Big Data et Musique

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« Big Data est le nouveau pétrole » (cliquer pour agrandir)

 Le Big Data, littéralement : « Grosse quantité de données », est un nouveau système informatique qui promet de révolutionner le traitement des données en faisant émerger une connaissance plus précise et plus fine de ces données importantes. L’objectif de l’étude de ces grandes quantités était initialement l’aide à la prise de décision au sein des entreprises.

Un certains nombres d’entreprises ont constitué des modèles mathématiques de traitement. Les données venant de toutes les informations disponibles croisées entre elles.

Ces données, c’est nous qui les fabriquons à travers notre relation à l’entreprise bien sûr mais aussi à travers ce que nous aimons, les réseaux sociaux, ce que nous achetons, nos préférences.

On va un cran au-dessus de la simple recommandation qui a fait le succès d’Amazone.  Il faut bien comprendre que traiter des tailles de données très volumineuses récupérées de multiples sources ne peut se faire avec les outils classiques, ce sont des outils mathématiques poussés.

Depuis la révolution Numérique, quatre facteurs alimentent les Big Datas :

  1.             le Web 2.0 & les réseaux sociaux (c’est l’utilisateur qui alimente le contenu)
  2.             le Mobile (avec les smartphones, nous produisons une quantité croissante de données : localisation, mails, photos, vidéos, tweets, etc.)
  3.             l’Internet des objets & les capteurs : on estime à plus de 10 milliards le
    nombre d’objets actuellement connectés par Internet sans fil dans le monde,  nombre qui sera porté à plus de 30 milliards en 2020 (selon le cabinet ABI Research);
  4.             L’Open Data ou données publiques: les administrations publiques et para-publiques sont amenées à mettre à disposition librement et à tous les acteurs l’ensemble des données qu’elles génèrent et traitent.

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On pourra se poser des questions sur ce qu’apportent le Big Data en termes de service par rapport à la connaissance et donc la surveillance qu’il a sur nous. Cette question légitime est récurrente depuis le développement du Numérique. Sans rentrer dans le détail, on pourra se reporter à l’article d’Hubert Guillaud, journaliste d’Internet Actu : Le Big Data fait-il l’inverse de ce qu’il promet ?

Qu’en est-il pour la musique ?

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Rien qu’en France, c’est pour Deezer une base de 25 millions de titres pour 26 millions d’utilisateurs dont 2 millions d’abonnés Premium. Ils utilisent le même technique que Spotify qui a 24 millions d’utilisateurs actifs dont 6 millions sont des comptes payant avec 20 millions de chansons en ligne. Les plateformes ajoutent en moyenne 20 000 nouvelles chansons par jour.

Le Big Data permet de faire des meilleurs recommandations, de prévoir ce qui va plaire, il analyse l’harmonie, la mélodie, l’amplitude, le rythme, le tempo et permet de classifier l’audio, le genre, les artiste. En 2013 spotify a utilisé les données du streaming pour prédire les gagnants des Grammy Awards, sur 6 pronostiques 4 étaient justes. De même Shazam utilises ses données pour prédire les prochains artistes à succès.

Le big data est la face cachée de beaucoup d’applications en ligne. Il analyse la manière dont l’internaute consomme la musique, quel sont ses goûts pour lui proposer ce qu’il aime mais aussi des nouveautés qui lui plairont. La radio en ligne Pandora a développé le projet Music Genome qui caractérise la musique selon 450 critères comme la voix, la tonalité, la signature d’onde, etc.

On a beaucoup parlé de Big Data et musique en début d’année car Spotify a racheté le moteur Echo Nest. Ce moteur basé sur la technologie du Machine Learning identifie via des données massives la musique préférée de l’auditeur et est capable de prédire la musique que vous souhaitez écouter. De son côté Deezer échange avec beaucoup de développeurs dans le cadre d’un programme de partenariat en ayant mis en place une API (protocole qui permet d’utiliser la plateforme et ses données).

Le Big Data s’impose dans le secteur musical et pas seulement pour les plateformes. Un nombre important des projets présentés lors de la session « Sounds Labs » ont développés des algorithmes de traitement de Big Data.

Trax Air par exemple analyse du flux audio en continu pour reconnaître la musique dans une base de 40 millions de titres. L’objectif étant d’aider les sociétés de gestion collective à mieux répartir les droits.    TraxAir

Niland, propose une application de reconnaissance et de recommandation de musique pour le placement à l’image. Elle analyse 3000 caractéristiques et est capable de donner des recommandations en 10 ms dans un catalogue de 20 Millions de titres.

Quelques sources :

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Le CENTQUATRE, acteur clé de la politique culturelle de la Ville de Paris et de la Région Ile-de-France.

Les politiques culturelles régionales et parisiennes s’accordent pour favoriser la diffusion à un public plus large et auprès des personnes moins favorisées. C’est donc naturel qu’un grand établissement public ait été créé dans le 19e arrondissement de Paris dans les anciennes Pompes Funèbres de Paris. D’autres établissements ont vu le jour ces dernières années suivant un plan de réhabilitation de quartiers prioritaires[1] comme par exemple la Maison des Métallos dans le 11e arrondissement, et la gaité Lyrique dans le 3e arrondissement, ancien théâtre d’Offenbach transformé en lieu de création de l’art numérique. Ces différents lieux de diffusion offrent aussi des lieux de résidences pour les artistes en favorisant le lien entre l’artiste et les habitants.

Créer de nouveaux équipements structurants

La réhabilitation de ces zones s’est faite avec la création d’équipements culturels structurants qui reprennent des lieux historiques parfois abandonnés ou menacés de destruction comme la Gaité lyrique ou le Centquatre. Le dernier équipement inauguré est le Louxor, dédié au cinéma d’art et d’essai avec une programmation à la semaine et des animations pour le quartier comme un cinéma de province. A la consommation de la culture on oppose le lien social de proximité.

L’art numérique (dont le spectacle vivant et la musique) fait partie des nouvelles disciplines artistiques à faire connaitre au public.  En dehors des lieux dédiés, comme la Gaité Lyrique et la Maison des Métallos, le Centquatre offre une programmation artistique très large, Elle s’intéresse à l’ensemble de la création contemporaine dont l’art numérique, le spectacle vivant, la musique, la vidéo, le théâtre, etc.

La prise en compte des besoins des artistes par la Ville s’est traduite par plus d’espaces de créations avec une approche pluridisciplinaire et un lien fort avec le public et les habitants.

De son côté, l’Etat par l’intermédiaire de la Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Île-de-France finance les actions de démocratisation d’accès à la culture notamment auprès des publics considérés comme prioritaires, comme les habitants de quartiers défavorisés où la Région et la Ville ont mis en place les équipements structurants.

Paris

Le CENTQUATRE

L’ambition du CENTQUATRE, qui est un EPCC géré par la Ville et le département de Paris, est de proposer la chaine complète de création et de production artistique au public. Au-delà du projet architectural de conservation, le lieu est conçu avec une grande artère au centre et des espaces de production et de diffusion sur les côtés.

C’est un lieu culturel aux multiples usages et aux multiples publics. Comme évoqué auparavant, c’est un espace de résidence pour la production artistique où le public sera accueilli aux différentes phases de création. Au-delà des manifestations artistiques où le public découvre les œuvres, les projets ont vocation à se construire avec le public dans le quotidien local.  Cette mixité participe à la revalorisation du nord est parisien voulu par la Ville.

Le lieu veut favoriser les croisements entre disciplines, entre amateurs et professionnels, entre public et privé et entre le monde artistique et le monde économique. De nombreux partenariats existent avec des structures extérieures comme la Maison de la Radio ou récemment avec le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris pour l’exposition sur Keith Haring.

Différents espaces sont dédiés aux pratiques amateurs (le Cinq) et aux enfants  (la Maison des Petits). Mais le plus étonnant et ce qui différentie vraiment le Centquatre, depuis le changement de direction, avec d’autres lieux, c’est l’utilisation des moindres recoins de la grande rue par différents amateurs. Ici, ce sera une répétition de théâtre et là, une chorégraphie. Il y a un accord tacite entre les habitants du quartier et l’administration dirigée par José-Manuel Gonçalvès qui permet à n’importe qui d’utiliser l’espace s’il est libre et de le libérer quand l’équipe du Centquatre en a besoin.

Le Centquatre, enfin, est un lieu d’innovation et de recherche. Le lien entre l’innovation et la création prend tout son sens dans ce lieu où entrepreneurs, chercheurs et artistes peuvent échanger et innover par la création. Dans ce cadre, il héberge la Nouvelle Fabrique Numérique qui réunit un collectif de designers autour des pratiques du DIY[2], qui questionne une nouvelle forme d’industrialisation de prototypes et de petites séries.

En 2012 Le Centquatre s’est associé à l’incubateur public Agoranov, spécialisé dans les entreprises liées à la recherche pour lancer un incubateur de projets à la croisée de la création et de l’innovation.  Les projets incubés sont sélectionnés sur leur liens avec la création mais surtout sur leur besoin d’expérimentation avec le public du Centquatre. Le projet doit être immergé dans l’espace qui tout entier est un espace d’innovation et de création.

Phonotonic & Just4ladies! – Interactive musical and dance performance – CENTQUATRE from phonotonic on Vimeo.

Conclusion

Notre époque connait de profondes mutations liées au numérique, et la création joue un rôle important. Depuis l’apparition des premiers ordinateurs, les artistes se sont emparés des choses technologiques surtout depuis la révolution internet et aujourd’hui, la révolution des objets connectés[3]. La maitrise de ces technologies permet aux artistes d’aller au-delà des performances techniques pour proposer une vision. Il en découle aussi un décloisonnement des disciplines rapprochant l’art numérique des arts plus traditionnels comme le spectacle vivant, la musique, la sculpture, etc.

Ce décloisonnement a lieu aussi au profit de la recherche et de l’innovation. C’est ce qui peut intéresser l‘acteur politique d’un territoire. Certains artistes mènent tellement loin l’expérimentation qu’ils rejoignent les préoccupations de chercheurs. On peut citer le Computer Sony Lab à Paris qui a des équipes de recherche en musique avec des designers ou plus récemment Albertine Meunier[4], artiste qui travaille sur la question du vieillissement avec les chercheurs d’Orange.

En quoi cela peut intéresser une collectivité ?

La collectivité a besoin d’accompagner l’émergence de projets innovants sur le territoire pour augmenter la compétitivité. Les politiques publiques ont un impact sur le développement des technologies notamment par l’amélioration de l’interaction entre les acteurs du système d’innovation[5] « Il est essentiel pour tous les dirigeants d’être préalablement sensibilisés à la culture de l’innovation. C’est clairement ce qu’il ressort de l’étude réalisée par le CETU EthiCs de l’Université de Tour. » C’est ce qui ressort d’un rapport de la Région Centre[6] et largement partagé au niveau national.  Vous pouvez voir page 14 du rapport les orientations  stratégiques  qui propose un plan markéting, le partage d’expérience, la médiation, etc. Le créatif a une place déterminante dans la réussite de ces orientations.

Les lieux culturels de la diffusion et de l’échange

La culture et l’innovation sont étroitement liées en particulier dans le domaine de l’art numérique.Elle peut le faire en implantant des lieux de pratiques hybrides comme c’est le cas avec le Cube, le Centquatre, la Gaité Lyrique ou plus récemment les 26 couleurs à Saint-Fargeau-Ponthierry. Ces lieux d’art numérique doivent permettre des rencontres avec le public bien sûr, mais aussi avec les amateurs, les « bidouilleurs », les start-ups et les entreprises.

L’animation de ces lieux est primordiale pour faire naitre les échanges et peut être d’autres projets. Cela implique une équipe d’animation culturelle pluridisciplinaire capable d’accompagner des artistes dans leur transversalité et sensible au lien avec l’entreprise et la recherche, éventuellement dans le cadre d’un incubateur. Le management d’un projet commun peut s’inspirer de certaines méthodes du design[7]: apprendre, observer, questionner et tester.

Le créatif, acteur de la diffusion de la culture de l’innovation

L’innovation n’est pas facile à appréhender, car il faut être capable de voir en dehors de nos habitudes, comprendre les changements et imaginer ce qui n’est pas. L’artiste est constamment dans l’observation et la réflexion et il peut nous guider pour sortir du cadre. Comme l’a écrit Rémi Saint-Péron : « Nous avons tous un cerveau gauche et un droit, et nous sommes tous potentiellement des créatifs. Il suffit d’en créer les conditions, de croire en son potentiel créatif et de sortir du cadre ! »[8]

 

 

[1] Voir la carte « Charte de coopération culturelle 2009-2011 » dans les dossiers de presse de la politique culturelle de la Ville de Paris (Paris, 2011).

[2] Do It Yoursel : « Le faire sois même » est un courant né aux Etats-Unis avec la création des imprimantes 3D auto répliquantes.

[3] Voir le projet Phonotonic : www.phonotonic.com et les performances d’EZRA, artiste de beat boxing. http://my.tv.sohu.com/us/63342893/22566137.shtml

[4] (Meunier, 2013) Vois son site : http://www.albertinemeunier.net/

[5] L’innovation, une affaire d’état p137 (Rochet, 2007)

[6] Voir le rapport (Centre, 2009): http://www.regioncentre.fr/files/live/sites/regioncentre/files/contributed/docs/avenir-region/etudes-strategies/strategies/Strategie-Regionale-Innovation.pdf

[7] Le design management, Kathryn Best, 2006 (Best, 2009)

[8] Lire, p77, le récit de Rémi Saint-Péron, coach en créativité, chargé de cours à Paris Descartes et administrateur d’Innov’Acteur. (Garcia & de Peganow, 2012)

Musique et Numérique : Rendez-vous le 20 juin à Numa

Pratiques musicales innovantes, applications téléphoniques, nouveaux modes d’écoute, de diffusion et de traitement du son… : le numérique modifie en profondeur l’économie et les usages de la musique. Je vous propose de découvrir un projet qui se lance pour faire le lien entre le monde du numérique et le monde de la musique.

« Soundslabs, les incubateurs en musique »  est un projet imaginé pour organiser une veille sur les innovations à l’œuvre, et faire découvrir lors d’événements réguliers une sélection de projets émergents en développement au sein des incubateurs franciliens.incubateurenmusique

Il s’adresse à tous les professionnels de la musique, innovateurs, chercheurs, artistes, labels, distributeurs, éditeurs, entreprises de médias et toutes les personnes intéressées par les mutations à venir de la création musicale, de sa pratique et de ses usages.

Le projet s’appuie sur un réseau d’incubateurs franciliens associés (Paris Mix / Le Camping / Cap Digital / Paris Incubateurs / Agoranov / Creatis de la Gaîté Lyrique / L’incubateur du 104 / Ircam / GRM / Neuilly Lab / Issy Media / Les 26 Couleurs…).

Si vous êtes porteur d’un projet incubé ou récemment incubé ? Si votre projet témoigne d’un  usage innovant pour le secteur musical, nous vous invitons à le valoriser en le présentant aux « Incubateurs en Musique » qui aura lieu dans le cadre du festival Futur en Seine à NUMA, à Paris, le 20 juin 2014, veille de la fête de la musique. l’événement aura lieu en 2 temps à partir de 14h30 : une série de présentations de 8 minutes des projets sélectionnés et une soirée de démonstrations et performances.  

>> DÉPOSEZ VOTRE PROJET, DATE LIMITE 12 MAI ! ACCÉDER AU FORMULAIRE

QUELS SONT LES PROJETS ATTENDUS ?

Des projets innovants pour le secteur musical ou qui utilise la musique. Les projets proposés devront être présentés sous forme de scénarios d’usage en 8 minutes c’est-à-dire en mettant en avant l’utilisation vue sous l’angle de l’utilisateur. Nous porterons une attention particulière aux propositions ayant une forme démonstrative ou performative.

TROIS CHAMPS POURRONT ÊTRE EXPLORÉS

  • Les innovations qui changent la pratique musicale
  • Les nouveaux modes d’écoute et de diffusion de la musique
  • Les services innovants associés à la musique

QUE RETIRER DE VOTRE CANDIDATURE ?

Vous rendre visible et faciliter de bonnes mises en relations car cet événement s’adresse à tous les professionnels de la musique, innovateurs, chercheurs, artistes, labels, distributeurs, éditeurs, entreprises de médias et tous les curieux pour ensemble comprendre et anticiper les mutations à venir.  Confrontez vous à votre public, tirez-en des retours pour faire avancer votre innovation et développez votre réseau.

Améliorer votre communication orale, visuelle, écrite et dans le cadre des séances de coaching, vous pourrez rencontrer d’autres porteurs de projets susceptibles de développer des interactions avec votre projet.

Nous sommes à votre disposition pour tous renseignements complémentaires.
Contact : Philippe Nikolov,
pnikolov {} art-trotter.com,
Tel : 0660983043

Les « Incubateurs en Musique » sont un nouvel événement dédié à la rencontre de l’innovation et des professionnels du secteur de la musique. Proposé par Philippe Nikolov, Art Trotter, coproduit avec l’association Musiques & Cultures Digitales, qui publie le Magazine des Cultures Digitales <MCD>  trimestriel et thématique et produit des ateliers animés par des artistes numériques et Art2M, Art to Machine, start-up créative, spécialisée dans la production et la diffusion d’œuvres d’art numérique exclusives ou sur-mesure et d’objets connectés. L’événement est rendu possible en coproduction avec NUMA dans le cadre de Futur en Seine, en partenariat avec CAP DIGITAL et ADMUSES, l’association des étudiants et diplômés du Master Professionnel Administration et Gestion de la Musique de l’Université Paris-Sorbonne.

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