« Jardins Invisibles » : les nouvelles technologies au service de la création musicale

« Jardins invisibles » est une création musicale inédite : les spectateurs se déplacent dans un jardin munis de smartphones et de casques. Chacun écoute une partition différente, la musique s’écrivant en fonction des déplacements.

Après les silent party, la musique sur mesure. Des clubs parisiens comme La Rotonde ou plus récemment Le Cabaret sauvage accueillent sur leur dance-floor des noctambules qui se déhanchent sur des tubes différents, la musique étant diffusée au casque.

Avec « Jardins Invisibles », la musique se vit aussi au casque, mais dans un environnement où il n’y a pas d’odeur de sueur. Il s’agit d’une déambulation musicale dans un jardin, avec un casque semi-ouvert pour entendre à la fois la musique et les sons venus de l’extérieur (l’idée étant de ne pas être coupés de la nature). A la différence notoire des silent party, les musiques se créent de façon unique pour chaque promeneur. Ce n’est pas seulement un titre diffusé au casque, différent de celui du voisin : la musique entendue dépend entièrement de la position géographique de l’utilisateur. Dix compositions fixes ont été installées à des endroits stratégiques mais entre chacun de ces points, le son se module en fonction du cheminement, du trajet adopté par la personne (ce qui exige un travail d’écriture musicale conséquent !)

Le promeneur télécharge l’application sur son smartphone ou s’en fait prêter un à l’entrée du jardin. Commence alors cette randonnée sonore qui peut être appréhendée également comme une façon active, ludique et étonnante de découvrir un lieu patrimonial. La première édition de « Jardins Invisibles » s’est tenue le 5 avril 2014 au Musée dauphinois de Grenoble (Festival Détours de Babel dans l’Isère (voir la vidéo ci-dessous).

Jardins Invisibles #2 se déroule tout l’été à l’arboretum National des Barres à Nogent sur Vernisson, Loiret. André Serre Milan, compositeur, et Jacques Pupponi, fondateur et directeur d’Intuitive travel, une société qui développe des applications mobiles sonores, sont à l’initiative de ce projet.

Compositeur de musique électro-acoustique, André Serre Milan explore depuis plusieurs années les nouvelles technologies. Il conçoit des installations et des dispositifs de jeux instrumentaux en utilisant « les nouveaux instruments » apparus avec le développement technologique, au même titre qu’il compose des œuvres pour instruments traditionnels. La voix, parlée ou chantée, est au cœur de nombreuses de ses pièces. Le projet « Jardins Invisibles » était l’occasion de concrétiser une idée qu’il a longuement murie, suite à la lecture du roman Le chant des pistes de Bruce Chatwin qui raconte comment les aborigènes d’Australie se sont transmis une sorte de carte topographique sonore des lieux sacrés.

Jardins invisibles from Jacques Pupponi on Vimeo.

Intuitive travel développe des applications mobiles qui favorisent l’utilisation sonore des smartphones. Dans une période où l’image est prépondérante, la création de dispositifs d’immersion sonore tient lieu d’originalité. De beaux jours sont à venir pour les musiciens ouverts aux nouvelles technologies. Pour le plaisir des spectateurs réceptifs.

https://itunes.apple.com/fr/app/jardins-invisibles-1/id855093596?mt=8

https://itunes.apple.com/fr/app/arboretum/id891241744?mt=8

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Calculez avant de jouer !

Avec le développement des nouvelles technologies, parions sur l’arrivée d’une nouvelle génération d’artistes, Matt Farley en tête de proue.

Matt Farley est un musicien conscient des enjeux de la monétisation de la musique sur internet. Il sait comme vous et moi qu’un artiste gagne 0,003 euros par stream sur Spotify. 1000 écoutes d’un album complet rapportent près de 30 euros, de quoi payer les frais de mise en ligne sur zimbalam par exemple.

Plutôt que de le décourager, ce constat l’a amené à travailler de façon atypique. «Je ne suis peut-être pas le songwriter le plus prolifique du monde, mais je n’en suis probablement pas loin !» A lui seul depuis 2008, ce musicien a composé pas moins de… 14 000 chansons. On ne peut que s’extasier devant de telles facilités de composition ; Matt Farley mériterait sans doute de rentrer dans le Guinness Book des records, aux côtés du plus gros mangeur de saucisses et de la femme la plus grande du monde.

En une journée, cet artiste est capable de produire jusqu’à une centaine de titres, enfermé dans une cave à Danvers, une ville de la banlieue de Boston, où il a installé son home studio. «Je me suis dit : si une chanson peut me faire gagner deux dollars par an, peut-être que 10 000 chansons pourraient donc me faire gagner 20 000 dollars !»
Tous les ans, son travail est suffisant pour lui apporter un confortable complément de salaire. En 2013, Farley a empoché pas moins de 23 000 dollars de royalties grâce aux revenus que génèrent ses créations, publiées sur une douzaine de magasins de musique. Il perçoit principalement de l’argent grâce à iTunes et Spotify, avec une moyenne de 2 dollars par an et par chanson.

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Matt Farley ne réussit pas seulement grâce à son incroyable torrent d’inspiration, qui semble apparemment intarissable. En plus, il sait cibler son public, le séduire… que dis-je… le captiver ! « J’essaie de deviner quel genre de mots inhabituels les gens pourraient chercher sur les sites musicaux. Ensuite, j’écris des chansons à propos de ces mots. » Matt Farley choisit avec soin les thèmes et titres de ses morceaux pour qu’un maximum d’internautes tombent dessus. 4000 de ses titres sont par exemple des chansons d’anniversaire : «Je me contente de chanter la même chose avec des prénoms différents» explique t-il. Du coup, un internaute à la recherche d’un « happy birthday » personnalisé pour un ami a de grandes chances de tomber sur la production de Matt.

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Il a aussi créé 6000 rengaines sur des sujets aussi variés que les célébrités américaines, les équipes de foot, la nourriture, les animaux… Pour mieux les classer, il a par ailleurs inventé pas moins de 65 groupes différents et monothématiques comme The Guy Who Sings Your Name Over and Over  (le type qui chante votre nom encore et encore) ou The Birthday Band for Old People  (le groupe d’anniversaire pour les vieux). Son groupe le plus populaire ? The Toilet Bowl Cleaners, un groupe spécialisé dans les chansons qui parlent de… défécations.

Un artiste de cette envergure, qui maîtrise si bien le SEO (l’optimisation pour les moteurs de recherche), ça force le respect, non ?

 

Spotify fait évoluer la pub sur sa plateforme

Spotify, forte de son attractivité auprès des marques, réfléchit à de nouveaux modèles pour rendre la publicité moins intrusive et plus ciblée.

« win-win ». Une expression qui revient souvent lorsqu’on évoque l’association entre les industries musicales et les agences publicitaires, (et qui n’a rien à voir avec les cris d’un bébé puisque nous parlons tous anglais). Le « win win » c’est trouver une solution qui satisfasse à la fois le consommateur, les marques et l’industrie musicale. Spotify, leader mondial du streaming, avec 40 millions d’utilisateurs actifs et ses 10 millions d’abonnés premium, a généré sur les seuls neuf derniers mois 900% d’augmentation de ses revenus publicitaires sur supports mobiles. Une telle croissance le propulse comme acteur incontournable du milieu de la pub et l’oblige à réfléchir à de nouveaux outils.

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Actuellement en discussion avec les non moins prestigieux McDonald’s, Kraft, Wells Fargo, Samsung, Ford, Coca-Cola et Nike, la plateforme souhaite lancer avant la fin de l’année un nouveau produit publicitaire qui soit interactif et non plus intrusif. L’idée est de rendre la publicité tellement intéressante pour le consommateur, pour qu’il ne la vive plus comme une longue plage d’ennui et d’attente…« C’est un nouveau contenu win-win pour les consommateurs et pour les marques » s’est félicité Jeff Levick, le Chief Sales, Marketing and International Growth Officer, lors d’une présentation officielle aux Cannes Lions, le 18 juin. « Quand le consommateur la choisit, la pub devient du contenu. Notre but ultime est de faire de la pub une valeur ajoutée et non plus une interruption. »

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Pour que la publicité plaise au consommateur, il faut qu’elle soit ciblée… La plate-forme a donc racheté Echo Nest il y a trois mois, histoire d’affiner la connaissance de sa cible. Echo Nest dispose en effet d’une technologie de suggestion de contenus musicaux performante ainsi que du matériel nécessaire pour mettre rapidement sur pied des extensions qui exploitent les bases de données. Pour changer la perception de la pub par le consommateur, et plaire à ses partenaires publicitaires (partie non négligeable dans cette alliance win-win à trois) Spotify va devoir fouiller, trier les données du consommateur et surtout… engranger plus de données ! Nous allons toujours un peu plus vers un amoindrissement de la protection de la vie privée sur internet.
Ouin.
Ouin.

Ceci dit, dans un contexte où l’industrie musicale est en crise, Spotify tire son épingle du jeu en cherchant à déployer des solutions inventives et originales pour rémunérer ses contenus, et ce depuis plusieurs années. Déjà, en 2010 Spotify s’est associé à Sony Music pour lancer la première application de publicité musicale interactive, grâce à la technologie MXP4. Cette application permettrait aux utilisateurs du service de mixer sur les pistes du dernier album de Mark Ronson. Une idée originale et qui valorisait les potentialités des nouvelles technologies. Mais une idée peut-être moins rentable que l’utilisation des datas…
Le projet verra-t-il le jour ? La suite après une page de pub.