qui représente, à priori, un catalogue se comptant en milliers de tracks. Un coup dur pour, entre autres, la culture du Mash-Up (qui consiste à utiliser différents titres pour créer une track). Il est en effet difficile de faire preuve de créativité dans le domaine si on se trouve obligé de réduire au maximum son catalogue. Sachant qu’en se procurant les tracks (légalement, of course), le DJ s’acquitte des droits puis est taxé lorsqu’il joue le morceau en club, la note commence à s’allonger dangereusement. La répartition de ces nouvelles taxes sont par ailleurs remises en cause, et la crainte de voir uniquement les figures de proues de la GEMA tirer leur épingle du jeu est bien présente.

Depuis plusieurs semaines la polémique fait rage, des rassemblements de protestation ont été organisés devant le siège de la GEMA, notamment à Munich, où près de 500 DJs ont manifesté. Ce mouvement de protestation fait suite à ceux des clubs durant les derniers mois, contre une autre taxe de la GEMA, cette fois ponctionnée directement sur les établissements de la nuit. Cette réforme voyait à travers une « simplification » de la grille des taux de rémunération à la GEMA un envol des taxes (à hauteur par exemple, de +1300% pour le Watergate, selon Steffen Hack, cofondateur du célèbre club). Une réforme ayant pour répercussions la montée des prix d’entrée aux clubs risquant d’entrainer une baisse de fréquentations, une prise de risque moins grande en terme de programmation et dans le pire des cas, la fermeture pure et simple des clubs.

En marge de ces complications, la fermeture de lieux emblématiques tels que le squat « Tacheles » le 4 septembre 2013. Une formule revient systématiquement : la gentrification massive. Ainsi sonne le glas de la culture alternative de l’une des capitales les plus bouillonnante d’Europe ?…