Travailler en musique ?

Nous passons la quasi-totalité de nos journées de travail devant notre ordinateur. Ecouter de la musique peut être un fabuleux moyen d’éviter la routine mais cela nous rend-il réellement plus productifs, concentrés ou créatifs ?

Les tâches répétitives deviennent plus supportables

Des recherches montrent que la productivité est plus importante lorsque l’on écoute de la musique en effectuant un travail répétitif. Certaines industries ont ainsi augmenté les rendements de leurs employés, et donc leurs bénéfices, en passant de la musique de fond. Des études plus modernes reviennent sur ce phénomène en supposant que ce n’est peut être pas la musique de fond en elle-même mais plutôt l’amélioration de l’humeur entrainée par la musique qui est à l’origine de ce surcroît de productivité. En effet, un fond de musique dissonante n’a aucun effet sur la productivité alors que la musique dans un mode majeur a un effet positif.

La musique peut être un moyen de s’évader d’un environnement bruyant

Face à l’organisation de l’espace de travail en ‘open-spaces’, un débat est né autour de ce sujet. Si les effets de la musique sont variables sur la productivité, il est avéré qu’un espace de travail bruyant peut en être un élément perturbateur. Une paire d’écouteur peut dans ce cas être une solution. Comme pour la musique d’ambiance dans le cas de tâches répétitives, il a été montré que l’état d’esprit est ici un élément clé.

 

Si l’ont souhaitait répondre simplement à la question « Quelle musique écouter en travaillant ? », la réponse serait probablement « Ce que l’on aime »…

… mais certaines conditions

 La musique interfère avec l’apprentissage

Lorsqu’il s’agit d’assimiler et mémoriser de nouvelles informations, la musique est une source de distraction. En effet, la musique demande trop d’attention pour pouvoir bien anayler et retenir de nouvelles informations.

Attention aux paroles

Pour les activités non cérébrales, telles que le sport, la musique avec paroles peut être très bénéfique. Mais pour les autres activités, il a été démontré que les paroles altéraient notre concentration. En effet, étant donné qu’écouter des pots sollicite le centre de la parole de notre cerveau, mener d’autres activités liées à la parole, telles que l’écriture devient plus difficile. Lorsqu’il s’agit de création non verbale, tel que le design, une musique avec des paroles peut être bénéfique.

Privilégier la musique déjà connue

A sa découverte, la musique  est pleine de surprises. On y porte donc une attention d’écoute particulière pour « connaître la suite ». Au contraire, la musique dont on est familier ne retient pas le premier plan de notre attention.

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Et si Macklemore avait trouvé la solution ?

Le rappeur de Seattle a sorti The Heist, fin 2012 avec son producteur et collaborateur Ryan Lewis. Ce premier album s’est vendu à 440 000 exemplaires aux Etats Unis et le single Thrift Shop, véritable succès mondial, a occupé la première place des charts de nombreux pays pendant plusieurs semaines. Mis à part un contrat de distribution avec l’ADA (Alternative Distribution Alliance) signé par nécessité de faire face à la demande mondiale, l’ensemble du cycle d’enregistrement, fabrication et de lancement de l’album a entièrement été réalisé de manière indépendante par l’artiste. En supprimant les intermédiaires et atteignant un tel succès, Macklemore pourrait avoir conçu un nouveau plan pour l’avenir de certaines musiques.

De nombreux articles retracent le triomphe DIY (Do It Yourself) de Macklemore. Ryan Lewis et lui ont refusé les offres de tous les plus grands labels. Leur titre Jimmy Lovine revient d’ailleurs sur cette expérience en racontant l’histoire fictive d’une rencontre avec le président d’Interscope suggérant ainsi la perte de pertinence et de pouvoir des majors.

Macklemore serait indéniablement un artiste très lucratif pour un label hip hop. Pourtant, aucun d’entre eux n’a pris le risque de signer l’artiste à son début de carrière pour l’accompagner dans son développement plutôt que de lui proposer des contrats à haut montant comme ce fut le cas par la suite. Haggerty et Lewis ont résisté à la manne financière à court terme d’une avancée majeure des labels en ayant une confiance absolue dans leur musique et leur plan commercial de départ.

L’éthique DIY est  cœur de l’histoire de Macklemore et ses fans l’ont totalement adoptée en devenant un acteur essentiel de cette histoire. En l’absence de marketing et promotion radio, c’est par le bouche à oreille que la musique de Macklemore et Ryan Lewis s’est propagée. La critique a ensuite suivi. La façon dont l’histoire de Macklemore et de ses fans contre l’industrie musicale est racontée a évidemment un rôle clef du point de vue du marketing. Le message a été diffusé sur tous les médias possibles : réseaux sociaux, vidéo, merchandising et dans ses morceaux eux-mêmes.

Ce n’est pas tout d’avoir les idées, le charisme et l’enthousiasme ; l’essentiel est de faire de la bonne musique. Macklemore est un artiste de hip-hop mais transcende en permanence le genre de façon brillante avec The Heist avec des influences pop (Gold), house (Can’t Hold Us), country (Cowboy Boots) pays ho-bas (Bottes de cowboy), ballades (Same Love) et des collaborations improbables (Starting Over avec Ben Bridwell de Band of Horses). Avec Same Love, Macklemore contre les stéréotypes homophobes du milieu du hip hop en célébrant l’amour de même sexe. Dans un registre plus léger, le tube planétaire Thrift Shop tourne en dérision l’image parfois superficielle du hip hop en mettant le chanteur en scène dans une friperie.

Au-delà des chansons elles-mêmes, Ryan Lewis a parfaitement cerné l’importance de la vidéo, véritable obsession des internautes. C’est l’outil le plus efficace pour diffuser sa musique. Le clip drôle et décalé de Thrift Shop a été vu 144 millions de fois.

Macklemore est expert en réseaux sociaux. Selon lui, le fait de laisser l’activité de comunity management à un label lui ferait perdre le contact avec ses fans. C’est justement via Facebook que les fans apprennent à connaître le vrai Ben Haggerty et son style ouvert et honnête a sans doute contribué à son succès sur le réseau social. Ses premiers fans ‘early adopters’ ont été un levier précieux pour atteindre la masse. La page Facebook de Macklemore est aliméntée par des billets sur sa vie personnelle ou des photos de son public de la veille. Il est également possible d’échanger directement avec l’artiste qui demande des avis sur ses morceaux ou vidéos et anime des sessions de questions/réponses. Des messages de reconnaissance de son succès sont aussi régulièrement adressés par Macklemore à sa communauté de fans qu’il appelle « Shark Face Gang ». Et ses fans lui viennent en aide : en février 2011, alors que la page Facebook comptait 20 000 ‘likes’, 18 000$ ont été levés sur Kickstarter pour financer la vidéo du nouveau single de l’artiste. 

« Keep calm and carry on ». Malgré les propositions financièrement très intéressantes de certains labels, Macklemore est resté fidèle à sa vision de départ. La marque qu’il a créée avec sa fine équipe est compatible avec ses croyances de départ et sans l’empêcher de travailler de manière tout aussi conventionnelle que les majors pour ses campagnes marketing. Cela va des séances d’enregistrement de nuit aux les déplacements à la poste pour expédier les commandes de merchandising.

En partie grâce à l’effet viral des réseaux sociaux, Macklemore a saisi que les premiers fans sont de véritables marketeurs sur lesquels il pourra compter à long terme, plus que sur un éventuel label ou une station de radio. 

Publication du rapport Hearn : Développer l’entrepreunariat culturel

Le ministère de la culture et de la communication et celui de l’économie, du redressement productif et du numérique ont commandé à Steven Hearn un rapport sur « Le développement de l’entrepreunariat dans le secteur culturel en France ». Celui-ci a été publié le 26 juin dernier.

Après avoir mené une centaine d’entretiens auprès d’entrepreneurs, d’acteurs financiers, de responsables de dispositifs d’accompagnement et de représentants des pouvoirs publics, les auteurs ont relevé les caractéristiques suivantes propres au secteur culturel.

En effet, les entrepreneurs de la culture, bien au.ayant un niveau d’études globalement élevé sont généralement peu formés à la gestion et création d’entreprises. Les initiatives entrepreunariales sont ainsi plus orientées vers le sens du projet en lui même plutôt que vers la rentabilité de l’entreprise. Cela se traduit par des structures peu construites aux capacités d’innovation peu reconnues ou se trouvant face à un manque de compréhension des autres acteurs économiques et financiers. Le plus souvent c’est la forme associative qui est choisie au commencement du projet avant d’évoluer vers une forme classique d’entreprise. L’obstacle majeur auquel sont confrontés les entrepreneurs culturels dans le développement de leur activité reste l’accès à des sources externes, surtout en raison d’une mauvaise assimilation du modèle d’affaires de ces entreprises par les structures d’accompagnement.

Face à ces difficultés et pour « sortir de la spirale anti-économique », 8 recommandations à coûts constants pour les finances publiques ont été formulées :

1) Insérer les entreprises du secteur culturel dans les programmes de stimulation de l’entrepreneuriat et de l’innovation : crédits impôt recherche, statut de jeune entreprise innovante, programme « french tech » développé par la Banque Publique d’Investissement (Bpifrance)…

2) Intégrer certaines entreprises culturelles dans le champ de l’économie sociale et solidaire en cohérence avec la nouvelle loi en discussion parlementaire

3) accompagner le passage du modèle associatif marchand vers les modèles entrepreneuriaux autour des 3 axes suivants : assistance pour constituer son capital social, étalement des charges les trois premières années, adossé sur un chiffre d’affaires réalisé et non provisionnel, maintien des mêmes conditions d’accès aux subventions et dispositifs de soutien public

4) créer un outil piloté par Bpifrance consacré à l’amorçage des entreprises du secteur de la culture : l’objectif est, via des appels à projets, de financer des sociétés développant des projets ou produits culturels innovants, à fort potentiel créatif, pouvant s’exporter

5) Favoriser l’émergence et la consolidation de structures d’accompagnement des entrepreneurs du secteur en incitant à la structuration de clusters régionaux

6) Soutenir la communication et à la réflexion sur le rôle de l’entrepreneur culturel

7) Encourager la création d’une représentation des entrepreneurs culturels : rassemblement structuré et organisé à l’échelle nationale

8) Développer un site internet ressource en renforçant la plateforme entreprendre-culture.fr