Les tablettes numériques, l’avenir des partitions ?

Grâce aux appareils électroniques tels que les e-readers et les tablettes, nous ne sommes plus obligé d’acheter des livres et des magazines en version papier. Cette vérité s’étend aujourd’hui aux partitions de musique.
Les musiciens qui utilisent leurs Smartphones ou tablettes pour lire la musique n’est certainement pas un phénomène nouveau, mais le Philarmonique de Bruxelles a été, le 7 novembre 2012, le premier orchestre au monde à remplacer les partitions de musique en papier par la tablette Samsung Galaxy Note 10.1.Les 92 musiciens de l’orchestre ont joué le Boléro de Ravel et des extraits de Wagner en suivant les partitions sur des tablettes posées sur leurs pupitres. « La musique classique doit, elle aussi, s’adapter à son époque. Depuis des siècles, le fonctionnement d’un orchestre a très peu évolué: les musiciens utilisent des partitions manuscrites puis imprimées, ce qui rend long et complexe la préparation des concerts », explique l’administrateur de l’orchestre M. Broucke.
« Pour abandonner totalement le papier, il reste encore du travail à faire, notamment dans la numérisation du répertoire classique », ajoute-t-il.

Les craintes des musiciens étaient nombreuses mais d’après Gunther Broucke «Nous n’avons eu qu’une seule répétition avant. J’ai été frappé de voir avec quelle rapidité les musiciens commençaient à adopter ce nouveau mode de lecture, balayant pour certains les réticences qu’ils avaient pu avoir lors de la répétition.»
Les instrumentistes ont malgré tout du mal à se séparer de leurs partitions papier. «Pendant des années, elles furent, avec leurs instruments, leurs plus proches compagnons dans la vaste solitude que représente la scène.» admet Gunther Broucke. Du point de vue pratique, on peut toujours redouter une hyper-sensibilité de l’écran, risquant d’occasionner des tournes de pages inoppinées ; ou encore une fatigue des yeux consécutive à la luminosité de l’écran ou à la trop petite taille des notes. «C’est pour ça que nous discutons avec Samsung et NeoScope pour trouver les solutions les plus adaptées.» Un système de balayage sécurisé a été ajouté, ainsi qu’un mode silencieux spécifique au concert pour éviter les interférences avec d’éventuels micros. Grâce au logiciel NeoScore, enfin, les musiciens peuvent choisir de lire juste leur partie ou bien celle d’un autre groupe d’instuments, voire de tout l’orchestre si nécessaire.
Tout d’abord il existe un avantage indéniable économiquement : jouant plus de 100 concerts par an, le Brussels Philarmonic évalue à 25 000 euros les économies en papier qu’il pourrait réaliser.
La Galaxy Note 10.1, avec sa capacité de 16 Go de stockage, permet de stocker jusqu’à
1 000 partitions et d’utiliser de nombreuses applications. Toutes les partitions de l’orchestre vont ainsi tenir dans une tablette de 600 grammes seulement, que les musiciens emmèneront partout avec eux. .La technologie Smart Stay permet de maintenir l’affichage de l’écran actif aussi longtemps que les musiciens le regardent. Les musiciens tournent les pages de leur partition via un système de balayage sécurisé, pour ne pas se retrouver dix pages plus loin ou subir un zoom involontaire, le chef pourra contrôler les tournes de pages de tous les musiciens de l’orchestre ou les pages pourront se tourner toutes seules au rythme de la musique. Avec le logiciel NeoScore, les musiciens peuvent également choisir de lire leur propre partie tout seul, ou de lire avec un musicien d’un autre groupe d’instrument.
Le Brussels Philharmonic est donc un laboratoire. Sur la base des expériences des musiciens et du personnel, le matériel et le logiciel seront perfectionnés, jusqu’à être finalisés. Une vraie révolution que l’Orchestre de Bruxelles espère partager avec les orchestres du monde entier.
Existe également la possibilité de faire évoluer les méthodes de travail de ses musiciens. La tablette peut reconnaître la musique et gérer la tourne de page elle-même. Un musicien peut également annoter, surligner directement avec un stylet la partition, partager ses modifications avec les autres instrumentistes, personnaliser la mise en page.
«C’était un concert test, qui a satisfait tout le monde, les musiciens comme le public. Notre objectif est de passer au tout-numérique dans les prochaines années. Le Brussels Philharmonic est un ensemble en accord avec son époque et en perpétuelle réinvention. Tant dans ses projets artistiques que dans son fonctionnement. L’orchestre se veut pionnier à tous les niveaux. Et si notre cœur chérit le passé, notre regard se porte vers le futur. Ce futur est numérique. L’étape de la numérisation des partitions est la prochaine étape. Nous sommes convaincus que ce nouveau partenariat à long terme permettra un fonctionnement durable et plus efficace de notre orchestre ».a expliqué jeudi 8 novembre à l’AFP Gunther Broucke.
Vous pouvez découvrir la vidéo de présentation de cette incroyable expérience : http://www.youtube.com/watch?v=MDRIW85-An4

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