Le Centre des arts d’Enghien les Bains : un lieu culturel dédié à la réflexion sur le numérique

Le Centre des arts d’Enghien les Bains (Cda) n’a ouvert qu’en 2004 mais il est déjà fort de nombreuses accréditations et largement reconnu pour son implication dans plusieurs domaines : les arts numériques, la musique cubaine, la danse contemporaine, pour ne citer que ceux-là.

L’activité du Cda se compose d’une saison, se déroulant au Centre de septembre à juin, faite de plusieurs résidences, plus ou moins longues, d’artistes aussi bien musiciens que danseurs ou créateurs d’arts plastiques ou visuels, et d’un festival de sept jours en juin, qui a été tantôt biennal tantôt annuel, et qui est exclusivement dédié aux arts numériques : les Bains numériques. En 2014 se célébrait sa 8e Biennale, du 14 au 20 juin. En plus de son auditorium accueillant spectacles et concerts pour 380 personnes, et de ses espaces d’exposition, il possède plusieurs lieux dédiés à la création sous toutes ses formes : un studio de danse bien sûr, mais aussi un studio numérique pourvu de toutes les technologies nécessaires à la création la plus poussée, et un studio dit « salle noire », qui permet de créer et mettre en scène des spectacles dans le noir absolu.

La transversalité permise par l’approche « arts numériques »

Aborder la culture par le biais des arts numériques permet au Cda de créer des ponts et associations entre différentes branches artistiques auparavant distinctes. C’est le cas entre la danse et la vidéo, par exemple avec le travail de la compagnie Adrien M Claire B, en résidence en 2012-13 pour leur projet encore en cours « AIR », et de retour lors du festival de 2014 avec un autre spectacle, « Hakanaï ». Le lien est aussi fait entre musique et vidéo, comme lors du spectacle « Shaman ou la cérémonie imaginaire » de Gérard Lesne également créé pour le festival de 2014 grâce à une résidence longue. Lors de ce dernier a été ressuscitée une ancienne technologie d’hologrammes, le « Pepper Ghost » inventé en 1862. Enfin, les arts visuels ne sont pas en reste, comme en témoigne la dernière exposition en date, « Capture », consacrée au thème de la musique enregistrée et sa relation à la révolution numérique, et la mêlant donc aux installations visuelles diverses. Cette implication sur le long terme dans ce domaine a valu au Centre des arts d’être accrédité par le Ministère comme 1e Scène conventionnée « Ecritures numériques », de s’impliquer dans la création du RAN (réseau arts numériques, regroupant plus de 40 acteurs) mais aussi depuis novembre 2013 de faire partie du réseau international des Villes créatives de l’Unesco en matière de création numérique avec les villes de Lyon et de Sapporo.

La diversité des genres et des publics

La saison du Centre des arts connait aussi de nombreux autres temps forts et spécialisation dans d’autres thèmes, avant tout la musique cubaine : en 2012 c’est un concert réunissant des stars de Son 14, de l’Afro Cuban All Star, de l’Opus 13 et du Buena Vista Social Club qu’a produit le Cda, tandis qu’en 2014 ce sont les Los Van Van qui sont venus jouer sur la scène flottante du Lac d’Enghien. La danse contemporaine est aussi à l’honneur, étant la matière la plus représentée dans les résidences de longue durée. Chaque saison, le Cda est ainsi source de création dans ce domaine. Le cinéma est aussi une activité très fournie, avec de nombreuses séances hebdomadaires mais aussi des conférences plusieurs fois par mois et deux festivals : Image par image, ouvert au grand public et dédié à l’animation, et Paris Fx, consacré aux professionnels sur le thème de effets spéciaux et devenu la rencontre incontournable en France. Ce dernier propose à la fois des conférences et débats, et des projections, permettant de faire avancer la rechercher mais aussi de constater sa mise en pratique.

Enfin, le Cda est l’instrument de rencontres sociales fortes : avec une politique de médiations très abondantes, il permet d’aller conquérir des publics bien au delà de la simple commune d’Enghien les Bains. Le festival Bains numériques a en effet amené jusqu’à 20 000 spectateurs. Par ailleurs, des partenariats de résidences d’artistes ou de simples visites du Centre sont organisées pour des communes abritant des publics non conquis, telles que Sarcelles, dont le spectacle de fin d’année d’une école a eu un franc succès au Cda cette année lors du festival Tintam’arts, et le travail final de la résidence de l’artiste Juliette Mézenc et d’élèves allophones scolarisés en établissements enghiennois a été exposé lors des Bains numériques, après de très vifs progrès de la plupart des élèves impliqués, tant sur le plan scolaire que du développement personnel.

Le Centre des arts s’impose donc comme un lieu culturel d’exception, tourné vers la pluridisciplinarité et les thèmes de réflexion les plus actuels afin de devenir une scène incontournable de la région Ile de France et une référence au plan national et international.

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