L’engagement des politiques publiques pour la diversité culturelle, le rôle de l’Etat et les missions du Ministère de la Culture

La diversité culturelle est un enjeu majeur du XXIème siècle. La mondialisation et les flux migratoires entrainent une diversification de la population au sein d’un même pays et à travers le monde ainsi que la cohabitation de différentes cultures. La prise en compte de la diversité culturelle est indispensable pour se connaitre les uns les autres, pour vivre ensemble et enrichir l’être humain des différences d’autrui.

« La diversité, c’est avant tout les multiples appartenances qui caractérisent les musiciens actuels. »[1] Ray Lema, compositeur et musicien congolais.

Les institutions publiques ont entreprit diverses stratégies politiques afin de représenter au mieux la pluralité des pratiques musicales sur leur territoire et placées cette problématique au centre de leurs politiques culturelles.

Le Ministère de la Culture et de la Communication est très présent pour le soutien de la diversité culturelle et s’accompagne de nombreux acteurs.

Le Ministère de la Culture a comme missions principales de « rendre accessible les œuvres capitales de l’humanité au plus grand nombre et de conduire une politique de sauvegarde, de protection et de mise en valeur du patrimoine culturel dans toutes ses composantes ».[2] Le patrimoine culturel a donc une place centrale dans la politique du Ministère. En le préservant, le Ministère s’assure de sa richesse, sa diversité et son accessibilité auprès des français.

L’une des missions du Ministère de la Culture est donc de promouvoir le patrimoine culturel « dans toutes ses composantes » et donc sa diversité. En effet, dans le projet de loi de finance de 2007, une partie du budget de la culture est destinée à l’action internationale qui englobe la diffusion de la culture française et la promotion de la diversité culturelle. Ce budget regroupait 18,5 millions d’euros, en 2007, partagés principalement entre Culture France et la Maison des Cultures du Monde.[3] Il est relativement faible, comparé aux autres champs d’intervention de l’Etat dans la Culture comme les soutien aux établissements spécialisés qui bénéficient d’un budget de 34,33 millions d’euros en crédit de paiement, les actions en faveur des publics qui ont 36,7 millions d’euros, ou encore l’aménagement du territoire qui dispose d’un budget de 26 millions d’euros. Néanmoins, des mesures très importantes ont pu être menées grâce à ce budget à l’instar de l’adoption de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité culturelle de l’UNESCO.

Plusieurs pôles du Ministère de la Culture participent à la promotion de la diversité culturelle. Le secrétariat général y a une place prépondérante, par l’intermédiaire du département des affaires européennes et internationales – anciennement appelée « Département des Affaires Internationales », avant la RGPP[4]. Ce département vise à promouvoir le pluralisme culturel et développer la coopération culturelle internationale qui passe notamment par la promotion de l’accueil de cultures étrangères en France. Ce travail se fait en collaboration avec le Ministère des Affaires Etrangères.

« Concernant la promotion de l’accueil des cultures étrangères, le DAI (Département des Affaires Internationales) soutient financièrement de nombreux projets émanant d’institutions culturelles : lieux de création, de diffusion, de formation, festivals, qui concourent à la promotion des différentes formes d’expression des patrimoines artistiques, culturels et des arts vivants. »[5]

En 2004, la DAI avait un budget de 7 millions d’euros dont 1,3 millions étaient réservés à l’accueil des artistes et des professionnels de culture étrangère en France.

La direction de la création artistique est chargée de soutenir la création et de faciliter la rencontre de toutes les disciplines artistiques. La promotion de la diversité aussi bien des arts que des cultures est donc au cœur de la politique de cette direction. Elle accompagne également les associations engagées dans la diffusion du spectacle vivant. En partenariat avec le Ministère des Affaires Etrangères, elle veille à la mise en réseau des professionnels français et étrangers et favorise des actions de co-production entre des structures françaises et étrangères. Ces actions sont mises en œuvre par divers opérateurs dont Culture France, l’ONDA ou la Maison des Cultures du Monde.

Le budget de cette direction réservé au soutien à la création, la production et la diffusion de spectacles vivants était de 608 746 117 € en crédit de paiement en 2006. Il représente 63,82% des autorisations d’engagements demandées en 2006 par cette direction.[6] Le spectacle vivant a donc une place prépondérante au sein de cette direction. En outre, la première des 3 orientations stratégiques du rôle de l’Etat dans le domaine de la création est d’assurer la diversité et le renouvellement de la création.

L’Etat intervient également par l’intermédiaire d’organismes nationaux spécialisés tel que l’Observatoire des Politiques Culturels. Ce dernier organise par exemple une formation pour les professionnels étrangers intitulée « Courant du Monde » afin de débattre des enjeux des politiques publiques dans le domaine de la culture en France et dans le monde avec divers intervenants pour « apprendre de la diversité des approches et des cultures ».[7] Cette formation est proposée par le Ministère de la Culture et le Ministère des affaires étrangères et soutenue par la Maison des Cultures du Monde.

L’Etat a donc un rôle central pour la promotion de la diversité culturelle et la mise en valeur du patrimoine culturel. Pour appliquer les politiques relatives à ces sujets, il s’entoure de différentes organisations qu’il finance afin qu’elles mènent à bien leurs missions.


[1] IRMA, « Les Etats Généraux des Musiques du Monde », http://www.irma.asso.fr/IMG/pdf/actes-egmm-bd-1.pdf, 11 et 12 septembre 2009.

[2] Ministère de la Culture et de la communication, « Le Ministère », http://www.culturecommunication.gouv.fr/Ministere/Le-ministere, consulté le 4 février 2013.

 

[3] SENA, « Projet de loi de finances pour 2007 : Culture », http://www.senat.fr/rap/a06-079-3/a06-079-336.html, consulté le 5 décembre 2012.

[4] RGPP : Révision générale des politiques publiques

[5] Commission Européenne, « Monographie-France », http://ec.europa.eu/avpolicy/docs/library/studies/finalised/5770_barbier/58_02_fr.pdf, consulté le 26 novembre 2012.

[6] Ministère de l’Economie et des Finances, « Programme 131 : création », http://www.finances.gouv.fr/lolf/downloads/501_pap_creation.pdf, 2006.

[7] Observatoire des politiques culturelles, « Courants du monde, la diversité culturelle à l’OPC », http://www.observatoire-culture.net/rep-edito/ido-129/courants_du_monde_la_diversite_culturelle_a_l_opc.html, consulté le 4 février 2013.

Deezer : Une stratégie de développement basée sur l’innovation et l’élargissement des activités

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Pour élargir son marché et toucher de nouveaux auditeurs, Deezer s’est associé avec de puissants partenaires lui apportant un retour très positif et ayant considérablement joué sur son développement.

Parmi eux, nous trouvons le partenariat avec Apple qui a ouvert une application Deezer sur l’Iphone et l’Ipod touch, en octobre 2008. Cet association permet au site de streaming d’être présent sur un nouveau support et donc disponible pour de nouveaux utilisateurs potentiels.

« La rumeur nous a fait prendre conscience de l’attente de Deezer sur iPhone. De ce fait, nous avons décidé d’avancer très rapidement sur une première version. L’idée de pouvoir retrouver l’offre de Deezer sur d’autres supports est une étape logique dans notre développement. C’est aussi une réponse aux attentes de nos fidèles Deezernautes », Jonathan Benassaya et Daniel Marhely, fondateurs de Deezer.[1]

Deezer poursuit le développement de ses applications sur différents téléphones mobiles tels que Samsung, Android, Blackberry et Sony Ericsson en 2009, puis sur Ipad en 2010. Etre présent sur tous les supports et particulièrement sur les nouveaux supports est un objectif clairement affirmé par Deezer. Leur diversité est, pour l’entreprise, un atout promotionnel non négligeable.

Deezer réalise également un partenariat avec Orange, lancé en août 2010. Celui-ci permet aux titulaires d’un forfait mobile Orange, Origami Star ou Origami Jet, d’accéder à l’offre Deezer Premium + comprise alors dans leur abonnement mobile. Ils bénéficient également de réductions pour l’achat de titres sur Music Store d’Orange (0,69€ le titre au lieu de 0,99€). Ce partenariat permet à Deezer de toucher un autre public en obtenant de nouveaux abonnements. Il commence ainsi à combler les pertes des ventes provoquées par la crise du disque dans les maisons de disques. Selon Monsieur Guillaume Quelet, Directeur Business développement chez Sony Music, « les revenus des abonnements de Deezer sont très satisfaisants pour une maison de disques, surtout que le partenariat entre Deezer et Orange a amené 3,5 millions d’abonnés. C’est du jamais vu en Europe et très impressionnant. »

 « Ce partenariat, qui vient enrichir notre offre, va nous permettre d’apporter à nos clients le meilleur de la musique inclus dans un abonnement internet ou mobile. Orange se réjouit également du rapprochement entre l’acteur majeur du streaming musical en France et son concurrent le plus dynamique », Raoul Roverato, Directeur exécutif des nouvelles activités de croissance d’Orange.[2]

En octobre 2010, Deezer s’est aussi associé avec des banques, à l’instar de la banque postale en profitant du lancement de la carte musique réservée aux 12/25 ans. Il propose des offres particulièrement intéressantes, en partenariat avec cet établissement bancaire, pour les jeunes de cette tranche d’âge. L’offre Mix leurs permet de mixer leurs titres pour 10 euros pendant 6 mois ; l’offre Mix’N’Move y ajoute la possibilité d’utiliser Deezer sur mobile avec ou sans connexion internet. La banque postale leurs accorde trois mois supplémentaires pour leur offre Mix s’ils possèdent un compte courant, une carte de paiement ou un produit épargne. Elle compte plus de 3 millions de clients de 16 à 25 ans[3] qui pourront potentiellement être intéressés par les offres Mix et Mix’N’Move de Deezer ainsi que par la découverte du site.

Deezer s’associe également avec des sociétés civiles et des festivals. Il crée des concours sur son site, tels que « l’Adami, Deezer de talent à EuropaVox ». Ce projet consiste à récompenser un artiste ou un groupe participant à un concours de votes en ligne. Ce partenariat permet à Deezer d’être associé au festival EuropaVox où se produira le vainqueur du concours et lui offre donc l’opportunité de bénéficier d’une large couverture publicitaire. Par ailleurs, il fidélise son public en le faisant participer directement aux votes pour élire les cinq derniers finalistes. L’été 2011, Deezer s’est associé avec 15 festivals de tous genres musicaux dont EuropaVox, les Francofolies, les nuits de Fourvière, les vieilles charrues, le festival international de piano de la Roque d’Anthéron… Ces partenariats lui procurent encore une fois une omniprésence publicitaire.

Deezer a signé un partenariat avec Facebook en septembre 2011 qui permet de partager la musique écoutée sur Facebook. Les amis de l’utilisateur peuvent donc découvrir de nouveaux titres. Grâce à cette association, Deezer est présent sur le plus grand réseau social et touche une fois de plus de nouveaux utilisateurs.

« Nous sommes ravis d’annoncer l’intégration avec Facebook. C’est une révolution pour les fans de musique qui pourront, de manière transparente, partager leurs goûts avec leurs amis quand ils écoutent de la musique sur Deezer, et découvrir de nouveaux artistes avec un large univers musical. Deezer est ravi de jouer un rôle majeur dans cette grande évolution. L’intégration à Facebook répond parfaitement à notre stratégie de développement car nous croyons fortement à l’impact social de la musique. Dans les semaines à venir, Deezer deviendra le seul véritable service de musique en streaming dans le monde bientôt disponible à travers l’Europe, l’Amérique du Sud, l’Afrique Occidentale, l’Afrique du Nord, le Canada, le Sud-Est de l’Asie et l’Australie. » Axel Dauchez, PDG de Deezer.[4]

Deezer devient omniprésent sur tous les sites prisés par les jeunes afin d’augmenter son audience et de faire face à la concurrence mais aussi de développer et de faire connaître son site partout dans le monde.

Enfin, après avoir battu des records en France, Deezer s’ouvre à l’international depuis octobre 2011, tout en excluant de son projet d’expansion les Etats-Unis du fait de la forte concurrence qui se joue sur son marché musical, et en particulier pour le streaming. Deezer cherche à s’étendre sur plus de cent nouveaux pays dont le Royaume Uni, l’Amérique du Sud, l’Europe et l’Asie. D’après Axel Dauchez, « le partenariat avec Orange (France) est un carton total. C’est ça qu’on va essayer de dupliquer ailleurs. »[5] Par conséquent, l’offre gratuite ne sera pas disponible à l’étranger. Le succès de cet élargissement pourrait être lié à Facebook qui est une véritable clef pour atteindre le marché international.

Deezer a aussi su développer des fonctions subsidiaires pour fidéliser ses utilisateurs. Le site propose des webradios[6] thématiques déclinées en treize genres musicaux et offre la possibilité de mixer des titres. Des concerts privés sont retransmis en direct sur le site comme par exemple « Deezer offline ». Mais l’association la plus troublante est celle de Deezer avec Oui FM, une radio musicale rock, dans laquelle ils vont combiner leurs fonctions. Ainsi, les auditeurs de la radio pourront créer, chaque jour, leur propre playlist rock sur le site de Deezer. L’une de ces playlists sera ensuite sélectionnée par la radio et diffusée sur celle-ci.

Le site de streaming propose aussi des smart radios ou radios intelligentes dont la fonction est de présenter des titres dans le même style musical que celui de l’artiste choisi par l’utilisateur. Selon Deezer, ces smart radios sont un atout face aux radios hertziennes car elles ciblent les titres sélectionnés en fonction des gouts de l’auditeur.

Ces nombreux partenariats ont permis à Deezer d’être très présent dans tous les secteurs et donc de toucher un nouveau public et favoriser son développement. En outre, l’élargissement de sa fonction principale d’écoute de musique en streaming à celle d’une radio, par la présence de webradios thématiques sur son site, permet à Deezer de combiner les fonctions et d’attirer également des utilisateurs qui souhaitent être guidés dans leurs découvertes musicales. Il récupère ainsi des auditeurs habitués aux radios et élargit encore une fois son public.

 


[1]SAMAMA, Sophie, Communiqué de presse, « Deezer enfin sur Iphone et Ipod touch », http://cdn-files.deezer.com/pdf/press/cp_DeezersuriPhone_20081023.pdf, 23 octobre 2008.

[2]SAMAMA, Sophie, Communiqué de presse, « Le meilleur de Deezer arrive chez orange », http://cdn-files.deezer.com/pdf/press/CP_Orange_Deezer_21_07_10.pdf, 21 juillet 2010.

[3] SAMAMA, Sophie, Communiqué de presse, « Deezer innove et crée avec la banque postale des offres dédiées aux 12-25 ans. » http://cdn-files.deezer.com/pdf/press/CP_Carte_Musique_Deezer_28.10.10.pdf, 28 octobre 2010.

[4] SAMAMA, Sophie, Communiqué de presse, « Deezer announces facebook integration to create a seamless music experience », http://cdn-files.deezer.com/pdf/press/PR_Facebook_Integration_Deezer_F8_22-09-11.pdf, 22 septembre 2011.

“We’re delighted to announce this integration with Facebook. This is a revolution for music fans who will be able to seamlessly share their tastes with friends when they’re listening to music on Deezer, and discover new artists within a huge universe of music. Deezer is thrilled to play a major role in this exciting evolution. This integration with Facebook fits perfectly into our development strategy, as we believe strongly in the social impact of music. In the coming weeks, Deezer will become the only truly worldwide music streaming service soon to be available throughout Europe, South America, Western Africa, Northern Africa, Canada, South-East Asia and Australia.”

[5] MAWAD, Marie et Gwénaëlle BARZIC, « Deezer se voit rentable fin 2011, cap sur l’international », Reuters France, ed. Jean-Michel Bélot, http://fr.reuters.com/article/technologyNews/idFRPAE79I07R20111019?pageNumber=1&virtualBrandChannel=0, 19 octobre 2011.

[6] Webradio : Radio exclusivement créée pour internet et n’étant pas diffusée sur un autre support.

L’impact promotionnel sur les ventes de musique enregistrée d’une grande radio à l’heure actuelle. L’exemple de NRJ.

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Le vecteur promotionnel des radios est très prisé des maisons de disques pour promouvoir leurs titres et engendrer des ventes. Cependant, le développement de nouveaux médias multiplie les possibilités et les supports de promotion. A l’heure où Internet et la télévision prennent de plus en plus d’importance dans la consommation culturelle des ménages, nous pouvons nous demander si les radios ont encore un impact conséquent sur les ventes de musique enregistrée ?

L’impact promotionnel d’une radio ne peut être mesuré avec des chiffres. Néanmoins, nous disposons de différents moyens pour analyser la force de cet impact.

En 1998, d’après le CSA, la loi des quotas de chansons françaises (obligation pour les radios privés de diffuser un minimum de 40% de chansons françaises aux heures de grande écoute dont la moitié proviennent de nouveaux talents) et son application en radio ont entraîné une augmentation des ventes de celles-ci.[1] Par conséquent, les titres diffusés en radio et écoutés par les auditeurs influent sur leur choix d’achats de titres musicaux.

En 2001, le Ministère de la Culture confirme également l’impact promotionnel des radios sur les ventes de musique enregistrée : « tous les participants au groupe de travail se sont accordés sur l’importance d’autant plus grande des radios dans la vente des disques qu’il n’y a pas aujourd’hui d’alternative à ce média. »[2] Aujourd’hui, Deezer nous a montré, dans l’article précédent, que le streaming représente bien une solution promotionnelle alternative, contrairement à ce que déclarait en 2001 le Ministère de la Culture.

Aujourd’hui, NRJ joue toujours un rôle promotionnel important comme le souligne notre comparaison des playlists de la radio avec les meilleures ventes de titres. A titre d’exemple, pour les semaines du 7 au 22 novembre 2011, sept des vingt titres les plus diffusés de NRJ sont communs aux vingt meilleures ventes.[3] Pour les semaines du 23 janvier et du 2 avril, les proportions restent comparables avec neuf, puis huit titres en commun.[4] Les auditeurs de NRJ ont donc acheté les enregistrements qu’ils écoutaient sur la radio. Celle-ci est donc toujours très compétitive et conserve son influence.

En outre, le classement en tête des ventes de la compilation de NRJ, « NRJ dance 2010 » en mai 2010, met en valeur l’impact de la radio sur les ventes. Les auditeurs ont apprécié les titres diffusés sur les ondes et ont ensuite acheté l’album pour retrouver leurs morceaux favoris. La radio NRJ a donc un poids certain sur les ventes de disques mais il est impossible de mesurer précisément cet impact.

L’arrivée du streaming et notamment de Deezer a néanmoins eu un impact sur le rôle promotionnel des radios qui aurait diminué un peu. Toutefois, NRJ est relativement peu concernée car son style musical diffère des mises en avant de Deezer. Les deux médias ne sont donc pas concurrents mais complémentaires.


[1] Ministère de la Culture, « Rapport au Parlement sur l’application de la loi du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française », http://www.dglflf.culture.gouv.fr/rapport/1998/rapport98-26.htm, 1998.

[2] BAPTISTE, Eric, Rapport du groupe de travail sur les relations entre les radios et la filière musicale, Ministère de la Culture, http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/rapports/baptiste/rapport.pdf, 2001.

[3] Annexe IX : Comparaison des playlist de NRJ et des titres les plus vendus (semaine du 7 au 22 novembre 2011)

Titres en communs : 7    

                         NRJ                                                    Meilleures ventes

1)      Rihanna, We found love 

2)      Shy’m, En apesanteur 

3)      Don Omar, Danza Kuduro 

4)      Adèle, Someone like you 

5)      Britney Spears, Criminal 

6)      DJ Abdel et Soprano, C’est ma life

7)      Flo Rida, Good Feeling

8)      Marie Mai, Comme avant 

9)      Black eye peas, Whenever 

10)  Jim Class Hereos, Stereo hearts

11)  Keen V, Prince charmant

12)  Rod Janois, Ca ira mon amour

13)  Bob Sinclar, Me not a gangsta

14)  Beyoncé, Best things I never had

15)  Corneille, Des pères, des hommes et des frères

16)  Party hit Kings, You make me feel 

17)  David Guetta et Usher, Without you

18)  Jason Derulo, It girl

19)  M Pokora, En attendant la fin

20)  LMFAO, Sexy and I know it 

 

1)       Rihanna, We found in love 

2)      Adèle, Someone like you 

3)      Flo rida, Good feeling

4)      Lucenzo, Danza Kuduro

5)      Marron 5, Move like jagger 

6)      David Guatta et Usher, Whitout you

7)      LMFAO, Sexy and I know it

8)      Mylène Farmer, Du temps

9)      Sean Paul, She doesn’t mind

10)  Mika, Elle me dit

11)  Pitbull, Rain over me 

12)  Coldplay, Paradise 

13)  Moussier Tombola, Logobitombo

14)  Black eye peas, Whenever

15)  Vanessa Paradis, La seine

16)  Lana Del Rey, Blue jeans 

17)  Adele, Rolling in the deep

18)  Britney Spears, Criminal

19)  Inna Modja, French Cancan

20)  Foster the people, Pumped up kicks

 

 

 

[4] Annexe X et XI : Comparaison des playlist de NRJ et des titres les plus vendus (semaine du 23 janvier et du 2 avril 2011).

Semaine du 23 janvier 2012

Titres en communs : 9    

                             NRJ                                                            Meilleures ventes

1)      Taio Cruz, Hangover (feat. Flo Rida)

2)      Shakira, Je l’aime à mourir

3)      Avicii, Levels

4)      Katy Perry, The One That Got Away

5)      Amel Bent, Je reste

6)      Pitbull, International Love

7)      Marlon Roudette, New Age

8)      Michel Teló, Ai Se Eu Te Pego

9)      Collectif Paris-Africa pour l’Unicef, Des ricochets

10)  The Wanted, Glad You Came

11)  Keen’V, Les mots

12)  Kore, Magic System, Shaggy & Mohamed Allaoua, Vas-y Molo

13)  Elisa Tovati, Tous les chemins

14)  Mylène Farmer, Du temps

15)  Lana Del Rey, Video Games

16)  Basto, Again & Again (Radio Edit)

17)  David Guetta & Nicki Minaj, Turn Me On

18)  Jessie J, Domino

19)  Lykke Li, I Follow Rivers

 

1)      Michel Telo, Ai Si Eu Te Pego

2)      Shakira, Je l’aime à mourir

3)      Sexion d’Assaut, Avant qu’elle parte

4)      Mylène Farmer, Du temps

5)      Lana Del Rey, Video Games

6)      David Guetta, Titanium (feat. Sia)

7)      Snoop Dogg, Young Wild Free

8)      Adele, Someone Like You

9)      LMFAO, Sexy And I Know It

10)  Collectif Paris-Africa pour l’Unicef,
Des ricochets

11)  Taio Cruz, Hangover

12)  Foster The People, Pumped Up Kicks

13)  Sean Paul, She Doesn’t Mind

14)  Avicii, Levels

15)   Pitbull, International Love

16)   Flo Rida, Good Feeling

17)   Marlon Roudette, New Age

18)  Coldplay, Paradise

19)  Rihanna, We Found Love

 

Semaine du 2 avril 2012

Titre en commun : 8

                            NRJ                                                          Meilleures ventes

 

1)      Shaka Ponk, My name is Stain

2)      Sexion d’Assaut, Avant qu’elle parte

3)      Gotye, Somebody that I used to know (feat. Kimbra)

4)      Jason Derulo, Breathing

5)      Lykke Li, I follow rivers

6)      Nicki Minaj, Starships

7)      1789, Les amants de la Bastille, Pour la peine

8)      Kelly Clarkson, Stronger (What doesn’t kill you)

9)      DJ Antoine, Ma chérie (feat The Beat Shakers)

10)  Katy Perry, Part of me

11)  Tal, Le sens de la vie

12)  Coldplay et Rihanna, Princess of China

13)  Global Deejays et Niels, Van Gogh

14)  Rihanna, Where have you been ?

15)  Magic System, Tango tango

16)  Corneille, Au bout de nos peines (feat Soprano)

17)  Amel Bent, Délit

18)  Habana Brown, We run the night

19)  Madonna, Girl gone wild

20)  Orelsan, Le terre est ronde

 

 

1)      Gotye, Somebody That I Used To Know

2)      Michel Telo, Ai se eu te pego

3)      Sexion d’Assault, Avant qu’elle parte  

4)      Lykke Li, I Follow Rivers

5)      Nicki Minaj, Starships

      6)   Tal, Le Sens de la vie

      7)   Lana Del Rey, Video Games

      8)   Shaka Ponk, My Name Is Stain

      9)   Irma, I Know

    10)   Sexion d’Assaut, Ma direction

    11)   Shakira, Je l’aime à mourir

    12)   Flo Rida, Wild Ones

    13)   Katy Perry, Part Of Me

    14)   Jessie J., Domino

    15)   Marlon Roudette, New Age

    16)   Orelsan, La Terre est ronde

    17)   Justin Bieber, Boyfriend

    18)   David Guetta, Turn Me On

    19)   LMFAO, Sorry for Party Rocking  

    20)   Adèle, Someone like you    


 

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La limitation de Deezer à cinq heures d’écoute gratuite par mois et ses conséquences sur les ventes de musique enregistrée

Depuis juin 2011, l’écoute gratuite sur Deezer est limitée à cinq heures par mois. Une fois ce délai dépassé, l’utilisateur est obligé de s’abonner pour continuer à écouter de la musique sur le site. Deezer cherche ainsi à accélérer la conversion des utilisateurs gratuits les plus actifs vers les offres payantes afin d’améliorer son chiffe d’affaires et la rémunération des maisons de disques. Nous pouvons donc nous demander quelle est la conséquence de cette limitation sur les utilisateurs gratuits potentiellement acheteurs de musique enregistrée (voir post précédent) ?

D’après Axel Dauchez, président de Deezer, quatre mois après l’application de cette contrainte, le site a gagné plus de 100 000 nouveaux abonnés supplémentaires. Néanmoins, le nombre d’utilisateurs gratuits a diminué et une partie d’entre eux a donc quitté le site. Mais selon le Président de Deezer, cette perte est en train d’être compensée par le partenariat avec Facebook qui fait découvrir le site à de nouveaux utilisateurs. En effet, le site déclare recruter 10 000 nouveaux utilisateurs par semaine grâce à ce réseau social (« Musique et piratage une longue histoire », Le Monde, page 2, 27 janvier 2012).

De plus, Deezer estime que l’impact promotionnel sera conservé car les utilisateurs occasionnels continueront à écouter leur musique gratuitement. Le fondateur du site, Daniel Marthely, a déclaré à ce sujet que « la nouvelle version du site offrira la meilleure expérience musicale possible. Cette évolution allie performance, découvertes tout en mettant l’accent sur l’aspect communautaire. »

La faible rémunération générée par le modèle gratuit incite Deezer à amener ses utilisateurs vers l’abonnement afin d’améliorer son propre chiffre d’affaires, mais aussi de répondre à la demande de ses partenaires et principalement des maisons de disques.
« Le succès des offres d’abonnement Deezer Premium permet maintenant de construire sereinement une revalorisation progressive de la valeur de la musique. Nous sommes heureux d’avoir trouvé une solution équilibrée qui préserve l’accès libre à la musique et assure une meilleure rémunération des artistes. », Axel Dauchez.

Le succès des abonnements de Deezer est tel que, selon Axel Dauchez, « la croissance du digital a compensé les baisses de ventes physiques en France » et « le mois d’août (2011) est le premier mois à avoir compensé la baisse du physique. »

D’après Pascal Nègre, Président d’Universal France, le marché de la musique a réalisé entre -3 et -3,5% de ventes en France en 2011 contre -15 à -20% dans les années précédentes. Il existe donc bien un ralentissement de la baisse des ventes de musique enregistrée (« Musique – Nègre (Universal) voit une inflexion en 2013 », Reuters France, fichier pdf, 16 janvier 2012).
« Au total, les ventes numériques devraient représenter 25% de l’ensemble du marché, ce qui est toutefois insuffisant pour compenser le recul des ventes de CD qui devrait atteindre environ 8% pour 2011. La tendance commence à s’inverser mais la musique n’est toujours pas sortie de la crise en France. » Pascal Nègre, PDG d’Universal.

Par conséquent, Deezer gratuit a un réel impact sur les ventes de musique enregistrée correspondant à celui d’une radio. Cependant, celui-ci est insuffisant pour faire vivre les maisons de disques et les artistes. En effet, ces derniers ne peuvent se contenter uniquement de promotion, mais doivent aussi percevoir des revenus stables et conséquents. La limitation de l’écoute à cinq heures par mois semble donc être la solution idéale. Elle permet d’augmenter les abonnements et à fortiori les revenus des maisons de disques tout en faisant découvrir le site à de nouveaux utilisateurs gratuits par l’intermédiaire de Facebook, sachant que ceux-ci deviendront peut-être acheteurs de titres.

Cependant, nous pouvons nous demander si cet impact perdurera dans le temps dans la mesure où le streaming prend une place de plus en plus importante par rapport à l’achat.

http://cdn-files.deezer.com/pdf/press/CP_nouvelle_version_Deezer_06_06_11.pdf

L’implication de Deezer pour inciter à l’achat de musique enregistrée

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Par les accords signés avec Deezer, les maisons de disques mettent à disposition leurs phonogrammes en échange d’une rémunération issue de la publicité. Deezer peut ainsi proposer des titres aux utilisateurs qui les écoutent gratuitement. Néanmoins, les rémunérations des artistes et des maisons de disques par les revenus publicitaires du site de streaming sont infimes. De ce fait, les producteurs espèrent également un retour de cette mise à disposition gratuite sur leurs ventes de phonogrammes. Deezer affirme qu’une partie de ses utilisateurs gratuits achètent des titres après les avoir découverts sur le site de streaming. Ce dernier aurait donc un rôle promotionnel équivalent à celui d’une radio.

En effet, Deezer propose un lien pour acheter les titres écoutés sur son site. Après une association avec Itunes, il signe en décembre 2010 un nouveau partenariat avec deux autres plateformes de téléchargement, Amazone et Starzik. Le site disposait ainsi de trois plateformes distinctes pour effectuer des achats en ligne. L’acquisition est facilitée et réalisée en quelques clics par l’intermédiaire d’un simple lien sur le site de streaming. Aujourd’hui, il n’existe plus qu’une seule plateforme gérée par Orange, ce qui simplifie encore davantage l’acte d’achat.

Le site a permis de réduire le téléchargement illégal en offrant une solution alternative et légale puisque, selon une étude de Deezer et d’Isobar (Agence de création digitale et de communication), 33% des internautes ont réduit leur téléchargement illégal. D’après l’Express (« Marché numérique, Adèle et David Guetta au top », 30 janvier 2012), deux millions de personnes ont quitté les sites de téléchargement illégaux en 2011 et une grande partie d’entre eux (1,5 million) sont actuellement sur des sites de téléchargement légaux ou de streaming payants.

Selon cette même analyse d’Isobar, « 79% des utilisateurs de Deezer écoutent les artistes mis en avant par le site et 74% des internautes ont souhaité l’acheter. » Deezer permet donc de découvrir de nouveaux talents et de les promouvoir. Une majorité d’utilisateurs souhaiteraient acheter les titres qu’ils découvrent sur le site comme le souligne Isobar. Mais le font-ils réellement ?

Cette étude nous indique aussi que 25% des internautes et 46% des jeunes de 25 à 34 ans déclarent acheter plus de musique depuis qu’ils sont sur Deezer. Par conséquent, le rôle promotionnel de Deezer et son impact sur les ventes de musique enregistrée sont non négligeables puisqu’un internaute gratuit sur quatre achète de la musique. En effet, selon le site de streaming, « l’écoute est déclencheur de l’acte d’achat. »

« L’utilisation de Deezer ne doit pas être considérée comme une alternative à l’achat de musique. Au contraire, découvreur et prescripteur, Deezer est également un véritable promoteur de la musique puisque 25% des internautes (et 46% des 2534 ans !) déclarent acheter plus de musique depuis qu’ils utilisent le site. » Deezer.

Deezer se considère donc pleinement comme un média promoteur de musique qui fait découvrir de nouveaux artistes dans le but d’accroître leurs ventes, au même titre qu’une radio. Dans un communiqué de presse, le site indique que les ventes qu’il génère ont rapporté plus de 3 millions d’euros aux affiliés en 2011.

« Deezer démontre ainsi l’efficacité de la convergence de ces deux modèles. Le téléchargement payant en France augmente alors que d’autres pays sans solution de streaming gratuit (comme les EtatsUnis) voient leurs revenus stagner. » Deezer.

http://cdn-files.deezer.com/pdf/press/cp_DeezerEtudeIsobar_20081007.pdf

http://cdn-files.deezer.com/pdf/press/CP_Amazon_Starzik_02.12.10.pdf

http://cdn-files.deezer.com/pdf/press/CP_Deezer_resultat_affiliation_24-01-11.pdf