Calculez avant de jouer !

Avec le développement des nouvelles technologies, parions sur l’arrivée d’une nouvelle génération d’artistes, Matt Farley en tête de proue.

Matt Farley est un musicien conscient des enjeux de la monétisation de la musique sur internet. Il sait comme vous et moi qu’un artiste gagne 0,003 euros par stream sur Spotify. 1000 écoutes d’un album complet rapportent près de 30 euros, de quoi payer les frais de mise en ligne sur zimbalam par exemple.

Plutôt que de le décourager, ce constat l’a amené à travailler de façon atypique. «Je ne suis peut-être pas le songwriter le plus prolifique du monde, mais je n’en suis probablement pas loin !» A lui seul depuis 2008, ce musicien a composé pas moins de… 14 000 chansons. On ne peut que s’extasier devant de telles facilités de composition ; Matt Farley mériterait sans doute de rentrer dans le Guinness Book des records, aux côtés du plus gros mangeur de saucisses et de la femme la plus grande du monde.

En une journée, cet artiste est capable de produire jusqu’à une centaine de titres, enfermé dans une cave à Danvers, une ville de la banlieue de Boston, où il a installé son home studio. «Je me suis dit : si une chanson peut me faire gagner deux dollars par an, peut-être que 10 000 chansons pourraient donc me faire gagner 20 000 dollars !»
Tous les ans, son travail est suffisant pour lui apporter un confortable complément de salaire. En 2013, Farley a empoché pas moins de 23 000 dollars de royalties grâce aux revenus que génèrent ses créations, publiées sur une douzaine de magasins de musique. Il perçoit principalement de l’argent grâce à iTunes et Spotify, avec une moyenne de 2 dollars par an et par chanson.

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Matt Farley ne réussit pas seulement grâce à son incroyable torrent d’inspiration, qui semble apparemment intarissable. En plus, il sait cibler son public, le séduire… que dis-je… le captiver ! « J’essaie de deviner quel genre de mots inhabituels les gens pourraient chercher sur les sites musicaux. Ensuite, j’écris des chansons à propos de ces mots. » Matt Farley choisit avec soin les thèmes et titres de ses morceaux pour qu’un maximum d’internautes tombent dessus. 4000 de ses titres sont par exemple des chansons d’anniversaire : «Je me contente de chanter la même chose avec des prénoms différents» explique t-il. Du coup, un internaute à la recherche d’un « happy birthday » personnalisé pour un ami a de grandes chances de tomber sur la production de Matt.

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Il a aussi créé 6000 rengaines sur des sujets aussi variés que les célébrités américaines, les équipes de foot, la nourriture, les animaux… Pour mieux les classer, il a par ailleurs inventé pas moins de 65 groupes différents et monothématiques comme The Guy Who Sings Your Name Over and Over  (le type qui chante votre nom encore et encore) ou The Birthday Band for Old People  (le groupe d’anniversaire pour les vieux). Son groupe le plus populaire ? The Toilet Bowl Cleaners, un groupe spécialisé dans les chansons qui parlent de… défécations.

Un artiste de cette envergure, qui maîtrise si bien le SEO (l’optimisation pour les moteurs de recherche), ça force le respect, non ?

 

LA RADIO 2.0

Radio France vient de créer une nouvelle radio, après France Inter, France Info, France bleu, France Musique… le groupe radiophonique annonce la création de sa 8ème chaîne du réseau, RF8.

Le défi est important, car il s’agit pour Radio France de sa première radio numérique. Pour Joël Ronez, directeur des nouveaux médias à Radio France « La radio est un média prospère, mais de plus en plus concurrencé ». A l’heure où le jeune public écoute de la musique principalement sur les plateformes internet, il faut pouvoir répondre à l’évolution logique des consommateurs grâce aux nouveaux outils technologiques.

 

Aujourd’hui selon un dernier sondage pour le CSA, 8 personnes sur 10 écoutent la radio soit 43.3 millions d’auditeurs. La radio s’impose comme un média incontournable. 900 opérateurs, plus de 700 fréquences et des milliers de radios web. Les supports numériques ne sont pas en reste, plus de 8 individus sur 10 peuvent accéder aujourd’hui à une station via un ordinateur, 7 sur 10 via un téléphone. 12% de la population écoutent la radio sur un support multimédia, c’est 3 fois plus qu’en 2009. Les auditeurs la suivent principalement en voiture, au travail avec une durée d’écoute en moyenne de 2h57 (mars 2014) contre 3h12 en 1993. Les motivations sont multiples, mais en premier lieu, ils affectionnent particulièrement la musique suivie de près par l’information. Les contenus locaux sont également très fédérateurs avec une moyenne d’écoute de 10 millions de personnes.

Beaucoup de patrons de radios musicales s’inquiètent de l’incroyable développement technologique de ces dernières années, car beaucoup d’alternatives s’offrent aujourd’hui aux auditeurs. Plusieurs courants s’affrontent, entre ceux qui voient la concurrence internet comme une menace, et ceux qui y voient une véritable opportunité de se développer.

La radio internet est une suite logique de l’ère 2.0, le numérique marque un tournant important dans la façon de faire de la radio. Ils se sont adaptées aux auditeurs, proposent désormais les contenus au service du web, avec des informations complémentaires aux programmes radio pour les internautes. Les émissions sont filmées permettant de regarder certains programmes radiophoniques. L’auditeur peut facilement identifier une voix grâce à des photos postées sur les sites, il y a aujourd’hui une interactivité avec l’auditeur qui peut réagir de façon instantanée avec les présentateurs. C’est une relation ontologique que l’auditeur noue avec la radio. Le streaming ou le podcast modifie aussi le statut de la radio, ces nouveaux modes d’écoute pourraient changer l’image et la pratique de la radio qui était perçue jusqu’à présent comme un média en direct. Internet offre aussi la possibilité d’écouter une autre zone géographique que la sienne. Sachant que 86% des jeunes écoutent la radio sur youtube, beaucoup se sont lancés dans les chaînes de télé tel que Virgin Radio qui y diffuse des clips de sa playlist. RTL filme également 12h/jours ses programmes, quand à Europe 1, c’est la plus impliquée dans la relation radio-vidéo. Il s’agit de faire de la radio autrement, avec des formats plus courts, échanger avec les auditeurs en direct, ajouter de l’image devenu complémentaire au son.

 

Un autre phénomène risque de changer les règles du jeu : c’est la radio personnalisable. Prenons l’exemple de « Pandora », fort de son succès, avec 100 millions d’auditeurs. Celle-ci est capable d’identifier les goûts de ses auditeurs et de leur transmettre le contenu qui leur convient le mieux, indépendamment du contenu personnalisé envoyé aux autres. L’avantage de ce nouveau concept est la possibilité de cibler très précisément des échantillons d’auditeurs qui correspondent à leurs produits, en fonction de leurs goûts musicaux et des données démographiques. C’est aussi ce qui fait le succès de Google Adwords.
Le média radiophonique ne semble pas menacé de disparition, l’information reste très importante aujourd’hui pour les consommateurs au quotidien, mais aussi lors de temps de crise. L’avenir de la radio s’annonce bien plus prometteur que l’on ne pense grâce aux nouvelles technologiques qui peuvent permettre de proposer des contenus locaux, ciblés en les combinant avec une sélection musicale personnalisée, cela permettra d’atteindre les auditeurs qui jusqu’à présent, n’écoutaient que très peu la radio.

Le retour de la pomme : iTunes Radio

Les informations se précisent quant à la mise en place aux États-Unis à l’automne de l’iTunes Radio par Apple dans le cadre de la mise à jour d’iOS.

Proposant un service de radio personnalisée, iTunes Radio s’apparenterait à la plateforme US inédite en France, Pandora.

Itunes radio

 

(Source : Apple)

Gratuit et financé par la publicité, iTunes Radio sera accessible dans une version « Premium » pour les personnes abonnées au service iTunes Match qui propose pour la modique somme de 24,99$ un service de stockage de musique en ligne.

La mise en place de ce chainon manquant dans la suprématie d’Apple dans le domaine de la musique numérique montre à quel point le modèle d’une écoute gratuite, financée par la publicité, par le biais d’une plateforme se développe de plus en plus et fait de l’ombre au téléchargement à l’acte. (Pour exemple, nous avons vu précédemment que 64% des jeunes au États-Unis privilégient l’écoute musicale via YouTube et les revenus du streaming ont augmenté de 44% en 2012).

Il y a quelques jours, l’analyste Richard Greenfield du BTIGResearch a posté sur YouTube une démo de l’utilisation d’iTunes Radio (notamment grâce à la commande vocale SIRI).

(Source : My Band Market)

Toujours à l’affût des nouveautés dans la consommation des auditeurs, iTunes rattrape son retard par rapport à la mise en place, le 15 mai dernier, du service de streaming pour les smartphones et tablettes par Google : Google Play All Music Access.

Les deux géants d’internet se donnent donc du coude pour savoir lequel de leurs deux modèles sera le plus attractif et novateur pour rameuter un maximum de public (et potentiels acheteurs), cependant, est-ce que cette bataille autour du prétexte musical va servir, à terme, l’industrie de la musique ?

Studio r°, ou l’entrée dans l’ère du streaming

Outil technologique conçu pour la diffusion live et/ou différée d’un concert filmé, le streaming video a conquis les salles de spectacles, tant urbaines que classiques et évidemment rapidement fidélisé le public « frustré » de ne pouvoir assister aux concerts rêvés à l’autre bout du monde.

Partant du concept d’offrir ou de proposer à l’achat la diffusion d’un concert auquel l’on ne peut assister, les pros du streaming ont répandu la pratique et grandement contribué à l’expansion du phénomène du « live @ home ». Ainsi en quelques années, le streaming a atteint un degré de professionnalisation qui tend même à proposer une qualité supérieure de son et vidéo que le concert live en lui-même.

Dans la planète techno, le streaming est devenu un mode de consommation à part entière de la musique. Preuve est que les compagnies de streaming fleurissent autant que les festivals. Pour n’en citer que quelques-uns, be-at.tv ou dancetrippin.tv, qui a eux deux balaient la grande majorité des festivals techno d’Europe, mais aussi grandcrew.com qui a couvert les Nuits Sonores de Lyon ou encore boilerroom.tv qui ont eux, créés leurs propres évènements à travers le monde. Et si Boiler Room fonctionne sur le principe d’une soirée intimiste avec un public très restreint et a donc bâti son véritable public sur la diffusion sur internet de ses évènements, d’autres sont allés plus loin encore. 

studioR

Car le streaming se suffit désormais à lui-même. Avec des slogans tels que « the party’s at your house », la pratique du streaming maison a pris une autre tournure. Présentons alors  StudioR qui est, comme son nom l’indique, un studio. StudioR n’accueille pas de public, n’a pas de bar, ne possède ni vigiles, ni carré VIP, ni même caméramans. StudioR a vocation à recréer le studio de l’artiste invité le temps d’une heure ou deux.

Avec une installation technique de grande qualité, les berlinois de StudioR se sont rapidement fait une place toute particulière au sein de la planète techno. C’est simple. Ils ne font que du streaming, en live et différé. Une bonne caméra placée au-dessus du dj, quelques platines, un micro branché directement sur la table de mix et… c’est tout. Aucune distraction, juste unanimement un set de qualité.

Le dj est seul visible sur la caméra, il n’y a pas de bruit environnant et donc aucune distraction ambiante. Le DJ en train de mixer. Et sa musique au centre. Une qualité de vidéo surprenante, car hébergée sur l’une des meilleures plateformes vidéo qu’est inconditionnellement VIMEOEquipé d’un bon casque et d’une relativement bonne connection internet, la planète techno peut ainsi profiter 24h/24 de la diffusion en continu de la chaîne studior.tv. Avec un design très épuré, « This is studio r° » ne donne pas dans les fioritures, ne fait aucune publicité et sélectionne merveilleusement bien ses artistes. De Berlin à Istanbul, d’Ibiza à Mykonos, djs confirmés ou nouvelle scène, il suffit de cliquer sur PLAY pour découvrir des sets exclusifs de vos djs adorés ou découvrir de nouvelles perles de la nouvelle scène techno. 

Dans le studio berlinois de studio r°, la musique se regarde et s’écoute depuis chez soi. Nulle part ailleurs. Avec un timetable journalier et une rediffusion complète des sets en « libre service », l’internaute choisit alors d’écouter ses sets en différés ou d’assister aux diffusions live au gré de la sélection H24 !

Et pour fêter le premier anniversaire du studio r° –> rendez-vous au katerholzig (ça rappellera quelques souvenirs à certains d’entre vous!) le 19 juillet pour le Studio r° Micro Festival regroupant une bonne bande de djs ayant durant l’année contribué au projet Studio r° et dont les sets sont toujours disponibles en streaming sur http://www.studior.tv

Le tout en images et son par l’un des meilleurs djs de l’écurie Freunde Am Tanzen, accueillons au Studio r° Daniel Stefanik et son set ultra énergique : cliquer ICI and click on PLAY.

Patachou.